Metal Gear Solid Delta: Snake Eater
7.4
Metal Gear Solid Delta: Snake Eater

Jeu de Virtuos et Konami (2025 · PlayStation 5)

Étant en pleine découverte de la licence Metal Gear et suite aux bonnes expériences proposées par les épisodes 1 et 2, pourtant déjà anciens, le moment semblait parfaitement bien choisi pour découvrir ce remake et poursuivre mon exploration de cette licence légendaire. Je n’ai donc pas fait le jeu original et ne pourrai pas réellement les comparer. Ceci dit, en me renseignant et en regardant du gameplay du jeu original, celui-ci ne semble pas très éloigné de son remake qui, même s’il apporte quelques modifications de gameplay, paraît surtout être là pour offrir un rafraîchissement visuel à un jeu se voulant déjà très cinématographique et profitant donc pleinement des améliorations technologiques que nous avons connues depuis l’épisode original.


De plus, nous aurions presque pu parler de remaster s’il n’y avait pas un mode de jeu adapté aux évolutions du genre du jeu d’action en TPS, notamment avec un contrôle plus flexible de la caméra ainsi que des touches adaptées aux standards actuels (viser avec L2 et tirer avec R2 étant devenu une logique pour tout joueur ayant touché à un jeu où il faut viser et tirer). Mais n’ayant pas connu le jeu PS2, je ne l’évoquerai pas plus longtemps.


MGS2 m’ayant très agréablement surpris et n’ayant entendu que des avis positifs sur MGS3, mes attentes étaient assez hautes. Je me demandais comment cet épisode allait réussir à me surprendre, et c’est dans cet esprit mêlant curiosité et légère appréhension que j’ai lancé ce MGS Delta.

Une efficacité qui traverse le temps

Ce premier passage me servira à justifier le titre de cette critique, car si les avis disent vrai et que le gameplay n’a pas énormément changé comparé au jeu PS2, alors nous ne pouvons que souligner, une fois de plus comme pour MGS2 que ces jeux avaient déjà une telle avance qu’il devient difficile d’y apporter des changements majeurs. En effet, ces jeux proposent tant de mécaniques et d’options différentes que je suis à peu près certain de ne pas avoir vu au moins (et je suis gentil) un quart de celles proposées. Le côté infiltration restant le cœur du jeu, celui-ci demeure toutefois assez permissif, il est possible d’essayer de foncer tête baissée, même si les résultats sont rarement garantis dans ce cas.


Mais l’envie de s’infiltrer restera toujours la plus présente dans votre esprit, notamment grâce au nombre d’outils que le jeu met à votre disposition pour y parvenir efficacement lorsque l’on prend les bonnes décisions : le système de camouflage, qui permet de se fondre dans le décor selon l’environnement dans lequel on se trouve ; des objets comme les revues, pouvant être lancées pour distraire les ennemis ; ou encore les lunettes thermiques, utiles pour repérer des adversaires bien cachés, mais aussi certains animaux ou plantes dans la zone.


En parlant d’animaux et de plantes, le jeu propose un système de survie qui constitue, à mon sens, un point fort supplémentaire pour l’immersion, mais qui reste également l’un des rares aspects sur lesquels quelques ajustements pourraient rendre l’ensemble plus agréable. Ce système comprend deux menus principaux : “Soin” et “Nourriture”. Concernant la nourriture, vous pouvez capturer ou tuer différents animaux, plus ou moins efficaces pour régénérer votre endurance, une mécanique absente des épisodes 1 et 2. Une endurance trop basse vous rendra plus bruyant (estomac qui gronde) ou moins précis en visant, avec des tremblements plus ou moins marqués. Le système est plutôt efficace et pousse même à tester différents animaux afin de découvrir leurs effets, puisque vous ne savez ce qu’un “plat” apporte qu’après l’avoir goûté une première fois.


Quant à la partie “Soin”, vous aurez à votre disposition plusieurs objets (pansements, attelles, couteau, etc.) permettant de traiter différents types de blessures (coupures, blessures par balle…). Ce système est assez immersif puisqu’il réduit votre santé proportionnellement au nombre et à la gravité des blessures, ce qui incite naturellement à prendre moins de risques et donc, une fois encore, à privilégier l’infiltration. Ceci dit, le menu associé peut parfois devenir pénible, notamment lors de combats contre les boss où l’on se retrouve à l’ouvrir régulièrement pour soigner une brûlure ou retirer une balle. Un système d’accès rapide à ces menus, par exemple via un appui sur les joysticks droit et gauche, qui ne semblent pas avoir d’usage particulier dans mes souvenirs (même si je peux me tromper), aurait pu être pertinent et rendre l’accès à ces options plus agréable.


