Un peu comme Castlevania III et Super Castlevania IV, Final Fantasy IV sonne comme un « Super Final Fantasy », c’est-à-dire une version améliorée des jeux NES. La version Pixel ne retranscrit pas vraiment le bond qualitatif graphique entre la 8 bits et la 16 bits (c’est d’ailleurs un peu le défaut de cette collection : tous les jeux se ressemblent). Il y a plus de dialogues, plus de donjons, plus de musiques (superbes, d’ailleurs). Il y a surtout beaucoup de « cinématiques », avec des dialogues et des retournements de situation. Pour la première fois dans la série, on utilise les scènes de combat pour construire des moments narratifs.
Au niveau de l’histoire, le jeu commence par une prémisse intéressante : on incarne un personnage qui vient de commettre un crime affreux et qui est, d’emblée, secoué par un dilemme moral. Ce n’est ni un héros « vide » comme dans les précédents épisodes, ni encore le fameux « héros amnésique » que l’on retrouve dans bon nombre de JRPG. Cecil a déjà une histoire, et tout cet épisode est une longue repentance face à ses crimes passés. On sent qu’il y a une volonté de faire un jeu tragique, mais cela implique de faire mourir (ou pas) certains personnages (je resterai flou là-dessus). Malheureusement, cela en devient un peu risible au bout d’un moment. C’est moins n’importe quoi que dans FFIII, mais on n’en est pas loin.
Côté combats, j’ai réellement commencé à m’amuser. Il y a beaucoup d’affrontements contre des boss avec des gimmicks qu’il faut décoder. Il y a davantage de challenge et, même si l’on est sur un système plus restreint que le système de jobs de FFIII, il est vraiment plaisant de chercher les points faibles de nos ennemis. Votre équipe peut désormais accueillir cinq personnages, ce qui implique qu’au gré de l’histoire on change souvent de partenaires, pour le meilleur (Yang) ou pour le pire (Cid et Fusoya). Il y a cette petite dissonance ludo-narrative quand un personnage allié peu apprécié meurt durant l’aventure : on est à la fois triste… mais aussi soulagé de ne plus devoir le compter dans notre équipe.
De manière générale, l’ambiance graphique — mais surtout musicale — est vraiment réussie. La réorchestration de cette OST est magnifique.
Difficile d’en dire beaucoup plus sur ce Final Fantasy IV, qui est une sorte de version « deluxe » de FFIII, avec l’aspect plus tragico-tragique de FFII. D’un point de vue narratif, le début esquisse une promesse un peu déviante (incarner un « méchant »), mais qui se transforme rapidement en soupe plus classique. Heureusement, le pacing est très rapide, et il m’a fallu à peu près 12 heures pour l’achever.
À voir si je tente l’expérience un jour sur DS, mais j’en doute fortement.