Quand je ne suis pas en train de faire des allers-retours dans mon appartement en tentant d’endormir un nouveau-né, il m’arrive, lors de brefs instants, d’avoir 10 à 15 minutes pour jouer. J’ai relancé Jamestown, et c’est franchement idéal pour de courtes sessions. Pour rappel, Jamestown est un shmup de 2011 créé par trois développeurs, qui s’inspire fortement des sorties du mythique studio japonais Cave, leader du shmup arcade bullet hell.
C’est justement parce que je me suis totalement cassé les dents en tentant de jouer à DoDonPachi qu’on m’a conseillé d’essayer Jamestown. Pourquoi ? Parce que, contrairement aux productions très arcade de Cave, Jamestown propose une progression plus douce avec cinq niveaux que l’on aborde indépendamment. Exit l’idée de refaire 150 fois le même niveau 1 pour espérer progresser jusqu’au boss, comme dans les jeux d’arcade. Ici, le jeu est découpé en stages très courts qui ont tous la même structure : une phase de mobs suivie d’un boss en trois phases.
Rien de très original, mais ce que j’ai trouvé intéressant, c’est qu’on est amené à augmenter soi-même la difficulté petit à petit pour débloquer la partie finale du jeu. À cela s’ajoute un système d’upgrade obtenu après chaque tentative, que vous ayez terminé le stage ou non. Bref, ça active la partie “récompense” du cerveau et on n’a (presque) jamais l’impression de faire du surplace… sauf sur le dernier niveau, où la difficulté augmente d’un coup et rappelle l’angoisse de R-Type avec ses murs et ses obstacles.
C’était d’ailleurs très malin de placer ce mur de difficulté à l’ultime partie du jeu. Pourquoi ? Parce que, si vous êtes comme moi et que vous avez du mal à lâcher un jeu quand vous êtes si proche du but, vous allez bien souffrir sur ce dernier niveau et réellement mettre en pratique ce que vous avez appris sur les niveaux plus faciles.
vidéo compétitif (à mon sens).
Je pense avoir réellement “progressé” dans ce type de jeu et je me sens prêt à retenter les productions de Cave. Et ce n’est pas rien, pour un genre qui me semble (à tort, sans doute) “gatekeepé” par son niveau de difficulté. Jamestown+ pourrait donc bien vous permettre, vous aussi, de vous initier aux shmups.
À cela s’ajoute une esthétique vraiment unique : le jeu se déroule en 1619 dans un monde envahi par des extraterrestres. Les développeurs évoquent Nausicaä ; pour ma part, j’y ai plutôt vu un univers lovecraftien très cartoon. C’est du pixel art “deluxe”, et certains niveaux m’ont rappelé le niveau de détail d’un Metal Slug (notamment un niveau avec des crabes, qui est forcément un clin d’œil au premier stage de Metal Slug 3). Ça grouille de partout et, comble du délice, il y a un superbe filtre CRT des familles qui m’a forcément ravi.
C’est aussi un jeu taillé pour le format 16/9, ce qui est un immense avantage par rapport aux shmups arcade verticaux en 9/16 (particulièrement pénibles en mode portable sur Switch, où la zone de jeu devient minuscule, entourée d’immenses bordures).
Pourtant, même si Jamestown est nettement plus accueillant de prime abord, il a dans son ADN le shmup bullet hell et se révèle bien corsé. J’ai péniblement réussi à finir le jeu en difficulté 3/5 (le minimum requis pour accéder aux derniers niveaux). Il y a sûrement de quoi s’amuser dans les deux niveaux de difficulté restants et, si le scoring vous importe, un leaderboard permet d’affronter les plus grands tarés du jeu.