On ne va pas y aller par quatre chemins, ce que Jusant pouvait avoir d’accrocheur dans son annonce, il le perd dès les premiers instants passés en jeu. Car on nous vendait à l’escalade ce qu’est Death Stranding à la marche, associé à une forme contemplative à la Journey. Mais au final, on est sur du GIRP beaucoup moins fun car trop assisté, avec un trop plein narratif qui témoigne d’un certain manque de confiance de DontNod envers ses joueurs. Je m’explique:
Dans Jusant, on grimpe une montagne, de son pied à son sommet, avec notre baudar simplifié, nos pitons et notre corde. La gâchette gauche gère la main gauche, la gâchette droite la main droite (vous suivez?). Comme les petons de Sam Porter en somme. Sauf qu’ici, pas d’échec possible, puisque l’on est constamment assuré : impossible de faire du Free Solo, notre protagoniste s’attache automatiquement à la paroi. Pas un problème en soi si le challenge n’est pas l’ambition du titre. Mais l’escalade, dont je suis un fervent amateur (j’en ai fait une fois dans les Alpes, et je vais au bloc deux fois l’an, si avec ça j’ai pas de crédibilité), c’est avant tout le plaisir de tricoter sur sa voie, de trouver les bons appuis et de parvenir à créer sa propre méthode pour venir au bout. Comme GIRP. Là non, un seul chemin s’offre à vous, et on aura tôt fait d’avancer sans réfléchir en alternant gauche-droite, comme du Assassin’s Creed avec un bouton en plus. En termes de sensations, on repassera. Pas d’avant-bras qui tirent, pas d’ampoules au doigts, pas de biceps flageolant.
A côté de ça, on a une pelleté de textes, de muraux et autres stèles à trouver dans notre ascension, dont le contenu ne fera que radoter par rapport à ce que la narration environnementale. Ainsi, si on trouve un moulin à eau qui ne tourne plus faute de sécheresse, on aura heureusement la lettre laissée sur un muret nous expliquant qu’il n’y a plus d’eau et que du coup le moulin ne tourne plus. Merci les gars! Si c’était écrit avec un peu de panache, à la limite, ça apporterait un peu de substance. Mais non, DontNod a une plume au mieux inintéressante, au pire juste paresseuse. Surtout qu’en termes de thématique, on est pas dans l’originalité : restaurer la magie dans le monde suite à l’effondrement climatique. Du déjà vu, ce qui n’est pas une tare en soi, mais mal raconté avec rien de nouveau dans le traitement. Autant dire que j’ai vite arrêté de lire pour arriver le plus tôt possible au sommet.
Sinon, visuellement et musicalement, c’est pas moche, mais pas marquant.
Heureusement, en 4-5 heures c’était plié. Même pas le temps d’avoir des courbatures.