Crusader Kings II est un jeu passionnant qui a tenu mon attention pendant de longues séries d'heures dès lors que je me décidais à commencer une partie. En y jouant, j'ai aimé prendre tout le temps qu'il me fallait pour m'occuper de choses que l'on pourrait considérer comme largement dispensables comme le fait d'accorder les titres honorifiques dont personne ne dispose, tenter de fiancer mon héritier de sorte à enrichir davantage ma collection de lignées, constamment demander à mes vassaux la promulgation du partage salique, etc. Microgérer toute une série d'éléments, tout en ayant pour objectif d'acquérir certains succès Steam au passage, était ainsi ce à quoi je me suis attelé avec grand plaisir. Bref, j'ai adoré ce jeu.
Malheureusement cependant, j'ai commencé cette critique avec un peu de dégoût puisque j'ai récemment supprimé une sauvegarde après avoir fait l’un des pires missclicks de ma vie. En effet, j'ai donné un titre d’empire à l’un de mes vassaux. Il me restait, certes, un très grand pays mais j’avais passé tellement de temps à conquérir un territoire après l’autre, en sautant sur les opportunités que les révoltes et les morts de souverains me donnaient malgré le pacte défensif, que je n’ai pas supporté une erreur qu'il m'aurait fallu plusieurs siècles à réparer (puisque la conquête est tout particulièrement pénible) et ait donc, tout bonnement, ragequit.
En fait, j'ai parfois été le sujet d’un certain ras-le-bol en jouant à des jeux de Paradox parce que je joue la plupart du temps avec la vitesse minimale, et ce, jusqu’à la fin même de la partie (je ne comprends pas comment les gens semblent d'habitude jouer avec une vitesse élevé tant ça m'est personnellement insupportable). Une partie me tient donc collé à mon écran pendant des dizaines et des dizaines d’heures. Le problème ainsi c'est que, s'il arrive quelque chose de fatale à ma partie, le jeu prend la forme d'un véritable cadeau empoisonné. Imaginez perdre des dizaines d’heures d’investissement à cause d’un bête missclick. C’est abominable, et ça occupe forcément mon esprit quand il me faut évaluer la qualité du jeu puisque ce genre de tournure ne relève que rarement exclusivement de ma faute, et qu'accessoirement, je l'ai moins rencontré dans les autres jeux Paradox auxquels j'ai joué.
En l’occurrence, j’ai simplement voulu donner un titre (le duché des Asturies) à l’un de mes vassaux, chose que j’avais fait des dizaines et des dizaines de fois auparavant, et le problème c’est que j’ai lâché le bouton après que mon pointeur se soit déplacé du titre en question, de sorte à ce que le jeu (dont l’ergonomie est parfois douteuse) n’a pas pris en compte mon action et a accordé le titre sélectionné par défaut, à savoir, pour je ne sais quelle putain de raison, le plus important de tous : l’un de mes empires.
Face à cela, je ne peux que me demander pourquoi est-ce que les développeurs n’ont pas prévu de garde-fou, telle qu'une simple demande de confirmation ? Mais surtout, pourquoi y a-t-il des titres sélectionnés par défaut, et pourquoi, putain de merde, faudrait-il qu'il s'agisse des plus importants ? Comment peut-on développer un jeu pendant six ans sans prendre la mesure de tels problèmes et y répondre de manière satisfaisante ?
Parfois d’ailleurs, les erreurs surviennent pour des raisons qui échappent pleinement à ta compréhension, même après plus d'un demi-millier d’heures de jeu. Même s'ils s'avèrent souvent d'importance mineurs, ces moments d'incompréhension restent problématiques. Un peu plus tôt dans la partie par exemple, j’ai voulu donné une baronnie à mon mari, qui souhaitait disposer d’un fief, en me disant que ça lui ferait un peu d’argent et que je récupérerai le tout grâce à l’héritage par la suite. Cela me permettait aussi de réduire la taille de mon domaine qui dépassait un peu la limite. Grande fût ma stupéfaction quand cet enculé s’est barré avec les gosses. Ce gros con a quitté ma cour et a emporté avec lui deux de nos enfants.
C’est complètement stupide puisque j’étais la tutrice des deux enfants qu’il a emporté, et qu’il était le tuteur du seul qu’il m’a laissé. Mais surtout, nous étions mariés de façon matrilinéaire. Alors, comment une telle chose peut arriver dans un jeu où tout concerne le mode de filiation ? Eh bien, je ne le saurai jamais parce que, malgré sa grande complexité, le jeu ne t’explique quasiment rien. Voyez-vous, ça peut sembler futile comme problème mais ça ne l’est pas du tout. Parce que le gosse il faut l’éduquer. Et le gosse il faut le fiancer, ou le marier. Et on ne peut pas avoir plein contrôle là-dessus s’il ne fait pas partie de notre cour.
Fidèle à mon tempérament du moment, en voyant mon héritier grandir sans pouvoir lui choisir son éducation, j’ai pété un câble. J’ai comploté contre mon mari pour le buter afin que mes gosses reviennent chez moi. C’était idiot puisque mon fils aurait juste hériter de la baronnie, mais j’étais tellement pressé de régler le problème que je n’y ai pas pensé. Le complot s’avéra être un fiasco total. En voulant précipiter les choses, j’ai cherché à emprisonné mon mari mais il a échappé à mon contrôle et le tiers du pays s’est révolté contre moi. Après avoir gagné la guerre, j’étais assez vénère donc, à chaud, j’ai exécuté tous les prisonniers, dont certains étaient des rois, ce qui m’a valu la haine de mes vassaux pour deux générations entières.
Et tout ça, tout ce bordel, trouve son origine dans le fait que mon enfoiré de mari s’est accaparé la garde des gosses. Dans un fait donc qui m’était, et m’est toujours, pleinement inexplicable et qui, par les réponses précipitées que je lui ai donné, m’a provoqué tout un tas de soucis.
Je parle de ça parce que je pense que ça illustre, parmi plein d’autres exemples, que le jeu fait parfois subir au joueur certaines choses, directement ou indirectement, que l’on peut parfaitement qualifier d'injuste parce que le problème en question n'est pas crédible, incohérent, ou simplement dû à quelque chose qui est mal pensé (parfois aussi, c’est un bug), et qu’il relève de tout façon de causes à effet que le jeu ne t’explique pas, ce qui fait que c’est impossible à prévoir. Typiquement, c’est le genre de jeu où tu feras nécessairement des erreurs, et où c’est là la seule façon d’apprendre des mécanismes en question. Sauf que faire des erreurs, parfois si graves, dans une partie où j’ai déjà investis énormément de temps, c’est d’un tel embêtement, d'une telle frustration, que finalement, j'ai quitté le jeu touché par une certaine rancœur.
Malgré tout, c'est un jeu que je tiendrai longtemps dans mon cœur. Et j'y rejouerai probablement un jour.