J'avais très envie de découvrir Dragon Quest III HD-2D Remake. Je n'avais jamais réellement plongé dans la saga Dragon Quest et je me suis dit que ce remake était probablement la meilleure façon de découvrir cet univers. D'autant plus que Dragon Quest III est un véritable monument du RPG, un jeu culte qui a profondément marqué son époque et qui appartient aujourd'hui à l'histoire du jeu vidéo.
Et dès les premières minutes, j'ai accroché.
Ce qui m'a immédiatement séduit, c'est cette capacité à moderniser un jeu NES sans lui faire perdre son âme. Le HD-2D est magnifique, avec ses décors façon diorama, ses effets de lumière et ses couleurs absolument superbes, mais derrière cette modernisation, on ressent toujours l'esprit du jeu d'origine. Dans les menus, dans la structure du jeu, dans sa façon de fonctionner, il y a quelque chose qui rappelle constamment les RPG de l'époque.
Et pour quelqu'un qui a grandi avec la NES, cette sensation est particulièrement agréable. J'ai vraiment eu l'impression de retrouver quelque chose de cette époque tout en découvrant un jeu que je n'avais pourtant jamais fait.
Le HD-2D participe énormément à cette sensation. Je suis personnellement très sensible à cette direction artistique que Square Enix utilise maintenant régulièrement. Certains peuvent trouver que l'éditeur l'utilise un peu trop, mais ici, je trouve qu'elle fonctionne parfaitement. Elle permet de donner une véritable beauté au jeu sans effacer son identité rétro.
Et cette identité se retrouve surtout dans la façon dont l'aventure est construite.
On est rapidement lâché dans un vaste monde avec une quête principale comme fil conducteur, mais sans avoir constamment quelqu'un pour nous dire où aller. La quête des six orbes m'a particulièrement marqué. On voyage, on explore, on découvre de nouveaux endroits et, parfois, on ne sait pas forcément exactement ce qu'on doit faire. Et c'est justement ce que j'ai adoré.
Il y a une vraie sensation d'aventure. Celle de partir quelque part sans forcément savoir ce qui nous attend et de découvrir progressivement le monde qui nous entoure. Aujourd'hui, beaucoup de jeux nous prennent par la main. Dragon Quest III fait exactement l'inverse, et finalement, c'est extrêmement rafraîchissant.
Cette approche fonctionne d'autant mieux que le scénario, lui, reste très simple. Mais simple ne veut pas dire mauvais, bien au contraire. J'ai trouvé l'histoire extrêmement efficace. Elle raconte une grande aventure héroïque sans chercher à multiplier les intrigues complexes ou les rebondissements à outrance. C'est une histoire qui assume complètement ses origines et cette simplicité participe finalement beaucoup à son charme.
Et cette philosophie se retrouve également dans les combats.
Quel plaisir de retrouver un véritable tour par tour à l'ancienne ! Sur le papier, cela pourrait sembler daté en 2026, mais personnellement, j'ai trouvé ça étonnamment rafraîchissant. Les combats demandent de réfléchir, de préparer son équipe, de choisir ses stratégies et parfois de farmer pour pouvoir progresser.
Le jeu est d'ailleurs vraiment exigeant. Très exigeant même pour un RPG moderne. Mais là encore, je trouve que c'est une qualité. Il faut mériter sa progression, comprendre les mécaniques et parfois accepter de prendre un peu de temps pour renforcer son équipe. Et comme j'aime particulièrement le farming, cette dimension m'a beaucoup plu.
J'ai également énormément apprécié les personnages et le système de groupe. Il y a cependant une particularité qui peut paraître assez étrange avec notre regard actuel : les membres de notre équipe sont quasiment muets. Les trois autres personnages n'ont pratiquement aucune ligne de dialogue pendant toute l'aventure.
Aujourd'hui, c'est évidemment assez perturbant. On est habitués à des compagnons extrêmement développés, avec leur propre personnalité, leurs dialogues et leurs histoires. Pourtant, curieusement, cela ne m'a absolument pas dérangé. J'ai simplement accepté cette manière de faire comme faisant partie de l'identité du jeu.
Après environ 50 heures, j'ai terminé l'aventure avec un peu d'endgame. Je n'ai pas poussé cette partie jusqu'au bout, mais ce que j'en ai vu m'a plutôt convaincu. J'aurais d'ailleurs probablement pu continuer encore un peu, tant j'avais apprécié l'aventure principale.
Alors évidemment, Dragon Quest III HD-2D Remake n'est pas parfait. C'est avant tout un remake d'un jeu NES, et cela implique forcément certaines limites. Le jeu conserve une structure et des mécaniques qui viennent directement d'une autre époque. Cela peut ne pas convenir à tout le monde, particulièrement aux joueurs habitués aux RPG modernes.
Le prix de lancement, autour de 70 euros, pouvait également sembler élevé pour un jeu qui reste à la base un titre NES. Même si le travail réalisé sur les graphismes, la mise en scène et l'ensemble du remake est considérable, la question du prix pouvait légitimement se poser.
Mais finalement, je pense que ce serait passer à côté de l'essentiel que de réduire le jeu à ça.
Dragon Quest III HD-2D Remake assume totalement ce qu'il est. Il ne cherche pas à transformer Dragon Quest III en RPG moderne. Il cherche plutôt à nous faire redécouvrir les sensations des RPG d'autrefois avec une présentation contemporaine, et pour moi, c'est précisément ce qui fait sa réussite.
Plus le temps passe, plus je me rends compte à quel point j'ai aimé cette aventure. C'est même assez drôle, parce que plus j'y pense, plus j'ai envie d'y retourner. Au point d'avoir immédiatement enchaîné avec Dragon Quest I HD-2D Remake, que j'ai également adoré, et d'avoir maintenant très envie de me lancer dans le II.
Et finalement, c'est probablement le meilleur compliment que je puisse lui faire : ce jeu m'a donné envie de découvrir toute une saga que je ne connaissais quasiment pas.
Moi qui suis pourtant très fan de Final Fantasy, Dragon Quest III a réussi à m'ouvrir une nouvelle porte sur le JRPG. Et je pense que c'est aussi ce qui fait la force de ce remake : il peut permettre à une nouvelle génération de joueurs de découvrir les racines du genre.
Je pourrais d'ailleurs tout à fait conseiller le jeu à un joueur plus jeune, à condition de lui expliquer ce qu'il va trouver. Quelqu'un qui vient par exemple de découvrir le RPG avec Clair Obscur: Expedition 33 peut parfaitement apprécier Dragon Quest III, à condition de garder l'esprit ouvert et d'accepter de revenir à une époque où les RPG ne fonctionnaient pas comme aujourd'hui.
Parce qu'au fond, jouer à Dragon Quest III, c'est aussi découvrir ce qu'était le RPG à l'époque de la NES.
Et pour moi, c'est une expérience que je recommande à 3000 %.
Dragon Quest III HD-2D Remake est une formidable porte d'entrée dans la saga Dragon Quest, mais surtout une magnifique manière de faire revivre un morceau de l'histoire du jeu vidéo sans lui enlever son âme.
Un très, très grand jeu.