84 heures à mon actif
Le voilà ! L'opus qui semble si décrié par la communauté des Souls : Dark Souls II, développé par FromSoftware et sorti en 2014, soit deux ans après le premier jeu (sachant que, pour ma part, j'ai joué sur la version ultérieure ; Dark Souls Remastered, sorti en 2018). Et à écouter pas mal de personnes, à lire pas mal de critiques, à regarder pas mal de review... il semblerait effectivement que ce jeu ne fasse pas l'unanimité parmi les joueurs, qu'il est moins bon que le premier, et bien entendu, que le troisième - que je devrais essayer incessamment. Mais alors ? Que penser de ce deuxième opus ? Est-il véritablement pire que les autres titres de la licence ? Regardons cela ensemble !
Et on commence par le résumé... Toujours aussi compliqué...
On incarne ici une Âme damnée - grosso modo, l'état qui vient juste avant de devenir une Carcasse - qui tente de trouver un remède à une mystérieuse malédiction...
Dans les grosses lignes...
Pas plus de spoil, comme d'habitude...
Alors, je suis véritablement un passionné de lore ! J'essaye toujours, quand je joue à un jeu, d'être attentif aux éléments racontés par les PNJs, par les livres, par les cinématiques... Mais il est vrai que pour la licence Dark Souls, pour avoir joué aux deux premiers pour le moment, c'est assez compliqué ; et généralement, je regarde les théories qui sont faites par les autres joueurs qui ont, semble-t-il, mieux compris le jeu que moi. Mais en soi, je ne trouve pas ça forcément dérangeant, le fait de ne pas suivre l'histoire complète. Dans le premier jeu, il y avait cette utilisation du silence qui m'avait vraiment beaucoup plu : cette capacité à raconter une histoire par le biais de silence, que ce soit de part les personnages que l'on rencontrait ou de part les différents lieux que l'on découvrait. Et pour Dark Souls II, je dois avouer que la manière de présenter l'histoire et le lore m'a beaucoup plu, également. Ici, nous faisons face à une malédiction qui fait perdre la mémoire, ce qui fait que, dans un sens, nous commençons le jeu avec de nombreux PNJs qui nous parlent, qui interagissent avec nous assez régulièrement - du moins, si on le demande - et petit à petit, au fur et à mesure que l'on avance dans le jeu, ces personnages se mettent à perdre la mémoire, au point d'être beaucoup moins loquace car ils ne savent plus quoi raconter. Et pour ma part, j'ai trouvé ça extraordinaire, d'un point de vue scénaristique : on ne nous raconte plus une histoire objective, une histoire avec un grand H, mais on nous demande une lecture plus personnelle des événements, une vision des choses vécues par les différents protagonistes qui tentent de mettre des mots sur un vécu et une vision du monde qu'ils perdent irrémédiablement, ce qui donne quelques moments plutôt émouvants comme avec Lucatiel de Mirrah (qui est probablement l'un des PNJs le plus marquant de ce jeu) avec qui nous avons de nombreuses discussions et qui, petit à petit, victime de la malédiction, se confie à nous : ses craintes, ses peurs de ne devenir qu'une enveloppe vide, sans aucun souvenir, de n'être plus rien... Une fois de plus, on nous propose une manière originale de nous raconter une histoire et ça, ça fait rudement plaisir !
Malheureusement, cela peut, encore une fois, lasser les joueurs ou les perdre totalement : nous sommes encore devant un parti pris qui risque de ne pas plaire à tout le monde, d'autant que des problèmes plus gênants se cachent dans cet opus...
Mais pour ce qui est de l'histoire, du scénario, nous sommes encore devant un excellent point, et très bien amené ; sachant que l'on garde les impressions que l'on avait ressenti dans le premier opus, en terme de narration : l'architecture des bâtiments, l'environnement... sont tout aussi éloquents que les PNJs amnésiques.
Excellente transition pour en venir aux personnages.
Alors, commençons par le nôtre pour déclarer pas grand chose... Là encore, nous suivons la ligne établie dans le premier jeu : notre personnage ne parle pas (sinon quelques onomatopées lorsque l'on reçoit des coups), pas de possibilités d'interagir plus que ça avec les différents PNJs (j'entends par là absence de boites de dialogues...), ... Et en même temps, ce n'est pas forcément la direction du studio de développement. Mais on reste avec un personnage aussi perdu que son joueur. Il aurait peut-être été intéressant de lui faire vivre cette malédiction, par le biais d'objets personnels à ramasser, où des fragments de souvenirs à récolter... mais cela aurait probablement détruit l'aspect "monsieur tout le monde" qu'endosse notre personnage.
Pour ce qui est des personnages secondaires, nous avons encore une fois de très bonnes têtes ! Et le fait que la plupart nous font savoir qu'ils perdent leur mémoire ajoute à l'attache que l'on peut leur porter. Je parlais de Lucatiel de Mirrah qui est, à mon sens, le meilleur personnage que l'on rencontre mais je peux également citer la Messagère d’Émeraude (qui remplace la Gardienne du feu du premier jeu), Cale le Cartographe, Shalquoir la Douce... qui savent se détacher du lot.
Nous restons, là aussi, sur un excellent point !
