Liberty City State of Mind
Après ce pur chef d'oeuvre qu'est la GTA III Era, les gars de chez Rockstar avaient fort à faire avec le quatrième opus (qui est en fait le neuvième) de la saga Grand Theft Auto pour atteindre le niveau qui était le leur au milieu des années 2000's.
En prenant le parti pris de rendre leur jeu beaucoup plus sérieux et beaucoup moins référentiel, les développeurs de chez Rockstar ont pris tout le monde à contre-pied. En effet, le héros, Niko Bellic (qui manque cruellement de charisme, comparé à un Tommy Vercetti), est un pauvre émigré et le jeu est une allégorie du rêve américain. Réjouissant sur le papier, force est de constater que les premières heures de jeu sont plutôt ennuyeuses, tant le rythme du jeu est lent. Pourtant, il regorge de bonnes idées, comme les quêtes annexes qui concernent des personnages rencontrés dans la rue, les différents choix laissés au héros par rapport aux destins de certains PNJ et certaines missions particulièrement épiques. Au bout de quelques heures de jeu, l'histoire prend enfin sa pleine mesure et les différents arcs scénaristiques sont souvent réjouissants, à l'image des dialogues en voiture (ceux avec Jimmy Pegorino ou Phil Bell sont remarquables) avant les missions. On comprend alors où Rockstar veut en venir et on peut enfin totalement apprécier la qualité d'écriture des scénaristes. Dommage qu'il faille attendre 5h de jeu.
Du côté du gameplay, les gars de chez Rockstar ont assoupli les déplacements des personnages, mais les progrès à faire sont encore considérables dans les sauts du héros, parfois vomitifs, la conduite de voiture, qui peut provoquer des crises de nerfs chez les habitués de la GTA III Era et l'absence des trajets rapides sur PC. Les fusillades sont bien trop simples avec le nouveau mode de couverture et le jeu est parfois artificiellement compliqué, avec un nombre absurde d'ennemis dans certaines phases d'action (celle du bateau, par exemple, à la limite du ridicule). Les interactions sociales avec les amis de Niko sont complètement loupées et certaines quêtes annexes sont ahurissantes de stupidité (les 30 voitures à collecter pour Stevie, qui ressemblent beaucoup trop à la quête annexe de Brucie, et les 200 pigeon à tuer) et en deviennent rébarbatives. Concrètement, le jeu est plutôt beau, ne souffre d'aucun ralentissement sur un PC assez puissant et on évite l'aliasing à la limite du scandaleux de GTA : San Andreas ou Vice City Stories. Mais ce n'est pas le plus important dans un GTA, on en conviendra. Le plus important est sauf : la narration et la jouabilité.
Si on lui donne le temps, GTA IV peut être aussi fun qu'un GTA III, ce qui le propulse déjà dans la galaxie des très bons jeux, mais on ne peut s'empêcher de penser qu'il s'agit d'un pas en arrière de la part de Rockstar qui nous avait habitué à mieux.