L'archétype du jeu bâtard, mal branlé et complètement surévalué pour moi. Parlons d'emblée de ce qui m'a plu dans ce jeu : la narration en mode BD qui apporte un petit cachet et un certain style à l'ensemble. Après qu'est-ce qui est raté dans ce jeu ? Absolument tout le reste.
Je comprends finalement pourquoi j'ai mis autant de temps avant de me lancer pour jouer à l'original de cette saga considérée comme un incontournable et un classique du TPS. J'avais flairé, du peu que j'en avais vu à travers des lets play, à quel point ce n'est pas mon type de jeu. Trop bourrin, trop redondant, j'oserais même dire trop décérébré pour que j'y trouve un véritable intérêt. Le gameplay du jeu est une véritable déception tant je le trouve bancal, imprécis et mal fichu. Les sensations manette en mains sont inexistantes, le bulllet time est complètement sous-exploité et ne sert finalement que de gimmick tape à l'œil pour les fans de Matrix. Franchement celui-ci représente l'argument marketing principal du titre alors qu'il ne sert strictement à rien dans le jeu. Heureusement, la hitbox ultra permissive des ennemis rattrape un peu le côté très imprécis de la jouabilité sinon ça serait une véritable purge sans nom à jouer. En plus les développeurs ont eu la merveilleuse idée d'essayer d'incorporer un soupçon de plate-forme, sans doute pour varier un tantinet les situations, et que dire ? C'est une vraie catastrophe tant c'est loupé. D'autant que le maping est aussi une véritable abomination dans l'ergonomie. Oui, ça fait beaucoup.
Rajoutons à ça le côté complètement bâtard et dissonant que je retrouve dans le fait d'essayer de nous pondre une sorte de polar noir tragi-comique dans l'écriture mais où on se retrouve finalement qu'à errer de pièces en pièces pour dessouder des ennemis par kilotonnes... L'entièreté du jeu se résume donc qu'à du pan-pan boum-boum sans aucun semblant de réflexion, avec une mise en scène au ras des pâquerettes qui plus est... Comment s'immerger dans un jeu qui ne sait lui-même pas sur quel pied danser en oscillant à la fois entre le drame intimiste, le côté satirique ultra forcé qui essaye de jouer sur les stéréotypes, l'enquête et l'investigation pure et l'action frénétique sans temps mort qui nous laisse jamais le temps de nous poser ?
Après mon gros coup de coeur pour Alan wake 2 que j'ai trouvé vraiment géniale dans son ambiance, sa narration, sa mise en scène et sa direction artistique j'ai eu envie de découvrir la première itération du New-York tentaculaire et crépusculaire made in Remedy mais bon dieu!! L'équipe a tellement progresser en 20 ans! Je me suis donc lancé sur ce jeu pour pouvoir au moins profiter de son atmosphère de polar noir bien sombre et d'une bonne petite DA mais même là dessus le jeu m'a déçu. Ce n'est pas si sombre que ça, on est ici davantage dans le mauvais nanar qui, en plus d'être bien vilain visuellement pour de la PS2 (les intérieurs passent encore mais le reste...) essaye de manger à tous les râteliers mais qui ne réussi au fond pas grand chose. Oui, ce titre essaye beaucoup mais se foire sur quasiment tout car comme je le dis le résultat final a vraiment le cul entre deux chaises parce qu'on se retrouve devant un pur shooter régressif assumé et sans prétention d'un côté et devant un truc qui essaye de péter plus haut que son cul en se donnant des airs de jeu d'auteur arty de l'autre...
Jouer à ça après Alan wake 2 a été très compliqué. Ce dernier, étant de très loin le jeu le plus abouti de Remedy, a parfaitement su gérer et digérer toutes ses diverses influences pour nous pondre un jeu cohérent qui excelle dans tout ce qu'il entreprend. Max payne premier du nom ne représente à mon sens qu'un brouillon qui a terriblement mal vieilli, une sorte d'exercice de style vraiment maladroit et surfait.