Fantasy Life i : La voleuse de temps
7.4
Fantasy Life i : La voleuse de temps

Jeu de Level-5 (2025 · PlayStation 5)

En guise d’introduction laissez moi vous raconter un TERRIBLE traumatisme que j’ai vécu enfant. J’étais âgé de 8 ou 9 ans et mon père m’a emmené à la pêche… encore… alors que je détestais y aller. Il faut dire que rester assis toute la journée à regarder de l’eau et respirer de la vase quand on a la PS1 à la maison c’est pas évident. No offense les pêcheurs, je comprends pourquoi vous aimez ça mais un enfant va clairement avoir du mal à rester en place pour savourer la quiétude d’un lac et de la nature sans avoir le recul sur la vie que demande une telle introspection. Bref, j’ai attrapé ma canne à pêche j’ai lancé ma ligne et j’ai choppé un truc… Un gros ! Le crâne de mon père… C’était involontaire je le précise ! Mais au fait, la casquette ça ne fait pas parti du kit du pêcheur ? Anecdote désormais célèbre et contée à chaque occasion, chaque repas de famille vous imaginez bien. Ahahaha qu’est ce qu’on se marre hein ! Alexa lance « défaite de famille » d’Orelsan !


Des années de mini jeux de pêche n’avaient pas réussis à me réconcilier avec cette discipline… Mais ça c’était avant Fantasy Life I qui m’a enfin fait comprendre que ce jour la, j’avais simplement fait une prise légendaire !


Suite du jeu 3DS sorti en 2014 Fantasy Life I signe un retour attendu de Level-5, studio qui a cumulé les reports et les contre performances depuis bien longtemps maintenant. Pourtant Level-5 c’est un vaste catalogue de jeu qui résonnera avec beaucoup d’entre nous. En ce qui me concerne ce sont pour beaucoup des souvenirs lointains. Un premier contact avec Dark Cloud (2001) puis Dark Chronicles (2003), 2 J-RPG qui proposaient déjà en leur temps de l’exploration de donjon et de la construction de village. Comment ne pas citer le légendaire Dragon Quest VIII (2006) dont je chérie encore mon aventure sur la version PS2 ne l’ayant pas refait sur 3DS ensuite. Vint ensuite s’intercaler l’oubliable Rogue Galaxy (2007). C’est justement à partir de 2007 que les professeurs Layton (les 2 premiers seulement de mon coté) réussirent à trouver un vaste public face au succès de la DS puis de la 3DS. Enfin ce fut au tour des Ninokuni de venir tenter le dévoreur de JRPG qui sommeil en moi. Le premier (2013), fruit de la collaboration avec le légendaire studio Ghibli puis le second (2018) sous la seule houlette de Level-5. Je ne parle la que de mon cas personnel mais il y eut aussi toute la série Yokai Watch en réponse à Pokemon, les Inazuma 11, White Knight Chronicles et autres Megaton Musashi… Beaucoup de jeux à succès donc, mais une aura moins flamboyante depuis une dizaine d’années.


TIMELINE 1 / LE PASSE : INITIATION ET TRAME PRINCIPALE


Pour revenir sur le cas Fantasy Life, il s’agit d’un mix entre un simulateur de vie avec quelques composantes de JRPG. On commencera par se créer son avatar avant d’être embarquer dans une histoire de dragon et de voyage dans le temps. Dans un premier temps on se retrouvera coincé dans le passé pour apprendre les rudiments du gameplay. Vous vous souvenez de vos stages de découvertes en 3éme ? C’est exactement la même chose. On vous invitera à découvrir un métier parmi une liste de 12 (sur 14, artiste et agriculteur ne seront dispo que plus tard). Il existe 3 grandes familles de métiers :


  • Les métiers de combats (paladin, mercenaire, archer et mage)
  • Les métiers de collecte (bucheron, mineur, pêcheur et agriculteur)
  • Les métiers de création (cuisinier, alchimiste, tailleur, menuisier, forgeron et artiste)

Concernant les métiers de combats nul besoin de se diversifié, choisissez le gameplay qui vous plait le plus. Pour ma part j’ai opté pour l’archer mais j’ai tout de même augmenté chacun au niveau 35 pour essayer (et pensant que ce serait utile mais non, un seul suffit).


Pour la collecte chaque métier fonctionne plus ou moins de la même façon. Lorsque vous trouvez un point de collecte (un arbre, un minerai) vous pouvez alors tourner autour de lui pour trouver son point sensible afin de maximiser les dégâts et vider sa barre de vie. Chaque point de collecte a un niveau, par exemple un palmier lvl 4 ou un gisement de fer lvl 12 sous entend que vous devez au moins avoir ce niveau pour espérer l’extraire. Rien ne vous empêche cependant d’essayer et en avançant dans le jeu on peut parfois réussir même à niveau inférieur grâce à certains skills. Tout est une question d’endurance car chaque coup asséné vide votre barre de mana, une fois à court si vous n’avez pas réussi à vider la barre de vie du collectible, c’est peine perdue. La pêche fonctionne un peu différemment, il s’agit toujours de trouver le point sensible mais via une roue… Le principe reste malgré tout le même.


