Je suis arrivé sur A memoir blue avec assez peu d'attentes, non pas parce que je m'attendais à être déçu, mais parce que face à un mini jeu de ce type, il ne sert à rien de se faire de grandes illusions. Je savais que ce serait une forme de jeu très narratif, au gameplay minimaliste et mettant l'accent sur les sensations et "l'histoire" aussi courte soit elle, j'attendais juste d'apprécier l'exécution.
Comme prévu, A memoir blue nous propose une heure de jeu à base de storytelling très poétique parsemé de très petites phases de jeu en point and click ne servant qu'à faire apparaître l'histoire devant nos yeux, les développeurs eux-mêmes parlent d'un "poème interactif". On y joue Miriam, une jeune femme qui se replonge dans les souvenirs de son enfance, elle s'observe elle-même et sa mère évoluer au travers de leur vie.
Alors, le jeu ne ment pas, c'est, en effet, plus proche d'un livre "pour enfant" dans lequel on doit jouer avec les éléments d'une page pour faire apparaître les éléments de l'histoire que d'un jeu vidéo. Ce n'est pas un problème et ce n'est pas ce que je reproche au jeu, la proposition est plutôt originale dans son rendu avec des scènes réussies et des moments plus ou moins touchants vis à vis de l'histoire qu'on découvre. Nan, le problème, c'est que les quelques mécaniques de gameplay deviennent, étonnement pour un jeu d'heure, assez vite ennuyeuse et rébarbatif. Cliquer sur des choses pour les illuminer et faire apparaître un nouveau truc, nettoyer une surface pour en découvrir le contenu, écarter des éléments qui bloquent la vision pour apercevoir une scène de l'histoire,...
Sur le papier et dans un premier temps, c'est très bien, le souci, c'est quand on doit faire ça 20 fois et qu'on se sent assez peu récompenser par la découverte de l'histoire en parallèle. Car l'histoire est certes touchante, mais en réalité peu profonde et en réalité assez peu compréhensible, j'ai longtemps attendu une partie du storytelling qui puisse me faire comprendre un peu mieux le lien unique censé unir cette mère et sa fille. Bien sûr, on nous donne des réponses au cours du jeu, mais j'ai trouvé que ça manquait d'un moment fort, d'une forme d'apothéose dans l'histoire.
Entre des mécaniques rapidement ennuyeuses et une histoire qui manque de dynamisme et de profondeur, le jeu est en difficulté. Il est "sauvé" par la générosité des plans et une vraie réflexion dans la manière de présenter les parties de l'histoire pour un jeu d'à peine une heure, il faut saluer en ce sens la créativité des développeurs.