Sachant que toutes ces mécaniques ne semblent pas être des ajouts de ce remake, on remarque que le jeu possède toujours tout ce qu’il faut pour nous immerger pleinement dans la peau de Snake tout en conservant un gameplay agréable. Grâce à ces éléments qui n’ont finalement pas pris une ride, et en dehors d’un accès aux interfaces de survie plus pratique en combat, il est difficile de voir ce qui aurait réellement pu être modifié davantage dans ce remake.

Cobra et Camouflage : Espionnage et Héritage

L’histoire prend place dans le milieu des années 60, en pleine guerre froide. On incarne "Naked Snake", qui a pour mission de libérer un scientifique soviétique qui a semble-t-il été capturé dans le but de créer un tank capable de lancer des missiles nucléaires : le Shagohod, qui, pour ceux ayant fait les jeux précédents, rappelle les Metal Gear qui avaient la même fonction. Nous devons donc empêcher la construction de ce dernier tout en sauvant le scientifique spécialiste en armement, "Sokolov".


Je vais m’arrêter là pour le scénario, car vous découvrirez les nombreuses révélations et plot twists qui rythment le jeu. Ces derniers sont servis à un très bon rythme, ce qui vous empêchera de voir le temps passer. Le remake étant assez beau et la mise en scène réussie, vous n’aurez aucun mal à vous accrocher aux personnages et à l’intrigue, qui mêle trahison et mensonges pour mettre en avant la notion de soldat et de guerre, là où les jeux précédents abordaient les dangers des armes nucléaires (pour le 1) et les dangers des IA (en 2002 !) et d’internet, ainsi que les possibilités positives que ces derniers proposent pour parler de transmission au sens plus large dans le 2.


La durée de vie du jeu, qui est assez courte (une douzaine d'heures en moyenne), permet de garder des informations assez floues sans le contexte global assez fraîches au moment de la découverte des révélations ou d’explications. Et cela, couplé à son excellent rythme, permet encore une fois de rendre le tout extrêmement immersif.


Tout au long de notre aventure, nous aurons, comme pour les opus précédents, différents boss qui, en plus d’avoir un nom qui correspond à des émotions ressenties lors de la guerre (The Fear, The Sorrow, The End...), sont toujours finement pensés. Certains vous demanderont d’être discret, d’autres de détecter un point faible spécifique, et certains, comme Psycho Mantis dans le 1, vous demanderont (et c'est à mon sens l'un des meilleurs boss) de comprendre certaines mécaniques spécifiques du jeu ou même d'aller explorer votre console de façon "maline" (avancer la date de votre console à un moment précis pourrait s’avérer être une bonne idée, par exemple). Qu’importe le type de boss que vous affronterez, vous y trouverez la satisfaction d’avoir réussi à le battre, car les combats sont exigeants ou vous demandent de pousser la réflexion plus loin que d’habitude dans le média.


Il est important pour moi de souligner le soin apporté à l’ambiance sonore et aux musiques qui, couplées aux décors de jungle dans une période qui précède les épisodes 1 et 2, vont vraiment participer à ce sentiment d’immersion, qui est très important à mon sens dans un jeu d’infiltration du genre. On remarque également que, dans le développement des personnages les plus importants et dans leur écriture face aux événements auxquels ils font face, à la manière de MGS 2 grâce notamment à Solid Snake et Otacon qui allaient déjà dans ce sens, bien qu’assez timidement vu ce que l’on veut raconter dans ce dernier, le scénario a un côté bien plus humain pour la licence, ce qui fait que l’on arrive à se mettre à la place des personnages principaux comme Snake ou The Boss, le tout en gardant son humour à travers les appels Codec ou d’autres mécaniques qui peuvent provoquer un petit sourire sans pour autant vous sortir de votre immersion.


