Grand Theft Auto IV par Lonewolf
Bon, j'ai été un poil déçu par le déséquilibre de GTA San Andreas (trop d'annexes, ce qui a mené à un scénario et des personnages en retrait).
Mais ça ne m'a pas empêché d'attendre ce GTA IV avec impatience.D'autant que, au final, RockStar semble avoir fait le même constat que moi (et d'autres) au sujet de San Andreas.
GTA IV revient aux fondamentaux.Ce qui constitue, pour beaucoup, une régression côté contenu.
C'est pas totalement faux, tous les exploits techniques de GTA SA ayant été dégagés (tuning, entraînement physique, véhicules aériens, et beaucoup d'autres...Le parachute a survécu, mais uniquement dans l'extension The Ballad of Gay Tony).Mais ça a contribué à donner à GTA IV un réel équilibre entre le scénario (et ses personnages) et le contenu annexe.
Et le retour à une seule et unique ville a carrément fait du bien à la cohérence et l'intérêt du scénario.
RockStar est donc revenu aux fondamentaux, mais en a profité pour réinventer certaines des bases de sa saga.
Nous avons tous connu Liberty City sur PS2 (et pour certains, bien avant, sur PS One).
Evidemment, on s'attendait à retrouver la ville qu'on a connue, en plus beau, peut-être plus vaste...Mais non.
La Liberty City de GTA IV n'a plus rien de commun avec celle de GTA III, s'offre un incroyable réalisme dans son architecture (affinant ses ressemblances avec New York, jusqu'à la Statue de la Gaieté), et nous force à la réapprivoiser, à refaire tous nos automatismes.
Tout comme Niko Bellic, on débarque en terre totalement inconnue, devant nous y habituer et y trouver nos repères.
Niko Bellic, justement, bouscule aussi nos habitudes.
Là où Claude (GTA III.Merci à San Andreas de donner son nom ^^), Tommy (Vice City), CJ (San Andreas) et les autres vivent dans un univers violent et criminel et ont choisi d'y trouver leur place en se fondant de leur plein gré dans le moule criminel de la Mafia ou des gangs, Niko est juste un émigré qui n'a rien demandé à personne, qui veut juste tenter (vainement, comme pour n'importe qui) d'échapper à son triste et violent passé (bon, et pas que ça, quand même ^^), mais se retrouve bien vite à devoir à nouveau faire face à cette violence, comme s'il ne pouvait finalement connaître que ça.
GTA IV est une œuvre noire, cynique, tristement réaliste, où le héros est un anti-héros (et où les personnages secondaires ne sont que très rarement de pures ordures finies), et dans laquelle chaque décision (quand on nous laisse en prendre) a des répercussions.
Soit sur Niko, soit sur le scénario.
Puisqu'on parle de cynisme, le dernier choix à faire, qui détermine l'issue de la mission finale, est carrément merveilleux dans le domaine.
Et cette mission finale laissera un sale goût à pas mal, quel que soit le choix effectué.
Côté annexe, c'est peu fourni, mais ça reste cohérent, pas gadget, et ça ne déséquilibre pas l'ensemble.
Puis, bon, les courses et la chasse à l'homme suffisent à assurer ^^
Quant au multi, c'est du classique.
Evidemment, je comprends aussi qu'une telle relecture puisse ne pas être suivie.
GTA III et suivants étaient funs, parodiques, avec un humour imparable, des séquences bien classes...
GTA IV est sombre, cynique, réaliste, et distille un humour très noir et assez rare.
On est carrément à l'opposé.
Mais ça reste pour moi un très bon GTA, faisant partie de ceux qui conçoivent GTA comme un subtil équilibre entre le scénario, les personnages, et le contenu annexe.
Equilibre que San Andreas avait brisé en multipliant l'annexe (ce qui offrait une incroyable performance technique), négligeant ainsi la base constituée du scénario et des personnages.