Il y a quelque chose de frustrant dans Atelier Meruru, mais aussi quelque chose d’attachant. C’est cette phrase qui va le plus résumer le doute que j'ai pour ce dernier opus.

Parce que malgré tout ce que j’ai pu lui reprocher, malgré cette impression de tourner un peu à vide par moments, je n’ai pas pu totalement décrocher. Il y a encore une étincelle dans cet épisode, même si elle est un peu trop étouffée par ses ambitions.


Meruru arrive après Totori, et c’est justement tout le problème. Car là où Totori m’avait doucement conquis avec sa structure simple et son sentiment d’aventure tranquille, Meruru vient empiler des systèmes, des mécaniques, des jauges et des objectifs à en perdre un peu son cœur.

On ne joue plus une petite alchimiste perdue en pleine nature, on incarne une princesse avec un tableau de développement du royaume, des projets à valider, des pourcentages à faire grimper. Très honnêtement, ça casse un peu la magie. Bien que je reconnais que la prise de risque est originale.


Car oui, ce serait malhonnête de dire que tout est à jeter. Il y a une certaine logique dans ce nouveau rythme. Développer des zones, voir les villes s’agrandir, planifier ses recettes pour débloquer de nouvelles infrastructures… ça donne un sentiment de progression bien plus concret que dans les opus précédents. On voit ses efforts porter leurs fruits. Et même si c’est plus mécanique, il y a une satisfaction discrète à optimiser tout ça.

Le souci, c’est que le jeu se repose trop dessus, au détriment de la spontanéité.


Là où Totori encourageait la flânerie, l’envie d’explorer des zones de plus en plus lointaines, Meruru nous garde enfermés dans des boucles de microgestion. On valide des projets, on récolte pour les recettes, on va cocher une autre case… Mais le plaisir pur de l'exploration se dilue, et c’est dommage. Les zones sont plus nombreuses, c’est vrai, mais elles n'ont pas forcément plus de personnalité. Visuellement, ça tourne un peu en rond.

Et même les combats, pourtant un peu mieux rythmés que sur Rorona, n’arrivent pas à réveiller l’ensemble.


Meruru elle-même n’aide pas toujours à l’immersion. Elle est mignonne, énergique, mais aussi bien plus caricaturale, comme l'était Rorona. Là où Totori avait une fragilité attachante, une vraie quête personnelle, Meruru donne parfois l’impression de sortir d’une comédie lycéenne. Les dialogues partent souvent dans du bavardage potache, et on sent que le jeu cherche un ton plus léger encore, peut-être trop. C’est assumé, ça fait partie de l’ADN de la série, mais ici ça manque de justesse... C'est d'ailleurs ce qui me fait me méfier de cette licence


Et pourtant… je me suis surpris à continuer. À vouloir améliorer mon royaume. À explorer encore une zone pour finir un projet. À me dire que je pouvais faire mieux sur la prochaine quête. C’est là que Meruru rattrape un peu son retard, quand on accepte sa logique, qu’on la joue comme un jeu de gestion stratégique plus que comme un JRPG classique, on y trouve une forme de régularité plaisante. Pas de pic d’émotion, pas de grand moment de gameplay, mais une routine presque apaisante.

Ou alors... J'avais simplement envi de voir la fin pour quitter ce monde en l'ayant assez parcoururu?


Le jeu est aussi un poil plus joli sur Vita, même si les ralentissements sont encore là, que les animations sont toujours rigides, et que les décors se répètent. Rien de spectaculaire, mais une direction artistique qui garde ce petit charme pastel qui fonctionne encore.


Alors oui, j’aurais voulu un peu plus d’émotion, un peu plus de liberté, un peu moins de tableaux Excel. Mais je reconnais aussi que Meruru essaie quelque chose. Il tente d’étoffer la formule, de la rendre plus ambitieuse, de donner un vrai sens à nos efforts. Il s’emmêle parfois, il s’épuise souvent, mais il ne trahit pas complètement ce qui faisait l’essence des deux premiers. Et même si je ne suis jamais vraiment entré dans sa logique, je respecte l’intention.

Un jeu inégal, trop chargé, parfois fastidieux, mais qui garde une certaine personnalité. Moins touchant que Totori, moins bancal que Rorona, Meruru est ce genre de titre de transition, celui qui essaie de corriger le tir tout en explorant autre chose. Il ne m’a pas passionné, mais il m’a tenu. Ce qui est déjà un petit mérite dans cette trilogie qui ne sait jamais vraiment où poser son cœur.


J’ai sans doute trop totorifié mon attente… C'était aussi rorotor de parler des ces jeux qui mettent en scène une ruroutine... Ce qui est certain c'est que ces noms ridicules aux doubles syllabes ont fini par me rendre fou!

KumaCreep
6
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le 16 juin 2025

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KumaCreep

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