Un héritage bien transmis qui traverse le temps

Metal Gear Solid Delta : Snake Eater est une excellente porte d'entrée dans la licence pour qui serait repoussé par les graphismes de la PS2. De plus, étant un préquel à MGS 1 et 2, il ne gâchera pas la découverte d’un éventuel MGS 1 ou 2 par la suite si vous avez apprécié l’expérience. Pour ce qui est du jeu en tant que tel, n’ayant pas connu le jeu d’origine, je ne peux que recommander ce titre qui est plus qu’agréable visuellement, en plus de pouvoir se vanter d’un rythme d’une justesse telle qu’il fera passer les heures pour des minutes, le tout accompagné par une réalisation et une histoire prenantes grâce à ses cinématiques de qualité et ses musiques tout aussi bonnes. Tous ces éléments sont encore plus satisfaisants à découvrir grâce à un gameplay qui, en plus d’être assez riche pour vous proposer un très grand nombre d’options afin d’aborder différentes situations, se permet en plus d’avoir des boss qui vont vous obliger à revoir votre façon d’aborder les zones précédentes ou à montrer une maîtrise supérieure des mécaniques que vous avez apprises tout au long du jeu.


Pour ce qui est de la redécouverte de cet opus par ceux ayant pu jouer au jeu PS2, je ne saurais vous dire si les changements apportés par ce remake valent le prix fort de ce dernier. De plus, les alternatives ne manquent pas pour refaire le jeu original.


Pour ceux n’ayant jamais joué à l’épisode original et étant curieux de découvrir le jeu où l’on incarne le légendaire Snake : foncez ! La découverte de MGS Snake Eater sera une excellente expérience à travers ce remake. Le jeu est aussi agréable pour les yeux que manette en main : le gameplay, l’histoire, les personnages, les cinématiques… J’ai souvent entendu parler de cet épisode de la licence comme d’un classique de son époque et je ne peux que vous confirmer que ceux ayant pu dire de ce jeu qu’il était en avance à sa sortie avaient raison, vu le plaisir pris à la découverte de ce dernier, qui semble très fidèle au jeu d’origine et ne prend que peu de risques du côté des changements.

MoussD
8
Écrit par

Cet utilisateur l'a également mis dans ses coups de cœur et l'a ajouté à sa liste Jeux faits ou en cours en 2026

Créée

le 17 févr. 2026

Modifiée

le 18 févr. 2026

Critique lue 22 fois

MoussD

Écrit par

Critique lue 22 fois

1

D'autres avis sur Metal Gear Solid Delta: Snake Eater

Metal Gear Solid Delta: Snake Eater

Metal Gear Solid Delta: Snake Eater

8

Kelemvor

765 critiques

L’Étreinte du Serpent

Il est rare qu’un jeu réouvre une blessure nostalgique tout en enjoignant le joueur à la regarder autrement. Metal Gear Solid Delta : Snake Eater réussit cet impossible ménage entre conservation et...

le 28 août 2025

Metal Gear Solid Delta: Snake Eater

Metal Gear Solid Delta: Snake Eater

2

West-Coast-dArmor

79 critiques

C'est le serpent qui se mord la queue !

Ceci n'est absolument pas un "Remake". Juste le jeu original avec un mod graphique et une vue objective, le tout pour 80€. (je précise que ce "remake" était pour moi l'occasion de découvrir le jeu en...

le 28 août 2025

Metal Gear Solid Delta: Snake Eater

Metal Gear Solid Delta: Snake Eater

8

chokbar-chan

15 critiques

MGS3 a bien vielli/20

Ce jeu fait pas mal parler ces derniers temps et après l'avoir terminé en une dizaine d'heures je vais donner mon avis final : MGS3 était en avance sur son temps donc un remake qui se contente...

le 30 août 2025

Du même critique

Hunter × Hunter

Hunter × Hunter

9

MoussD

9 critiques

Au-delà de la quête : Hunter x Hunter, le shonen par excellence

L'adaptation animée de 2011 de Hunter x Hunter est, pour ma part, le seul contact que j'ai eu avec l'œuvre de Yoshihiro Togashi. Ainsi, cette critique se concentrera sur l'animé en tant qu'œuvre à...

le 29 oct. 2025

Monster Hunter Wilds

Monster Hunter Wilds

7

MoussD

9 critiques

Une étape solide, mais pas un tournant

Monster Hunter Wilds, successeur de Rise et héritier plus direct de World, était attendu avec impatience par une communauté curieuse de la direction que prendrait la licence. Allait-on s’orienter...

le 10 sept. 2025

Pokémon Violet

Pokémon Violet

3

MoussD

9 critiques

Pokémon Violet – Un pas en avant, trois bugs en arrière

Pokémon Violet aurait pu être un renouveau. Il restera surtout comme un aveu d’échec technique dans l’une des licences les plus lucratives du monde.Les attentes autour de la licence Pokémon n'ont...

le 3 juin 2025