On est pas là pour rigoler

Avis sur God of War sur PlayStation 2

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Version PlayStation 2

Les Dieux l'ont abandonné. Sa conscience le ronge. Kratos, féroce guerrier spartiate évoluant au coeur d'une Grèce en guerre, se jette dans le vide du haut d'une abrupte falaise pour mettre fin à ses jours. Quels événements dramatiques ont bien pu le pousser à un sort aussi funeste ? Comment cette machine à tuer surpuissante a-t-elle pu être acculée à une telle extrêmité ? C'est ce que nous propose de découvrir God of War, beat'em all mythologique pêchu et sévèrement burné.

ATHENA T'A NIKÉ

Flashback. Quelques jours avant de faire le grand plongeon, Kratos évolue sur des navires attaqués par de féroces hydres. Il virevolte, use de ses lames du chaos qui, non contentes de provoquer de magnifiques effets de lumière, sont aussi de redoutables armes. Les ennemis, à mi-chemin entre le soldat perse et le mort-vivant, comprennent rapidement leur douleur et les premières minutes d'introduction mettent le joueur dans le bain. C'est un voyage brutal et sans concession qui nous attend, la mise en scène grandiloquente des rencontres avec les demi-boss annonce clairement la couleur. Qu'il marche, saute, escalade un mat ou avance précautionneusement le long d'une poutre, le spartiate répond au doigt et à l'oeil. Quelques instants plus tard Poseidon, seigneur des océans, fait don à Kratos d'un sort lui permettant d'invoquer la foudre et l'ambiance est définitivement posée. Nous allons avoir affaire à du divin.

Et cette sensation ne se démentira pas tout au long de l'aventure. Une fois le premier boss (une hydre monstrueuse) vaincue, Athéna charge Kratos de mettre fin aux agissements sinistres d'Arès qui entend bien faire main basse sur Athènes. Durant son périple, il sera amené à combattre gorgones, minotaures, cyclopes et autres échantillons d'un bestiaire manquant parfois de variété, mais aux attaques toujours très diverses. Le système de jeu basé sur l'utilisation de combos ravageuses durant les combats "normaux" permet de multiples variations et chacun pourra ainsi opter non seulement pour l'arme mais également pour l'enchaînement qu'il préfère afin d'en finir avec tout ce qui se dresse sur son passage. Plusieurs combats (essentiellement ceux contre les boss, mais également certains adversaires "réguliers") proposeront également des mouvements exceptionnels, symbolisés par l'apparition de la touche sur laquelle appuyer au dessus de la tête de votre future victime. Ces quick-time events donnent lieu à de purs moments de maestria lorsque Kratos, virevoltant tel Hermès, portera des coups fatals à un adversaire qui n'aurait vraiment, vraiment pas dû faire le mariole.

BEAU COMME UN DIEU

Visuellement, on est proche du sans-faute. La PS2 crache ses tripes, pourtant le framerate n'accuse que de très rares chûtes. Les décors très fouillés sont sublimes et criants d'authenticité, le character design plus qu'impressionnant, même si l'on peut regretter qu'à part Kratos les quelques soldats "humains" rencontrés sont plus proches de la fillette que du fier soldat grec. Les ennemis sont extrêmement travaillés avec un souci du détail toujours épatant: une sorte de making-of déblocable après avoir fini le jeu démontre que les développeurs n'ont vraiment rien laissé au hasard. Musicalement, c'est également formidable avec de grands morceaux de bravoure illustrant parfaitement l'action. La mise en scène de certains combats est tellement hallucinante qu'on a parfois l'impression d'être devant un film. On s'arrète un moment, on admire les mouvements de mon personnage, et ça inspire le respect: les caméras fixes sont toujours très intelligemments placées et renforcent le caractère cinématographique du jeu. God of War, beat'em all ultime ?

Si les phases de combat représentent au bas-mot 90% du jeu, quelques énigmes pas piquées des vers corsent un peu le tout. Évidemment, God of War n'est pas Myst et l'on ne devrait pas rester bloqué pendant des heures pour trouver comment ouvrir cette porte qui empêche d'aller ratatiner la tronche d'un boss. Mais ces interludes apportent une variété bienvenue à une succession de combats pouvant, à la longue, lasser. Quelques phases de pure plateforme tenteront également de changer un peu les habitudes du joueur, avec malheureusement un peu moins de réussite. C'est dommage, mais rien de grave. Les passages sous l'eau sont par contre les moins réussis en raison d'une maniabilité mal adaptée, fort heureusement ceux-ci restent peu nombreux.

C'ÉTAIT PAS MA GUERRE

Chose plus qu'appréciable pour un beat'em all, le scénario, souvent relégué au rang d'aimable plaisanterie, est ici bien plus élaboré que la moyenne. Plusieurs cut-scenes et flashbacks content l'histoire de Kratos, qu'il pille, qu'il tue, qu'il besogne copieusement deux femmes lascivement offertes, ces petits détails étoffent et magnifient ses origines, ses liens avec Athéna et Arès. La difficulté intelligemment dosée ne devrait laisser personne sur la touche mais également donner du fil à retordre aux meilleurs joueurs grace aux différents niveaux au choix. Plusieurs bonus sont d'ailleurs à débloquer en fonction du niveau de difficulté choisi, ce qui permet, un peu artificiellement il est vrai, d'allonger une durée de vie forcément trop courte. Bien évidemment, c'est le genre qui veut ça et un beat'em all ne peut pas se permettre de durer aussi longtemps qu'un RPG. Mais quand c'est aussi bon, on aimerait toujours que ça dure plus longtemps.

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