(Joué sur Switch, console que je trouve parfaite pour ce jeu)
Il y a des voyages dont on ne revient pas indemne. Darkest Dungeon II fait partie de ceux-là : une route qui s’étire dans un monde en ruine, une diligence qui avance coûte que coûte, et une impression constante que chaque étape pourrait être la dernière. Le but est simple en apparence : atteindre la Montagne, là où prend racine le mal qui ronge tout. Mais entre le départ et cet horizon, tout n’est que fatigue, combats et survie fragile.
On y incarne une petite équipe de héros lancés dans cette expédition sans retour. On progresse de zone en zone, on affronte des monstres, on gère les tensions du groupe, et surtout on apprend à composer avec l’incertitude permanente. Rien n’est jamais totalement sous contrôle, et c’est précisément ce qui rend l’expérience aussi tendue que captivante.
Pourtant pas grand amateur des jeux où l’on recommence encore et encore après un échec, celui-ci m’a accroché très vite. Même quand une expédition échoue, le jeu permet de débloquer des améliorations durables. On ne repart jamais vraiment de zéro, et cette progression permanente transforme chaque défaite en nouvelle tentative un peu plus solide.
Les combats, au tour par tour, peuvent sembler un peu complexes au début. Beaucoup d’informations s’accumulent, les effets se multiplient, et on a parfois l’impression de subir plus que de comprendre. Mais peu à peu, les choses s’éclaircissent. On saisit les bonnes associations entre personnages, les placements importants, les compétences complémentaires. Et à ce moment-là, le jeu devient très gratifiant : chaque victoire semble méritée, arrachée de justesse à une situation souvent mal engagée.
L’univers, inspiré des récits de Lovecraft, est l’un des grands atouts du jeu. Tout y est sombre, déformé, presque étouffant. La direction artistique, désormais en 3D, conserve l’identité du premier épisode tout en gagnant en profondeur et en dynamisme. La musique et la narration participent pleinement à cette ambiance pesante, où chaque avancée semble fragile.
Même sans connaître le premier épisode, l’expérience reste parfaitement accessible. Ce nouvel opus a été pensé comme une porte d’entrée à part entière, avec ses propres mécaniques et son propre rythme.
Exigeant, parfois rude, mais profondément addictif, Darkest Dungeon II transforme l’échec en moteur de progression. Une aventure oppressante et fascinante, qui reste longtemps en tête.