Evan's Remains est un pur jeu de puzzle, avec un gameplay lorgnant vers le plateformer. Donc on saute sur des plateformes qui rentre dans un mur à chaque bond et n'en ressortent que lorsqu'on le commande via nos plus beaux atterrissages sur les parcelles dédiées. Ils faudra donc utiliser sa tête pour parvenir à se frayer un chemin à chaque tableau dédié, représenté scénaristiquement par des monolithes. Ayant tous la même tête, l'impression de surplace peut se faire sentir malgré les changements de paysages inter-monuments relativement régulier.
Il y aura quelques ajouts par la suite, avec des blocs éjecteurs ou d'autres qui permettent une téléportation entre eux, mais l'écrasante majorité des puzzles m'ont paru d'une simplicité enfantine. La réflexion induite ne sera pas cause de surcharge cérébrale et l'exécution nécessaire à leurs réalisation ne demande pas d'adresse particulièrement élevée non plus.
Evan's Remains tente aussi de raconter quelque chose durant les 2 ou 3h que dure l'aventure. C'est un peu court pour avoir une chance de faire vibrer ma fibre émotionnelle mais je dois avouer que je trouve l'idée de base ainsi que certains thèmes abordés plutôt originaux et intéressants. J'ai deux griefs cependant, l'un concernant directement notre avatar tandis que le second touche un événement en particulier, qui tombe bien plus qu'à pic comme l'ironise d'ailleurs un des personnages, m'empechant d'en être pleinement satisfait.
Je veux bien entendre qu'on joue un rôle par exemple, et que le mystère exige de mettre le joueur à l'écart de la confidence durant un temps, mais tous les monologues internes en deviennent tellement hors sujet dans ce cas qu'il en devient TRÈS difficile d'adhérer à l'explication. Quand à l'empoisonnement timé à la perfection, d'une mort foudroyante tant qu'à faire, ça se passe de commentaires. A une minute près, tout le truc servait à rien : ça pue la ficelle narrative a 400 bornes.
C'est raconté comme dans énormément de jeux aux moyens limités, avec des dialoques légèrement illustré par des portraits fixes. Il semblerait que le jeu veut justifier d'un statut influencé par le VN. Ma foi, pourquoi pas... Mais va falloir oublier les illustrations, les embranchements, les développements qui prennent leurs temps et un peu tout ce qui fait qu'un VN peut ressembler à un VN. Bref, pour faire simple : ne venez pas ici pour ça. Et au passage avant que j'oublie : le jeu a visiblement été financé par une plateforme de financement participative... sauf que l'intégration de leurs récompenses, des messages hors sujet ingame, est vraiment maladroite.
Techniquement, le jeu tient la route : des chargements courts, ça tourne bien, c'est lisible, etc. À part un monolithe en particulier, qui tourne au ralenti pour on ne sait quelle raison, le reste ne présente aucun couac en particulier.
La simplicité du maniement, qui ne comprend que les déplacements via le stick (ou la croix) et la touche de saut, me semble également le placer en bonne position pour les néophytes ou les mimines des plus jeunes en capacité de lire. Dommage cependant de constater que la traduction fr est pour le moins... médiocre, pour rester poli.