Pourtant pas si vieux que ça, Bulletstorm (qui date de 2011) se voit offrir un remake, non pas de la part d'Epic Games mais de celle de Gearbox Software qui possède désormais la licence, travaillant eux aussi avec les gars de People Can Fly cependant. Ce qui est probablement pour le mieux.
Mais la question est : Bulletstorm devait-il obligatoirement avoir droit à son remake ?
Car comme dit plus haut le jeu n'est pas si vieux et était déjà très loin d'être dégueulasse à l'époque (après tout, c'était signé Epic Games).
On va dire que la réponse est oui pour cette raison primordiale : Games for Windows Live, bordel !
Cette merde n'existe heureusement plus, même si elle emporta avec elle la possibilité d’exécuter certains jeux (chez moi en tout cas) dont ce titre qui était pourtant bien fun.
Ô tristesse. Ô désespoir.
Mais Gearbox Software est là ! Quelle aubaine ! Le studio permet de découvrir ce jeu une fois encore ! En raquant à nouveau par contre.
Bon, outre le fait que cette nouvelle édition permet carrément d'incarner Duke Nukem (non ce n'est pas une blague) car après tout le studio possède aussi cette licence maintenant, qu'en est-il des graphismes, souvent le point le plus important pour le remake d'un jeu vidéo ?
Rien de spécial. Voilà. Certes tout semble plus fin, le jeu est plus fluide, tourne à soixante images par seconde (même en 4K) et il y a même un filtre qui donne un rendu de couleurs plus réaliste (et c'est vraiment pas mal, le jeu semble ainsi un peu moins "jaune"). À côté de ça les visages semblent toujours grossiers (les bouches bougent tellement mal que je fixe dessus à chaque cinématique, c'est dingue) et certaines textures restent brouillonnes. De plus le jeu souffre de ralentissement à chaque checkpoint ce qui casse pas mal l'immersion.
Puis il y a les défauts de game design qui font que certains éléments du décor ne sont pas surmontables alors qu'ils devraient l'être car ils n'offrent pas d'accès à une zone restreinte ainsi que les quelques bugs récurrents (crash au lancement du jeu, se bloquer dans le décor...).
Il est dommage que ces quelques points, qui existaient déjà dans le jeu initial, n'aient pas été corrigés pour cette nouvelle édition...
Concernant les nouveautés, oui, il y en a. Très peu.
Le jeu possède tout le contenu existant jusque-là ainsi que quelques conneries comme des maps supplémentaires pour les différents modes de jeu mais surtout le mode "surarmé" qui se débloque une fois la campagne terminée. Celui-ci vous permettra de la rejouer en ayant accès à toutes les armes et tous les skillshots dès le début. De plus si vous perpétrez tous les skillshots d'une arme, vous débloquerez les munitions illimitées pour cette dernière.
Et nous retrouvons aussi les modes de jeu initiaux Anarchy & Echo dans lesquels vous pourrez respectivement :
• soit jouer jusqu'à quatre joueurs afin de repousser des vagues d'ennemis de plus en plus intenses (comme pour le mode Horde de Gears of War) en essayant tous ensemble de faire le plus de points.
• soit tout simplement faire votre plus beau score pour épater la galerie.
Pour ce qui est du scénario disons qu'il n'est pas extraordinaire sans pour autant être mauvais (bien qu'un peu lourd à force d'entendre les apitoiements répétés des personnages).
Le début du jeu est aussi chiant que dans l'édition de 2011. C'est un didacticiel qui dure quand même près d'une bonne heure dans lequel vous allez vous faire aux touches (dont le bindage est limité car certaines touches ne peuvent être utilisées).
Durant ce laps de temps vous aurez droit à un passage totalement inutile aux commandes d'un vaisseau spatial et d'une séquence de tir terriblement molle du genou. J'ai joué en très difficile mais malgré ça les ennemis n'étaient absolument pas une menace, se cachant plus qu'ils ne tiraient et ne vous fonçant pas une seule fois dessus.
Ce défaut se rattrape par la suite, dès l'instant où le jeu commence "vraiment". On regrettera par contre que la difficulté se limite au fait que les ennemis fassent un peu plus mal à distance, extrêmement mal au corps-à-corps et qu'ils nécessitent plus de balles pour mourir.
Sinon que ce soit en normal ou en très difficile, l'intelligence artificielle réagit de la même façon et est loin d'être insurmontable.
En tout cas le plaisir de découvrir ou redécouvrir cet univers bourrin et sanglant afin d'y commettre tous ces frags "artistiques" est toujours présent et on s'éclate vraiment à poutrer les adversaires de toutes les façons possibles.
Que ce soit en leur tirant sur n'importe quelle partie du corps pour voir quelle skillshot en résulte, grâce à l'environnement, en utilisant votre lasso avant de leur foutre un grand coup de pied dans la gueule, en effectuant une glissade pour faire un tacle digne d'un footballeur revanchard jetant ainsi votre pauvre cible du bord de cette falaise ou en faisant un mélange de tout ça... Le tout rythmé par de grandes éclaboussures de sang, des membres arrachés et des squelettes calcinés.