Et c'est là où les choses se corsent, encore... La technique...
Alors... Dark Souls II est un jeu FrowSoftware, jusque là, je ne surprends personne. Le jeu est dur, les ennemis sont difficiles et les boss sont sacrément chiants... Mais le véritablement problème selon moi, pour cet opus, ce sont les hitbox qui sont complètement éclatées... que ce soit durant les combats (et ça peut réellement frustrer) ou que ce soit lors de l'exploration. Et on va commencer par ce point : nous avons énormément de passages, de chemins pas très larges, ce qui induit que nous tombons très fréquemment sauf que la mobilité de notre personnage n'aide pas forcément... Alors je sais ! C'est facile de pointer ce défaut là en omettant le fait qu'on est peut-être tout simplement nul au jeu et qu'on ne sait même pas diriger notre personnage convenablement. J'entends bien, et je parle d'expérience personnelle. Par contre... le fait d'avoir rajouter une animation de roulade à la fin d'un saut ou la fin d'une chute... Deux mots : Au Secours ! A quel moment cette idée a été approuvée ?! On passe donc son temps à réfléchir sur quelle plateforme atterrir, comment atterrir, avec ou sans élan... en finissant 50% du temps dans le vide parce que mine de rien, la roulade ajoute un chemin parcouru assez conséquent ! Mention spéciale à la zone Le Dépotoir qui a mis ma patience à rude épreuve en me proposant quelques changements de plateformes douloureux...
Autre problème énoncé, la hit box qui laisse quelque peu à désirer... Alors, pas le fait que nous, nous ne touchons personne, mais plutôt le fait que certains ennemis, alors que nous sommes placer à quarante kilomètres d'eux, parviennent à nous toucher. Ce n'est pas quelque chose qui m'est arrivé souvent, mais quand ça arrive... ça frustre à une vitesse !
Et outre ces problèmes délicats, nous restons sur les mêmes défauts énoncés dans le premier : les actions débutées ne peuvent être interrompues donc si on fait une mauvaise manipulation, on voit la punition arriver sans que l'on puisse faire quoi que ce soit, ...
Vient enfin la partie réservée aux boss, et les boss de Dark Souls, c'est généralement ce qui donnent les lettres de noblesse ! Sachant que l'on a doublé le nombre de boss par rapport au premier jeu, donc... pourquoi ? Pourquoi avoir fait ça ? Parce que là, c'est mauvais... Alors oui, on a une quarantaine de boss à combattre, mais très peu sortent du lot pour leur design, leur combo, leur utilité... tout en ajoutant que la plupart, en plus de n'être que peu charismatique, sont relativement simples à défaire - ou ridiculement durs à battre pour de très mauvaises raisons (mention spéciale pour l'avant-garde du Roi Rat dans La Tombe des Saints qui est plus qu'agaçant...). Mais voilà, dans cet opus, on a perdu tout ce qui faisait la superbe des boss du premier jeu : des design pas forcément fous, une difficulté aléatoire en terme de boss puisque plusieurs sont ridicules... malgré quelques mécaniques proposées intéressantes pour faciliter lesdits combats, du moins pour certains.
En bref, avoir beaucoup d'ennemis de "renom" à combattre ne signifie pas que l'on va apprécier les moments d'affrontement...
Pour ce qui est des lieux, on demeure sur une très bonne carte avec des lieux mémorables. On soulignera peut-être l'aspect moins organique des différentes zones que l'on avait pourtant dans le premier jeu. Mais dans l'ensemble, on reste sur un très bon répertoire !
Mention spéciale pour Majula, la Tour des Flammes de Heide et le Sanctuaire Draconique.
Pour les musiques, là également, nous restons sur une recette identique au premier opus : des zones qui sont généralement dénuées d'accompagnement musical (sauf pour Majula qui a une ambiance musicale très plaisante) et des boss qui ont le droit à des compositions. Mais là encore, comme pour le premier, je dois avouer être mitigé, avec certes des thèmes fort sympathiques mais pour la plupart, ça reste oubliable... Ou alors, il faudrait que je me refasse les musiques pour de mémoire... C'est sympa, mais sans plus...
Dark Souls II est un très bon jeu ; très, mais cela ne veut pas dire qu'il n'a pas de défauts notables. On perd énormément par rapport au premier jeu en terme de détails - mais malheureusement, c'est ce qui compte quand on attaque à ce monstre vidéoludique. Des hitbox vraiment aux fraises, des ajouts techniques handicapants et le fait d'avoir ajouter tellement de boss tout en sachant que la moitié est purement oubliable... Ça commence à faire légèrement beaucoup... Néanmoins, tout n'est pas à jeter et l'on demeure avec un titre prenant et plaisant. On retrouve le challenge de combattre des ennemis plus puissants que soi, le plaisir de visiter des zones bien pensées et d'essayer de comprendre une histoire plus complexe qu'il n'y paraît. Le jeu est dur, je dirais même plus dur que le premier, mais bien évidemment pas insurmontable. De ce fait, je ne peux que le recommander car on reste vraiment dan un excellent divertissement, peut-être injustement décrié par les fans même si on comprend la déception ressentie...
Et n'oubliez pas que la Fantasy nous appartient !