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Avant de sortir le disque du premier Mass Effect de son boîtier je ne connaissais pas grand-chose de l'histoire du jeu, tout juste les bases, à savoir que l'action se situe au XXIIè siècle et que l'humanité fait maintenant partie d'une coalition extraterrestre malgré la défiance qu'elle subit en tant qu'espèce nouvellement arrivée sur l'échiquier intergalactique. Etant plutôt friand de bonne science-fiction et de jeux vidéo proposant un univers qui soit riche (que ce soit les Bioshock ou autre Alan Wake), j'avais le sentiment que je vivrai une excellente expérience de jeu avec cette saga (d'autant que les critiques sont généralement élogieuse concernant celle-ci).

Après avoir donc crée mon commandant Shepard, (je préfère contrôler une femme quand j'ai le choix dans un jeu vidéo, 'me demandez pas pourquoi (que ce soit dans les Elder Scrolls, Fallout ou autres Sims)), j'ai pu partir à la découverte de cet univers. Et là c'est la claque.

Les développeurs ont vraiment travaillé la crédibilité du jeu, puisqu'une fois admis l'existence des relais permettant de se téléporter d'un point à l'autre de la galaxie, tout le reste suit naturellement. On est rapidement noyé sous les informations via un codex (ce qui en devient barbant pour les détails techniques, je suppose que les développeurs se sont entourés d'une tripotée de spécialistes pour causer voyages spatiaux et astronomie), si bien que je crois avoir rarement vu un univers aussi cohérent et travaillé dans un jeu vidéo. Au final je ne peux que grommeler sur la cohérence de l'ensemble pour de menus détails, tels les bruits dans l'espace (les vaisseaux spatiaux font VIIOOOOUMM, les explosions dans l'espace font BOUM et les relais cosmosédiques font vrrrrooouSHBOUM) ou bien l'apparence très anthropomorphiques de certaines espèces extraterrestres, ou encore sur l'existence même des Dévoreurs, des vers géants qui ne devraient pas pouvoir survivre très longtemps dans des environnements hostiles ou on ne trouve pas grand-chose à grailler.

Comme exemples parmi tant d'autres de la cohérence de cet univers, qui participent énormément à l'immersion, je peux par exemple préciser que la première rencontre humaine avec une race extraterrestre s'est naturellement soldée par un conflit, avant que le conseil dirigeant les populations de la Voie lactée n'intervienne, les humains étant bien inférieur technologiquement. Ou encore, de manière plus anecdotique, les autres races extraterrestres ont demandées aux humains de donner un autre nom que « soleil » et « lune » à leur étoile et leur satellite naturel, termes trop génériques (du coup au XXIIè siècle la Terre tourne autour de Hélios, et par nuit sans nuages on peut admire Séléné dans le ciel).

Je ne suis pas loin d'être passioné par l'Histoire de la conquête spatiale, du coup, j'ai été servi dans ce premier Mass Effect. Je n'ai pas hésité à lire les descriptifs de chaque planète des différents systèmes, pour finalement découvrir que très peu d'entre elles abrite une forme de vie (CREDIBILITE je vous dis). Les explorations de quelques-unes de ces planètes (on peut en moyenne gambader sur une seule planète par système) m'ont passionné parce que non, ça n'est pas ennuyeux : univers de glace, de lave, de poussière, avec de l'herbe ou des singes spatiaux, avec des collines ou des montagnes, avec vue sur une naine blanche ou une géante rouge, avec nécessité de porter ou non une combinaison et de ne pouvoir rester à l'air libre moins de 10 secondes parce qu'il fait trop chaud ou trop froid, avec une, deux ou trois lunes... Certains de ces environnements laissent sur le cul, et la -petite- mission sur Séléné avec vue sur la Terre laisse rêveur.

