J’écris cette critique à chaud, cinq minutes après avoir terminé le jeu.
Commençons par les points forts. Le plus important, ce sont clairement les personnages : ils sont tous soit sympathiques, soit attachants, soit très humains. Honnêtement, je crois qu’il n’y en a pas un seul que je n’aime pas ou qui sonne faux. Ils donnent vraiment l’impression d’exister.
Ensuite, l’histoire. Elle a de gros défauts pour un jeu narratif, mais elle reste suffisamment prenante pour donner envie d’aller jusqu’au bout, principalement pour suivre le développement des relations au sein de la Z-Team (une sorte de Suicide Squad plus colorée, en somme).
Autre gros point fort : l’animation est superbe. Vraiment. Si vous n’êtes pas dérangé par le côté CGI, très coloré et fluide, c’est un vrai plaisir à regarder. Enfin, le jeu de gestion est plutôt sympathique, même s’il reste clairement l’une des grosses faiblesses du titre.
Malheureusement, les défauts sont trop importants pour que je puisse mettre une meilleure note, malgré le fait que j’aie passé un très bon moment devant le jeu et que j’aurais aimé être plus indulgent.
Pour faire simple, le jeu de gestion super-héroïque n’a quasiment aucun impact sur l’histoire. Pire encore, il est pratiquement impossible de perdre. À part, peut-être, lors du dernier épisode, où réussir ou non une mission donnée peut légèrement influencer le récit. La partie gestion casse donc le rythme : on la fait comme on se coltine une corvée, uniquement pour pouvoir retourner à l’histoire. Le jeu reste agréable, mais plutôt à lancer avec une petite série à côté. Cela dit, il a un côté étonnamment thérapeutique : on se surprend à être détendu devant.
Concernant l’histoire, si les personnages sont excellents à mes yeux, le scénario, lui, laisse à désirer. Peu d’événements marquants, peu de vrais rebondissements. Le méchant principal, pourtant ultra stylé, n’est pas développé : on ne sait rien de lui, ni pourquoi il est méchant. En dehors d’une petite révélation à la fin du jeu… rien. Heureusement, les relations entre les personnages viennent soutenir l’ensemble. Mais là encore, en dehors des love interests, le développement reste très limité : ils font partie de l’équipe, point. Aucun moment intime sur leur passé ou leurs raisons d’avoir rejoint le programme Phoenix.
Parlons justement des love interests. Déjà, le jeu ne passe absolument pas le test de Bechdel : les personnages féminins sont surtout là comme personnages secondaires ou intérêts amoureux. Et côté romance… désolé, mais on est sur du pur Telltale Game : soyez gentil et vous aurez une romance, soyez méchant et… vous l’aurez quand même. Il est quasiment impossible de rater la “bonne fin”.
Enfin, dernier gros défaut : l’absence totale de dilemmes moraux. Il y a toujours une bonne décision à prendre, et il suffit simplement de se demander quelle est la réponse la plus sympa. Honnêtement, les choix semblent surtout là pour justifier le côté “jeu interactif”, tout comme le pseudo jeu de gestion policière.
En résumé, si vous voulez une super série interactive, entrecoupée de moments de gestion un peu chill, lancez le jeu. Mais soyons honnêtes : regarder directement le film complet sur YouTube avant de dormir revient quasiment à avoir fait le jeu. Perso la saison deux ce sera surement sur youtube avec un streamer...