J’ai fini Spider-Man 2 sur PS5.
Et contrairement à ce qu’on pourrait croire vu le marketing, les notes et la complaisance générale, ce n’est pas un grand jeu. C’est un jeu vide, lisse, et profondément ennuyeux, emballé dans une vitrine technique impressionnante.
Oui, soyons honnêtes deux secondes :
le jeu est beau. Les éclairages sont réussis, la ville est flatteuse, certaines scènes sont bien mises en scène. Il y a même deux excellents combats :
Peter contre Mr Negative
et la séquence où l’on joue Venom, qui est de loin le moment le plus jouissif du jeu
Le problème, c’est que tout le reste est médiocre à catastrophique.
Un gameplay en retard de dix ans
Les combats sont une bouillie illisible.
Pas de lock, une caméra approximative, des ennemis qui attaquent hors champ, des collisions foireuses, et un système basé sur marteler carré + esquiver au bon moment. C’est le degré zéro du fun, pire qu’un Assassin’s Creed paresseux.
La parade est mal pensée, punitive, souvent impossible à exécuter à cause du décor. Les ennemis — en particulier les chasseurs — sont absurdement résistants, non pas intelligents mais simplement gonflés artificiellement.
Ce n’est pas exigeant, c’est chiant.
Spider-Man est censé être fluide, aérien, instinctif.
Ici, il est lourd, coincé, souvent impuissant face au chaos que le jeu lui-même crée.
Une map immense… et totalement inutile
Ils ont doublé la carte. Pourquoi ?
Pour nous proposer :
des repaires à nettoyer à la chaîne
des photos à prendre
des missions secondaires sans âme ni enjeu
Rien ne donne envie d’explorer.
Rien ne surprend.
New York est une coquille vide, un décor sans identité.
Le fast travel sans chargement est impressionnant techniquement, mais narrativement révélateur :
👉 si tu veux te téléporter partout, c’est que la ville ne t’intéresse pas.
Des missions hors Spider-Man catastrophiques
Les phases avec MJ frôlent le ridicule :
de l’infiltration niveau tutoriel, sans tension, sans intelligence, sans intérêt.
Les missions avec Hailey ? J’ai même pas fait l’effort. Il y a des limites à la souffrance.
Quant aux passages où l’on joue Peter Parker sans le costume :
lents, scriptés, lourds, chiants.
On avance dans des couloirs narratifs pendant que le jeu nous regarde jouer… ou plutôt ne pas jouer.
Une écriture lisse, vide, sans courage
L’histoire est plate, prévisible, sans surprise.
Les enjeux sont faibles, résolus trop vite, et surtout sans conflit réel.
Les personnages sont écrits comme des slogans :
Miles Morales est parfait, sans défaut, défini uniquement par ce qu’il représente
Sa mère n’existe que comme “mère latina courageuse”
Peter Parker est rajeuni, lissé, beau gosse, sans maladresse
Peter Parker est censé être :
un nerd, maladroit, fauché, fragile.
Ici, c’est un mannequin moral.
New York est décrite comme une ville où tout le monde est gentil, solidaire, tolérant.
C’est peut-être mignon, mais ça ne raconte absolument rien.
On frôle la guimauve idéologique permanente.
Un jeu sans personnalité
Les PNJ sont fades, les textures parfois immondes de près, la ville sonne faux.
Le premier Spider-Man avait des défauts, mais il avait une direction, une envie, une identité.
Ici, tout est dilué :
plus de map
plus de costumes
plus de systèmes
👉 pour moins de plaisir, moins de sens, moins d’âme.
Conclusion
Spider-Man 2 est un jeu techniquement impressionnant mais creux.
Un jeu qui confond quantité et qualité, spectacle et profondeur, difficulté et frustration.
À 80 euros, c’est une arnaque polie.
Un parc d’attractions sans vertige.
Un jeu qui avait tout pour être marquant… et qui finit par être oubliable.