Kingdom Hearts, c’est un de ces jeux que je n’ai pas vraiment aimé à sa sortie… mais que j’ai fini trois fois.
Et rien que ça, ça en dit long.
À l’époque, j’étais déjà bien plongé dans l’ère PS2/Gamecube/GBA et tout ce que le JRPG japonais avait à offrir. J’étais nourri aux Final Fantasy, aux Tales of, aux jeux plus matures ou plus sombres, et voilà que débarque ce crossover improbable entre Disney et les personnages de Square Enix.
L’idée me semblait trop étrange, presque enfantine. Explorer les mondes de Tarzan, d’Alice ou d’Aladdin ? Très peu pour moi. J’étais passé à autre chose. Et pourtant… c’est mon meilleur pote qui m’a convaincu de m’y coller. Il me jurait que c’était un bijou, que la suite allait encore plus loin, que ça valait le coup.
Alors j’ai cédé.
Et j’ai bien fait. Parce que même si je n’ai jamais été un fan de la première heure, je dois bien avouer que Kingdom Hearts, c’est simple, efficace, et particulièrement attachant. L’écriture ne révolutionne rien, mais elle touche une corde sensible. L’amitié, la mémoire, les mondes qui s’effondrent et qu’on tente de réparer. C’est naïf, mais jamais bête.
C’est une aventure accessible, mais pas dénuée de mélancolie ni de moments de grâce.
Le gameplay, aujourd’hui, a pris un petit coup de vieux. C’est rigide, parfois un peu flottant, surtout dans les sauts ou le ciblage des ennemis. Mais rien de rédhibitoire. Et en HD, le jeu gagne un confort de lecture et de fluidité qui rend l’expérience plus qu’agréable. C’est le JRPG parfait pour un jeune ado. De l’action lisible, une courbe de difficulté pas trop méchante, une progression constante, des musiques qui restent en tête pour longtemps (l’OST est un vrai bijou, entre les compositions de Yoko Shimomura et le thème d’Utada Hikaru). Et puis cette esthétique, ce mélange de mondes qui ne devraient pas cohabiter mais qui s’unissent autour d’un cœur commun… ça fonctionne, ça touche, même si on n’est pas fan de Disney.
Je n’ai jamais totalement succombé au charme de la série. Je suis toujours resté un peu à distance, comme un invité qui apprécie la fête sans vraiment en comprendre toutes les règles. Mais le fait est que j’ai fini le jeu plusieurs fois. Parce qu’on s’y sent bien. Parce que malgré ses maladresses, Kingdom Hearts sait transmettre une émotion sincère, une nostalgie d’enfance bien enrobée dans une aventure colorée.
Ce n’est pas ma tasse de thé. Mais c’est une tasse dans laquelle je suis revenu tremper les lèvres plus souvent que je ne l’aurais cru.
Et à chaque fois, je me suis laissé embarquer. Pas passionnément, mais avec tendresse.