Enfin les métiers de crafts se font via un établi à partir duquel on choisit l’objet que l’on souhaite créer. La, un mini jeu se lance dans lequel il faut passer d’un outil à un autre le plus rapidement possible dans l’ordre demandé. Dans les faits, une série de logo apparait à l’écran et vous devez répéter cette séquence. Exemple : En Tailleur vous pourriez avoir « machine à coudre / tissu / pelote de laine / tissu ». Vous vous déplacez de gauche à droite en validant la séquence dans le même ordre et cela augmente une barre de %. Au terme de plusieurs séquences les 100% sont atteint et l’objet est créé. Plus la séquence est faite rapidement, plus la qualité de l’objet est bonne. Cependant votre adresse n’est pas la seule composante à prendre en compte puisque vos statistiques dans le métier concerné influent directement sur le nombre de % gagné par séquence réussie. Meilleurs sont les stats, moins le mini jeu est long, meilleure est la qualité de l’objet.


Cela vous donne déjà une idée d’ensemble de la boucle de gameplay globale. On se ballade on récolte des trucs, on tue des monstres, on créé des objets, on les revend, on améliore son équipement etc… En guise de prélude, le jeu fera un petit clin d’œil à Animal Crossing en nous créant une dette qu’il faudra rembourser permettant ainsi de se faire la main. Heureusement celle-ci sera rapidement effacée et notre créancière sera bien plus généreuse que ce vil Tom Nook !


Bref comme je le disais précédemment c’est comme les stages de 3éme mais en moins chiant puisqu’il n’y a pas de photocopieuse ! Maintenant imaginez que chaque job a son propre arbre de talent (avec quelque chose comme 64 power up par arbre !), ses propres défis pour monter notre rang auprès de notre tuteur de stage (il les appelle maitre de carrière il me semble dans le jeu), ses propres équipements… On se dit que ça serait déjà pas mal du tout ! Mais Level-5 a voulu en donner plus… bien plus.


TIMELINE 2 / GIGANTERRARIUM : BREATH OF THE FANTASY LIFE


Apres avoir installé tout ces petits principes, le jeu va prendre une autre envergure lorsque l’on nous présentera une autre timeline : Giganterrarium. Derrière ce nom barbare se cache en fait une sorte de petit open world découpé en plusieurs régions. Dans celui-ci plusieurs activités sont à noter parmi lesquelles des sanctuaires… Une couleur verte brillante émane même de ces sanctuaires qui nous proposent de petits défis (appuyer sur des champignons colorées pour répéter une séquence comme le jeu Simon, marcher sur des dalles pour toutes les allumer sans marcher deux fois sur la même, des défis de combats etc…). Dans ce monde il y aura aussi des feuillus à retrouver… oui comme les korogus mais en nombre bien plus digeste ! Il y a des tours de guets qui dévoila la map et que l’on débloque avec une tablette… Et en son centre se dresse un château dont une barrière magique nous empêche d’y entrer ! Et la vous pensez surement à un autre jeu depuis que vous lisez ce paragraphe ? Vous auriez tout à fait raison car la référence à Zelda BOTW est si évidente et énorme qu’elle ne peut être qu’un hommage.


Chaque région comporte ses propres arbres, minéraux, poissons etc… De façon aléatoire des défis apparaissent sur la carte. Il peut s’agir de monstres à éliminer, ou de ressources à extraire etc… Les réussir vous conférera des points pour la région où le défi à lieu. Une fois un certain nombre acquis vous pouvez augmenter la difficulté globale de la région. Qui dit ennemis plus forts dit aussi meilleurs récompenses, c’est une règle que le jeu vidéo nous a bien appris. Il est tout à fait possible de rebaisser la difficulté et donc de moduler son expérience à sa guise selon ses besoins et ses envies.


Bref Giganterrarium est une parfaite destination de farm sous couverts d’exploration, on y passe des heures sans s’en rendre compte !


TIMELINE 3 / LE PRESENT : GESTION DE VILLAGE


Enfin la 3éme timeline du jeu, le présent, nous emmène sur une ile vide comportant un énorme cratère. En explorant celui-ci nos personnages vont régulièrement être bloqués par des obstacles les obligeant à retourner dans le passé afin de remédier à ce problème. Ces allers retours scénarisés sont en réalité la trame principale du jeu qui se découpera toujours de la même manière. Un obstacle dans le cratère, on retourne dans le passé, on explore une nouvelle ville avec quelques quêtes on débloque le chemin et on recommence. La quête principale permet au départ de s’initier au jeu mais il est tout à fait possible, voir conseillé, de vagabonder à notre guise quand le cœur nous en dit. D’autant plus qu’elle n’est pas excessivement longue en ligne droite donc autant l’égrainé à petite dose.


