Sumimasen, kikitai koto ga...?

Avis sur Shenmue III sur PlayStation 4

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Version PlayStation 4

Il ne connaît pas la force qui sommeil en lui, la force qui pourrait le détruire, la force qui pourrait exaucer ses vœux… Quand il sera prêt, il partira à ma recherche.

Rare sont les séries avec une telle aura et histoire dans ce médium. Rare sont les séries au chemin aussi tortueux et n’est pas aisé de critiquer avec sérieux un épisode aussi spécial que ce Shenmue III, mais qu’importe, l’objectivité est d’un chiant alors on y va aller a sa sauce.

Shenmue III qu’on se le dise est un miracle. Miracle financé par une sect.. des fans*,fans qui n’ont jamais lâché l’affaire sur le potentiel de cette série, délire de quelques anciens nostalgiques d’une époque révolue d’un constructeur mort trop tôt. Loin de la fureur technique de ses aînés il n'en reste pas moins une suite dans la même veine que ses ainés, héritage au combien difficile a porter.

La quête du virtuelle de ce bon Yū Suzuki continue donc, loin des gros sabots de R* multipliant les effets «  réalistes » incohérents, loin du nombrilisme Ubisoftient qui n’a pas compris que sa recette n’a jamais été la bonne, le vieux fou continue quasi seul dans sa cour tentant de rendre un monde crédible et cohérent sous forme d’enquête et d’art martiaux.

Après une courte cinématique dont la mise en scène laisse a désirer, la chose saute aux yeux, les environnements sont chatoyants et colorés. Seconde chose qui saute aux yeux, les animations et la modélisation des personnages, accuse d’un âge ou le feu n’existait certainement pas. Mais il n’en n’est rien des décors qui ont su obtenir une attention particulière, soin qu’on retrouvera aussi dans la palette de couleur et les musiques chinoises si chère a cette série. Quelques minutes défilent, on se surprend a trouver cela agréable, on se surprend a apprécier ces moments d’onirisme vidéoludique et la, oui messieurs, la magie opère. Shenmue III s'il n’est point beau détient une cohérence artistique et pâte qui lui ressemble, qui lui est propre et qui lui sied avec élégance. 

Nous incarnons donc de nouveau après tant d’année, Ryo Hazuki en quête de vengeance contre l’assassin de son père Lan Di, en pleine cambrousse chinoise sous un soleil radieux.

Vous n’êtes pas prêt !

Le jeu repose sur un constat clair, Ryo n’est pas prêt et pour ça il va devoir s’entraîner, d’ailleurs, ces différents maîtres ne cesseront de lui répéter cela au cours de l’aventure. Un besoin de s’améliorer qui s’inscrit dans la trame mais aussi en jeu par le fait que nous sommes relié par l’argent et le temps.

Au contraire d’un Red Dead Redemption II ou l’économie est cassé à cause de récompense trop grande annulant l’intérêt des activés autre que cosmétique, c’est le contraire qui s’opère ici.

Ryo perd sa vie continuellement (sûrement une infection avec ce foutu pansement) , il se fatigue quand il court, quand il s’entraîne, quand il regarde les papillons, Ryo s’essouffle tout le temps. Lorsqu’il atteint ses 3 dernières pastilles de vie, il ne peut rien faire si ce n’est marcher et sachez, mesdames messieurs que Ryo marche lentement. Très lentement. Pour remédier à cela il est simple il faut manger, mais pour manger il faut acheter de la nourriture, il en est de même pour diverses techniques de combat déblocables grâce aux différents mini-jeux, il vous faudra donc un fond de monnaie et vient ici un bon et mauvais point en même temps. 

Second point, les activités deviennent vite limités et répétitifs, le bas blesse car même si passer du temps a couper du bois, chercher d’optimiser sa thune renforce notre immersion et nous incite à interagir avec le monde, elle renforce aussi notre ennuie. Un mal pour un bien non-nécessaire qui aurait pu être gommé par des activités simplement plus ludiques. Les fameuses courses de tortue étant déjà légendaire à l’heure ou je vous écris. L’économie est donc crédible, elle marche en sachant que les nombreuses boutiques n’ont pas le même tarif ce qui incitera a chercher les meilleures offres, mais être un peu plus généreux sur les salaires, la qualité et le nombre des moyens de gagner de l’argent n’aurait pas été du luxe.