Ce qui est déjà plus ennuyeux, ce sont les missions secondaires sur toutes ces planètes. Il s'agit toujours de fouiller un cadavre extraterrestre ou un satellite échoué -indiqué sur la map- pour gagner des XP, d'aller combattre les terroristes de Cerberus -une organisation défendant la primauté de l'Homme sur toute autre espèce, et dont le rôle devient central dans les deux suites- toujours dans le même type de base souterraine (ils ont dû se les faire livrer en lot de 50, c'est pas possible...), ou encore d'aller voir ce que cache un signal radio curieux pour découvrir qu'ah-bah-tiens-c'est-un-piège-on-se-fait-attaquer-par-des-robots-ou-un-dévoreur-c'est-au-choix-les-amis.
Comme de bien entendu, vos déplacements sur ces planètes se feront à bord d'un véhicule d'exploration spatial qui réussit la prouesse d'être à la fois mou du genou et incontrôlable, j'ai nommé le Mako ! Ces six roues le rendent sensible à n'importe quel petit changement de direction, ce qui est une vraie plaie en plein combat (car il est équipé d'un canon pouvant tirer toutes les 10 secondes (temps de latence bien trop long en plein combat) et d'une mitraillette inutile car tirant droit (et les sols de planètes sauvages extraterrestres sont rarement goudronnés mais plutôt du genre escarpés hein)). Ce véhicule soit-disant tout-terrain peine à grimper les montagnes, ce qui nécessite de sacrés détours pour atteindre un objet indiqué sur la map, et cerise sur le gâteau il dispose d'un genre de poussée verticale le faisant décoller à deux mètres du sol pendant une seconde avant de retomber à terre dans un sens aléatoire (quelqu'un m'explique l'utilité de ce truc?).
Bref, la conduite du Mako s'apprend mais aurait été grandement perfectible (un personnage de ME3 fait d'ailleurs une critique du véhicule en question, comme un mea culpa des développeurs).

Si je n'ai pas encore parlé de l'aventure principale, c'est bien que l'immersion a pour moi été totale et que j'ai été séduit par le principe même d'exploration spatiale. Mais je vais quand même parler de celle-ci à un moment : l'intrigue est très bien écrite, d'une richesse étonnante, il y a de nombreux PNJ à qui taper la causette pour mieux découvrir l'histoire des différentes races alien, et nous sommes amenés à faire des choix parfois déchirants (si, si) qui auront des conséquences sur les deux suites du jeu.
Chose amusante, dans chaque dialogue -et ils sont nombreux- on peut choisir quel type de réponse donner, entre conciliant et pragmatisme. Dans le premier cas, Shepard fait preuve de compassion et se montre compréhensif(ve) et à l'écoute, dans le second, il ou elle se montre vache et impatient(e) (ce qui n'est pas nécessairement pragmatique d'ailleurs, il s'agit d'un problème de traduction, Shepard étant "renegade" en V.O. si il ou elle choisit cette voie). Loin d'être anecdotique, privilégier un type de réponse permet de gagner en expérience dans cette catégorie et par la suite de développer de nouvelles réponses plus convaicantes. Et Shepard devra se montrer plus convaincant(e) dans la suite de l'aventure afin d'éviter (conciliation) ou déclencher (pragmatisme) des conflits ou bien obtenir des réponses à ses questions.

Les compagnons rencontrés au cours de l'aventure ont en général une histoire captivante et il sera possible de développer une relation amoureuse avec l'un d'entre eux (on peut avoir des vues sur plusieurs d'entre eux mais à un moment ils nous demanderont d'arrêter de se foutre de leur gueule et de choisir). On peut aussi choisir d'être froid et sec avec chacun d'entre eux, jouant alors un Shepard qui envoie bouler ces équipiers dès qu'ils viennent s'épancher sur leurs problèmes (je suis capitaine de vaisseau, pas psy les cocos).

Un dernier mot sur les combats et l'inventaire : les gains d'expérience permettent de développer des talents d'armes ou des pouvoirs (selon la classe choisie au début du jeu). Les combats sont nerveux et plutôt bien foutus, les armes étant futuristes à souhait (comme elles reposent souvent sur le laser, on ne rencontre pas de problèmes de chargeurs mais de surchauffe empêchant l'utilisation de l'arme quelque temps). Le jeu repose beaucoup sur le loot, ce qui nécessite de faire régulièrement le bilan de ce que l'on possède et d'attribuer les bonnes armes et armures aux membres d'équipage disposant des talents associés (certains ayant une prédilection pour les armes à poings, d'autres pour les fusils à pompe bourrins, etc.), mais farfouiller ainsi dans l'inventaire n'a cependant rien de pratique.

Mass Effect premier du nom permet donc de découvrir et pose les bases de cet univers. Le jeu repose beaucoup sur les dialogues et cinématiques, ce qui en fait une expérience parfois plus proche d'un film que d'un jeu vidéo, ce qui n'a rien d'étonnant avec un fond aussi travaillé. Ainsi, même si elles restent plutôt bien foutues, les phases de combat sont avant tout destinées à progresser dans l'aventure, à découvrir des réponses et par la même à entrapercevoir de quoi sera faite l'intrigue dans les suites, qu'on devine forcément plus sombres.
Atnam
9
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