Le présent va aussi introduire son lot de nouveautés et une des principales est les « curiosités ». Il s’agit en réalité d’humains qui ont été transformés en objets et qui sont disséminés dans différents endroits du jeu. Chaque sanctuaire de Giganterrarium réussit en octroi une par exemple mais on en trouve également en explorant justement cette contrée, posés la à même le sol (ouvrez l’œil donc !). Battre un boss ou ennemi d’élite a également un % de chance d’en obtenir une. Je rappelle qu’un arbre légendaire coupé ou un poisson légendaire péché (comme le crane de mon père) est considéré comme un ennemi d’élite. Une fois ces curiosités récupérées, il faut les retransformer en humains auprès de la statue de la déesse sur notre ile du présent via une monnaie spécifique : Les mandragonnes. Ces fleurs ne poussent que sur notre ile à la condition que nous la développions. Car oui, cette ile est évidemment celle qui va nous servir à bâtir notre propre village en positionnant nos petites maisons et en fabriquant moults décorations pour rendre tout ça accueillant. Ainsi chaque jour vous pourrez récolter des fleurs dans votre village ce qui vous permettra d’avoir plus d’habitants.


Ne croyez cependant pas que ces habitants ne sont que des petits personnages qui vivent leurs propres vies sur votre ile. Chacun d’entre eux est rattaché à un métier et il vous sera possible de vous faire accompagner par trois d’entre eux ! En cas de combat, ils participeront tous même si leur métier ne les y destinent pas forcément, néanmoins leur efficacité sera moindre que les classes spécialisées. Si vous embarquez un bucheron avec vous il vous aidera quand vous couperez des arbres etc... Quant aux classes liées au craft, vous pourrez en choisir deux lors des mini jeux qui viendront augmenter votre talent et donc vous permettront de créer des objets que vous n’arriviez pas à faire seul. On pourrait alors se dire qu’il n’y a aucun intérêt à embarquer ces personnages liés au craft en excursion justement ? Puisque moins efficace au combat et pas utile au farm ? Sauf que le jeu comporte une mécanique d’affinité. Plus vous passez de temps en compagnie de certains personnages, plus votre relation augmente débloquant des effets passifs et améliorant leur efficacité dans leur métier. Donc au final personne n’est à négliger (et justement surtout pas ces classes la, croyez moi).


LA METH BLEUE DE LEVEL-5


Toute la réussite du jeu est de réussir à lier chaque aspect du gameplay dans une boucle où tout a son utilité. Tiens et si je fabriquais cette arme la. Ah mince je n’ai pas les matériaux je vais aller explorer Giganterrarium. Ah oui mais il me faudrait aussi un forgeron ? Ah j’ai une curiosité qui est un forgeron donc il faut que je le fasse redevenir humain. Donc il me faut des fleurs mandragonnes ? Donc il faut que j’améliore mon ile ? Donc il faut que je construise des trucs ? Donc il me faut des matériaux ? Donc il faut que je m’améliore dans ces métiers la ? Vous voyez l’idée… On a la sensation d’avoir tant à faire, tant à voir… On croise des gisements de minerais légendaire qui ont 20lvl de plus que nous alors on se dit qu’il faudra qu’on y repasse dans 15 heures. On croise des ennemis d’élites qui ont 10lvl de plus, on les affronte à 4, on arrive quand même à les vaincre et la ils nous lâchent cette bêche super puissante qui va nous permettre de déterrer des supers légumes ! Le résultat c’est que les heures défilent. Que ce soit par petite dose ou par âpres midi entière, le jeu se prête incroyablement bien à tout type de sessions de jeu. La recette est addictive de base, Level-5 l’a sublimée.


Je ne vous ai même pas parlé du multi où des joueurs peuvent investir votre partie et vous aider à farmer en abondance. Je ne vous ai pas parlé de ces graines qui permettent de générer des donjons chronométrés toujours plus difficiles, promesse d’un farm infini et d’un jeu qui n’a pas de fin si on adhère à sa proposition. Je ne vous ai pas parlé des montures, des objectifs liés à chaque ville, aux objectifs de construction du village, de la boutique qui évolue si on rapporte les bons ingrédients, des autocollants moutons qui m’ont rendu riche…. Désolé mais mon potager il ne va pas s’entretenir tout seul !


ANTI-DEPRESSEUR VIDEOLUDIQUE


Level-5 a peut être bien pondu avec Fantasy Life I son meilleur jeu à ce jour. Une ode au lâché prise vidéoludique dans laquelle on est satisfait d’avoir fait une allée de cerisier dans son petit village. Un emboitement de systèmes savant qui lui confère un gout de reviens-y permanent. Je n’étais pourtant pas vraiment la cible. Les simulations de vies à base de potager et de personnages soit disant kawaï mais avec une vilaine bouille de Funko Pop moche ce n’est pas vraiment ma came. Je le dis à longueur de critiques, je suis un triste sir. Et finalement j’y ai passé 55 heures, une trame principale finie et je me garde le plaisir de farmer encore et encore quand le jeu me manquera, puisqu’il est déjà acté qu’il me manquera… tôt ou tard. Fantasy Life I c’était en fait le jeu dont j’avais besoin sans en avoir conscience pour mettre un peu de couleurs dans ces univers sombres qui m’appellent inévitablement toujours à eux…


Joo-Hwan
8
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Créée

le 18 juin 2025

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Joo-Hwan

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