Kakatekoi yo !

  • Parlons combat :

Le système de combat diffère des deux premiers, bien que très mal expliqué, il est bon. Rapidement, Ryo détient des coups rapides, mais faibles et des coups forts mais lents ainsi qu’un bouton de garde. Les déplacements se font avec le joystick, une erreur, des déplacements a la croix auraient été beaucoup plus précis et agréables mais passons... Un bon nombre de coups spéciaux sont disponibles et bons points le jeu nous laisse le choix entre les faire en effectuant l’input ou un simplement un seul bouton en guise de raccourcie, bouton permettant de mettre un slot de 4 coups-spé. 

En combat une barre d’énergie qui fait office de barre de garde est présente, il faut donc gérer celle-ci sous peine de se retrouver vulnérable. Sortir ses coups-spé ou garder n’importe comment fera fondre la barre et Ryo ne pourra parer.

L’intérêt vient dans les difficultés élevées en gérant les distances et les esquives, garder au bon moment et effectuer le meilleur enchaînement. Beaucoup plus intéressant et agréable que ce vulgaire brouillon qu’a ce cousin borderline qu’est Yakuza, les combats deviennent vite agréable quand on maîtrise ce système, même si certains problèmes de hitbox ou feedback visuel viennent gâcher la fête.

- Mais, donc si on résume bien le jeu, il est moche, mais pas trop, l’ambiance est cool, mais les mini-jeux sont meh et les combats sont pas trop mal. D’accord, mais la suite de l’histoire alors ? Ryo & Lan Di ? Shenhua et cette foutue grotte ? Le passé d’Iwao ? Pourquoi Ryo ne change jamais de veste ?

La trame principale est pauvre autant le dire de suite et l’avancement celle-ci pas n’est assez importante. Si bien qu’a la fin du jeu, le joueur peut se demander ce qu’il a fait au final… Difficile de pardonner cela quand on sent que le jeu se perd dans des actions à rallonges qui aurait pu être raccourci. Même si l’écriture n’est pas mauvaise, Ryo est plus attachant que jamais et le duo avec Shenhua est délicieux, mais l’histoire manque de matière, révélation et détient un acte final gâché au goût amer.. Cependant, certaines informations sont faites en dehors de « l’histoire » et récompense encore une fois ceux qui passe du temps.

Je parle beaucoup de temps, mais chose important Shenmue III comme les deux premiers jeux est un jeu qui ose le prendre, il faut parler aux villageois, faire une multitude de chose, le rythme des jours étant moins contraignant qu’avant puisque les magasins sont ouvert tout le temps et qu'il est possible sous certaines conditions de passer le temps. Il est agréable de remarquer ce changement d’atmosphère entre la nuit et le jour, on retrouve toujours cette intention de marquer les atmosphères. C’est un jeu lent, ennuyant parfois qui s’assume encourageant a flâner et à la contemplation entre deux cours exercices de Baijiquan. A l’opposé des jeux modernes, pour le meilleur et le pire Shenmue III se déguste. Tantôt envoyant, tantôt anesthésiant.

Faire revenir une série au passif aussi gros a l’héritage aussi large est culotté alors sous cette forme encore plus. Manque certain de budget, avec des erreurs de design, de mauvaises langues pourraient penser que le mot gâchis aurait été bon pour qualifier ce projet, il n’en n’est rien car la force de Shenmue III est de nous prouver qu’en 2019 aucun jeu ne ressemble a cette série, l’originalité de celle-ci mais aussi sa force est d’ancré le joueur dans une temporalité, dans des lieux, dans un monde qui détient plus de cohérence que certains AAA, une carte postale d’une Chine fantasmé aux personnages attachants.

Vivement la suite.

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