Revenir à Rapture dans BioShock 2, c’est un peu comme revenir dans un lieu qu’on a adoré en sachant d’avance qu’on ne revivra pas la première fois. Le jeu fait des efforts : l’idée d’incarner un Protecteur est excellente, le lien avec les Petites Sœurs apporte quelque chose de plus intime, et le gameplay est clairement plus souple que dans le premier. Tirer et utiliser les plasmides en même temps change la dynamique et rend les combats moins lourds.
Le problème, c’est la répétition. L’exploration sent le déjà-vu, l’effet de découverte a disparu, et les couloirs n’ont plus ce pouvoir de suggestion qu’ils avaient dans le premier. Même les thèmes politiques, pourtant intéressants (passer du libertarianisme d’Andrew Ryan au collectivisme de Lamb), manquent du même mordant dans l’exécution. On comprend où le jeu veut aller, mais il n’appuie jamais assez.
Techniquement, le Remaster fait le boulot sans briller. C’est propre, lumineux, plus lisible, mais rien de transcendant. Là encore, peut-être parce que l’effet de surprise n’est plus là.
Pour autant, il ne faut pas faire semblant : BioShock 2 est agréable à jouer.
C’est moins contemplatif, plus action, plus direct, et finalement plus “jeu vidéo” que son prédécesseur. On avance parce qu’on s’amuse, pas parce qu’on est fasciné — et ça change tout.
Moins ambitieux, moins marquant, mais plus fluide et plus fun.
Un bon retour à Rapture… juste pas un retour inoubliable.