Banjo-Tooie
7.7
Banjo-Tooie

Jeu de Rareware et Nintendo (2000Nintendo 64)

Deux ans ont passé depuis que Banjo & Kazooie, duo improbable constitué d’un ours paresseux et benêt et d’un oiseau effronté, ont enterré la sorcière Gruntilda. Seulement, ses deux sœurs viennent la venger, tuant Bottles, l’ami du duo. Les trois sœurs ont un plan machiavélique : une machine capable d’absorber la force vitale et de la redistribuer… Après avoir transformé le pauvre roi Jingaling en zombie, elles obligent le duo à reprendre du service dans une longue aventure en quête de pièces de puzzle…


Le principe de Banjo Tooie est le même que celui de son prédécesseur : explorer un monde et les niveaux qu’il contient. En plus des traditionnelles pièces de puzzle, nécessaires pour résoudre les défis de Jiggywiggy et avancer dans le jeu, vous pourrez sauver des Jingos (les sujets du roi Jingaling, qui se sont enfuis de leur village, apeurés) et récupérer des pages de Cheato donnant, comme leur nom l’indique, de très utiles codes de triche. Il sera également possible de ramasser des alvéoles de ruche afin de rallonger la barre de vie, plutôt utile !


Pour autant, il s’agit d’une toute nouvelle aventure, et pas d’une bête suite, même si les joueurs du premiers opus rencontreront des visages familiers, comme Tiptup la tortue ou Gobi le chameau. La grande nouveauté du soft, c’est Jamjars, frère de Bottles, qui apprendra au duo un tas de techniques utiles pour progresser. Il sera d’ailleurs fréquemment nécessaire de retourner en arrière avec une nouvelle capacité pour décrocher un des précieux objets ci-dessus. Côté gameplay, le soft alterne séquence de plateformes, d’exploration et évidemment une palanquée d’ennemis, que le duo pourra dégommer de quelques œufs ou d’un coup de bec bien senti. Chaque niveau est d’ailleurs occupé par un boss. En revanche, quelques soucis de caméras se font sentir ça et là, et la visée n’est pas au top. Je me souviens qu’elle était déjà un peu pénible sur N64, mais en émulation avec une autre manette, c’est encore pire !


Autant le dire d’entrée : Banjo Tooie est mon BGE. Avec Spyro ou Crash Bandicoot, il fait partie de ces jeux d’aventure classiques des débuts de l’ère 3D. « Classique » au meilleur sens du terme, tant la direction artistique et la réalisation soignée de ses softs auront poussé loin le plaisir vidéoludique du genre. Des niveaux, des boss, des barres de vie, autant de mécaniques désormais obsolètes, pour la plupart, ridiculement simples, mais diablement efficaces.


Des jeux dont on se souvient aussi tout simplement car ils avaient une identité. Deux décennies après, je me souviens de tous les niveaux de Banjo Tooie, presque dans leurs moindres détails. Et pour cause : Banjo Tooie, c’est la patte Rareware, à savoir un univers décalé, original et attachant, un humour qui fait mouche, un côté délicieusement absurde et très british, un level design maîtrisé de bout en bout (chapeau aux Industries Grunty), une bande-son au top. Le jeu baigne dans un souci constant d’équilibre. L’humour de la série est bon enfant, avec quelques touches d’humour adulte très subtiles. La difficulté est accessible sans tomber dans la facilité, tout en réservant quelques passages corsés. Le gameplay est sobre mais assez varié pour ne pas être rébarbatif, sans jamais renier ses bases. Banjo Tooie ne fait jamais dans le « trop » ou le « pas assez », bref, on dirait que les développeurs avaient un poster géant de Platon ou d’un maître zen dans leurs bureaux, tant l’équilibre semble avoir dirigé tout les étapes de la création du jeu.


Puis surtout… On s’amuse quoi, beaucoup même — n’est-ce pas le but d’un JEU vidéo ? C’est cette même patte qu’on ressent aussi dans Donkey Kong 64, l’autre grande réussite de la console, même si aujourd’hui, Big N fait semblant d’oublier que c’est Rare qui a sauvé Donkey Kong, ceci afin de noyer les con-sommateurs sous leurs daubes Switch.


Enfin, en jouant à un jeu pareil, on ne peut pas s’empêcher d’être envahi par une certaine nostalgie (le soft a quand même près de 25 berges) : le souvenir d’une époque où y’avait encore des jeux de 7 à 77 ans qui ne se résumaient pas à Animal Crossing. Une époque qui a prouvé à tout le monde qu’on n’était pas obligé de faire dans la surenchère graphique avec des projets coûtant le PIB du Zimbabwe pour accoucher d’un truc original, marquant, bon, si l’adjectif n’est pas devenu ringard. Car Banjo Tooie, au final, c’est juste ça : pas un jeu où on s’en prend plein les mirettes, pas une expérience sous acide (encore que, vu l’univers barge de la série, on puisse se poser des questions), juste un jeu qu’on trouve bon, car y’a eu du jus de cerveau versé, car les persos et les niveaux ont une âme, car les musiques sont bien foutues et collent au décor, car c’est agréable à jouer, autant de choses qui font qu’on se sent immergés à 100 % dans l’aventure des deux compères bizarroïdes.


Plus qu’un jeu, c'est tout le savoir-faire Rareware dans une seule galette et une vraie vision du jeu vidéo.

Jouez-y, les jeunes !


C4r4mel
9
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Créée

le 20 oct. 2025

Critique lue 5 fois

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