Mon expérience avec Dying Light: The Beast est très partagée. J'ai aimé y jouer et j'ai apprécié la direction que le jeu a prise, mais il me laisse perplexe sur de nombreux points.
Ce que j'ai aimé :
- Un format plus digeste : C'est un jeu plus court, proposant une expérience plus maîtrisée qui ne s’éternise pas inutilement comme le faisait parfois Dying Light 2.
- Le gameplay et la mise en scène : De nouvelles mécaniques amusantes et plein de bonnes idées sont présentes. J'ai noté un soin nettement amélioré sur l'écriture des quêtes secondaires. La plupart de celles que j'ai faites (une dizaine) proposaient une histoire à part entière, de belles cinématiques et une mise en scène parfois franchement scotchante.
- Les sensations de combat : Les affrontements sont plus actifs : les ennemis réagissent mieux aux coups et les impacts sont bien visibles. Les animations de kill sont superbes, même si on a vite fait le tour, c'est vraiment sympa, gore comme on aime.
- Une nuit vraiment terrifiante : Elle est bien plus effrayante qu'avant. Cela peut être frustrant — car combattre un rapace est tellement difficile qu'on préférera souvent dormir — mais c'est aussi incroyablement prenant lorsqu'on se retrouve coincé dehors parce qu'on a été un peu trop gourmand sur le loot.
- Un parkour "tonifié" : Grâce aux mouvements de l'arme et aux tressaillements de la caméra, on ressent mieux la vitesse que dans DL2, où l'on avait parfois l'impression de piloter un paquebot tant le personnage semblait immobile lors des sprints et des sauts.
Ce qui m'a déçu :
- Une narration faiblarde : On peine à rentrer dans l'histoire. Les enjeux sont faibles et tout ne part en vrille qu'à la fin. Le scénario est banal au possible, frôlant parfois la parodie. Je pense notamment à la dernière mission : qui n'avait pas compris qu'
Olivia allait nous trahir ? Ça se voyait dès la première scène, dès qu'on a compris ses liens avec le baron. Je reconnais que la scène où le baron égorge les amis de Kyle est assez captivante, mais comme par hasard, il ne tue que les personnages secondaires pour jouer "le méchant". C'est tellement cliché.
- Un bestiaire limité : Les ennemis sont peu variés. Oui, les chimères sont sympas à combattre, mais on se rend vite compte que les patterns sont répétés et que seul le design change.
- L'infiltration ratée : Quelle horreur ! C'est lent, trop facile avec les zombies, trop difficile avec les humains. Les animations d'élimination sont longues et ennuyeuses. Celle au couteau est plus agréable, mais comme elle coûte des ressources, on est obligé d'étrangler les ennemis un par un. Ce problème n'est pas propre à The Beast, c'était déjà le cas dans le 2, mais c'est terrible de n'avoir rien fait pour corriger cela.
- Le système d'armes et de craft : Les armes sont moins nombreuses et moins personnalisables que dans les autres opus. Le système d'amélioration est obscur (jamais vraiment expliqué, sauf erreur de ma part) et peu gratifiant. Dans DL2, il y avait un vrai fossé entre une arme améliorée et une classique. Ici, aucune différence marquante, mis à part peut-être un zombie qui s'enflamme de temps en temps.
- Le level design : Bien que la sensation de parkour soit meilleure selon moi, c'est un peu le sel du jeu. Or, dans The Beast, il n'est possible de faire du parkour que dans la ville, qui est assez petite. On passe finalement plus de temps en campagne au volant d'un véhicule que sur les toits.
- L'escalade : Je finirai sur l'un des points les plus désagréables : sérieusement, qui s'amuse avec l'escalade ? À la première personne, c'est lent, brouillon et pas fun. Je bénis le grappin de nous avoir évité quelques-unes de ces séquences.
En conclusion
Même si les points négatifs semblent nombreux dans cette critique, j'ai aimé l'expérience. Cependant, elle souffre des mêmes maux que les autres jeux de la franchise. Cela en fait un super DLC, mais pas du tout un jeu valant 60€. On a parfois l'impression que la franchise utilise chaque jeu pour tester des choses, retire des points positifs, en crée d'autres, puis les retire à nouveau... On en ressort frustré : "Tiens, j'ai préféré le parkour dans celui-ci", "Tiens, il y avait plus d'enjeu dans celui-là"... J'espère sincèrement que le prochain opus fera la synthèse de tout ce qu'ils ont fait de mieux, car sinon, j'ai peur que la licence ne s'essouffle.