5
le 16 avr. 2016
SuivreComme une odeur de brûlé
Firewatch se divise en deux parties. La première est une promenade, un émerveillement tranquille, presque tendre, face à la souveraineté d'une nature magnifique. Il y a dans ce jeu un vrai parfum...
Acheter Firewatch quand on est un fan de jeu vidéo n’est pas un acte irréfléchi : avec sa direction artistique cartoonesque et ses décors de parc national américain, on sait exactement où on met les pieds. L’aventure nous promet d’être à la fois belle et originale. Ce que l’on sait moins, en revanche, c’est que l’on va vivre un scénario palpitant et plonger dans la psychée humaine, mais sans le côté lourdingue inhérent à ce genre de thèmes.
Nous incarnons donc Henry à la première personne, duquel on aperçoit de temps-en-temps le corps lors de séances de varappe ou de « caméra dans les chaussettes ». Antihéros par excellence, quarantenaire un peu rondouille, Henry vit des déboires conjugaux et a décidé de « changer de vie » en acceptant un job de garde-forestier dans un grand parc américain (dans le Wyoming). Métier qui consiste à s’isoler dans une tour de guet pour prévenir du moindre départ de feu ; ou de façon plus routinière, à arpenter la nature pour s’assurer qu’elle est bien respectée. C’est aussi le poste idéal pour réfléchir et faire le point sur sa vie. Toutefois, Henry n’est pas vraiment seul : il y a sa collègue Delilah avec qui il converse tous les jours, ainsi que des adolescentes effrontées, un mystérieux « psycho » plus un cadavre. Bref, le boulot de surveillance tourne rapidement à l’enquête policière, et le jeu en devient passionnant, surtout quand le chasseur découvre qu’il est le gibier…
L’action en elle-même se révèle être simple ce qui facilite encore plus la prise en main et l’immersion. L’aventure se déroule en jours, chaque jour correspond en gros à une mission. Grâce à son talkie-walkie, Henry reçoit ses ordres et rend compte de ses actes à Delilah, sa supérieure hiérarchique. Cet équipement n’a d’ailleurs pas qu’une fonction scénaristique, puisqu’il permet – via des dialogues à choix multiples – d'agir sur l’histoire, de nouer une relation et de se questionner, c'est un élément de gameplay à part entière. Pour le reste, Henry dispose d’une boussole et d’une carte, indispensables pour se rendre aux lieux exigés par l'intrigue. Enfin, il peut descendre en rappel – à condition d’avoir des cordes –, escalader certaines parois, courir et sauter. Plus d’autres actions contextuelles en fonction des objets récupérés (hache, appareil photo, etc.). C’est peu mais c’est suffisant pour contempler les décors et boucler l’aventure.
Mais la grande réussite de Firewatch est artistique : de la parfaite alchimie d’une direction artistique cartoonisante alliée aux dialogues très convaincants dans un univers de jeu original naît une fascination toute spéciale pour ce jeu. On se surprend plus d’une fois à admirer les magnifiques éléments du décor qui ne sont pourtant que des rochers, des arbres, des cabanes, le soleil, enfin que des trucs plutôt banal. Il y a même l’appareil jetable limité à 20 prises de vue pour immortaliser les panoramas les plus beaux ! Evidemment, quand viendra l’heure dernière et qu’il faudra prendre l’ultime photographie, la pellicule sera épuisée… Trop fort ! Ce côté randonnée contemplative augmente aussi artificiellement la durée de vie du jeu, seul gros point faible de Firewatch. Personnellement, j’y ai passé 8 heures en flânant, mais les joueurs pressés devraient le terminer en moins de 5 heures… C’est faiblard même si on peut refaire l’aventure avec d’autres choix dans ses paroles et ses actes.
Firewatch, une belle petite aventure, originale et intello (un peu), passionnante à parcourir, à faire un jour de soldes Steam ou GOG.
Créée
le 23 mai 2021
Critique lue 43 fois
5
le 16 avr. 2016
SuivreFirewatch se divise en deux parties. La première est une promenade, un émerveillement tranquille, presque tendre, face à la souveraineté d'une nature magnifique. Il y a dans ce jeu un vrai parfum...
4
le 20 févr. 2016
SuivreJolie histoire. Mais perso, ce que j'aurais bien aimé, c'est que les développeurs se posent la question suivante à un moment ou à un autre : "Pourquoi raconter cette histoire à travers un jeu vidéo...
4
le 13 févr. 2016
SuivreEh bien, voilà, j'ai joué à Firewatch. Et quand je dis j'ai joué, ça rime avec j'ai fini Firewatch, parce que finalement, quoiqu'on en dise le jeu est très court. J'ai du trop attendre Firewatch,...
5
le 25 mai 2021
SuivreKurosawa est incontestablement l'un des plus grands réalisateurs du septième art, de la trempe d'un Kubrick ou d'un Hitchcock par exemple. On peut même s'accorder à dire que ses films ont permis de...
9
le 10 mars 2024
SuivreUn film immense, qui travaille dans toutes les dimensions. Son scénario volontairement simpliste est le prétexte nécessaire pour soulever des tas de questions existentielles. Ce qui aboutit à une...
7
le 23 mars 2023
SuivreToujours aussi efficace : des flingues, du rire et un peu de larmes ; le tout accompagné de quelques cascades spectaculaires. Contrairement aux autres blockbusters à itération, les Armes Fatales...