J’ai fait la trilogie trois fois sur 360 et une quatrième sur PC, j’ai tout retourné très consciencieusement : je pensais en avoir « fini » avec cette saga d’exception, d’autant que le Mass Effect de nouvelle génération, l’infâme Andromerda fut une véritable trahison… et un terrible affront (il a de fait fini « oublié »… dans le vide-ordures).
Or, voilà-t-y pas qu’aussitôt lancé ce « remaster » du triptyque, je replonge aussi sec dans ce monde stupéfiant et fascinant de space opera épique, drôle, dramatique, furieux, émouvant… sidéral et sidérant ! je croyais les connaître par coeur ces trois jeux et pourtant, je redécouvre encore des choses, car la mémoire est sélective et contrairement à un Drell, on ne se souvient pas de tout…!
Evidemment, la belle couche de peinture a redonné une seconde jeunesse à cette épopée (avec tous les DLC ici) et si le Bioware d’aujourd’hui est devenu l’ombre d’antan, égaré désormais dans des merdes comme Anthem ou quelques horreurs wokistes, les artistes et les programmeurs qui se sont occupé de cette édition légendaire n’ont pas ménagé leurs efforts : c’est magnifique et ça tourne comme un rêve en 4K/60 sur Series X. Bien sûr, ça ne présage de rien en ce qui concerne le Bioware actuel ; ce studio est déjà mort, de toute façon.
Quelques modifications de détails ont été apportées ici et là (en dehors des graphismes) afin de rendre le premier ME moins rigide (ça chauffe moins du côté des armes par exemple). Néanmoins, l’identité des trois jeux reste inchangée : ils sont à la fois très semblables et… sensiblement différents. Ce remaster n’est certainement pas un « remake » et on n’en voudrait pas de toute façon !
Le combat à pause tactique est de plus en plus raffiné, d’épisode en épisode, de plus en plus spectaculaire ; la musique devient plus personnelle et surtout les conséquences de nos actes se répercutent d’un Mass Effect à l’autre ! c’est tout à fait unique et toujours inégalé à ce jour.
On a donc ici l’expérience originale, fabuleuse et intacte de ces aventures palpitantes, si bien écrites qu’on se rend compte à quel point une telle expérience est rare dans le petit monde des grands jeux de rôle et tout cela, sans verser dans le moindre monde ouvert inutilement trop grand... Il en résulte ici une densité, une mise en scène, une épaisseur des plus appréciables.
Cependant, en ce qui concerne Mass Effect 3, un léger souci demeure, hélas… il s’agit de sa fin, la toute fin elle-même qui clôt de façon décevante toute la trilogie… pourquoi avoir fait si alambiqué alors que la simplicité des fins des deux premiers ME s’imposait d’elle-même ? une fin décevante et une conclusion maladroite (ou plutôt des conclusions maladroites…) mais le reste du jeu et des deux jeux précédents (et d’un paquet de DLC) sont si exceptionnels qu’on passe l’éponge : la vraie fin si je puis dire, c'est le DLC Citadelle, car c’est ainsi dont on veut se souvenir de Mass Effect 3.
Les Mass Effect restent en tout cas inoubliables, non seulement par leur narration et leur univers mais également par leurs personnages excellement écrits, car les ME sont décidément des chef-d’oeuvres à part (en dehors certes de la toute fin de ME3), une déclaration d’amour à la science-fiction toute entière et au genre du jeu de rôle en particulier. Cette édition légendaire porte bien son nom, un vrai testament !