J'abordais Metroid Prime Remastered avec une certaine curiosité. C'était le sixième jeu de mon marathon Metroid, mais surtout le premier Metroid Prime auquel je jouais réellement. Je savais évidemment que le jeu était considéré comme un chef-d'œuvre, et j'étais particulièrement intrigué par une chose : comment réussir à transposer l'essence de Metroid en trois dimensions ?
Le début m'a pourtant laissé assez perplexe. Je n'ai pas vraiment accroché au tutoriel, sans réussir à expliquer précisément pourquoi. Mais dès mon arrivée sur Tallon IV, le jeu a complètement changé de dimension. La nature, la végétation, les environnements, le froid, la chaleur… j'ai immédiatement eu la sensation d'explorer une véritable planète, avec ses propres écosystèmes et sa propre identité. Et plus je progressais, plus cette impression grandissait.
Le passage à la 3D est une véritable réussite. Le viseur automatique, que j'appréhendais un peu, fonctionne finalement très bien et rend les combats beaucoup plus naturels. Sans lui, certaines confrontations auraient probablement été bien plus compliquées. Le viseur d'analyse est également une excellente idée. Il n'est pas indispensable au gameplay, mais il apporte une vraie dimension supplémentaire à l'exploration et permet de s'intéresser aux détails de son environnement.
C'est d'ailleurs ce qui rend Metroid Prime si particulier. Le jeu reprend les codes de la série tout en proposant un gameplay qui lui est propre. Tout le monde a salué cette formule, mais finalement très peu de jeux ont réellement essayé de la reproduire. Réussir à transformer Metroid en aventure à la première personne sans simplement en faire un FPS était pourtant loin d'être évident.
Et c'est surtout l'exploration qui m'aura marqué. La carte est gigantesque et, progressivement, j'ai retrouvé cette sensation que j'avais éprouvée avec Super Metroid : chercher, me perdre, revenir dans une ancienne zone, découvrir une nouvelle possibilité, fouiller une salle parce que je suis persuadé qu'il y a quelque chose à y trouver. Il m'est arrivé de ne plus savoir où aller et de devoir chercher un peu d'aide, mais je n'ai jamais vraiment considéré cela comme un défaut. Au contraire, j'aime cette sensation de ne pas toujours savoir où le jeu veut m'emmener.
L'ambiance participe énormément à cette réussite. Il y a quelque chose de presque oppressant dans cette planète qui semble constamment nous observer. Tallon IV donne l'impression d'être vivante. Et cette sensation est magnifiée par une bande-son absolument exceptionnelle. Certaines musiques me sont encore restées en tête longtemps après avoir terminé le jeu. C'est probablement l'une des OST de la saga qui m'aura le plus marqué.
La progression est également excellente. Les nouveaux pouvoirs sont agréables à obtenir et donnent constamment envie de retourner explorer les zones déjà visitées. Les capacités de glace, de feu ou d'électricité restent assez classiques dans la formule Metroid, mais elles fonctionnent parfaitement dans ce premier passage de la série à la 3D. Le double saut et les autres améliorations participent eux aussi à cette sensation de progression permanente.
Les combats sont, eux aussi, très réussis. J'ai trouvé le gameplay vraiment agréable manette en main et les boss sont globalement excellents. Certains affrontements, notamment le boss de glace, m'ont particulièrement marqué.
Tout n'est cependant pas parfait.
Le premier défaut qui m'a vraiment gêné concerne Ridley. Pas le personnage en lui-même, mais la manière dont il est amené. J'ai eu l'impression qu'il était là parce qu'il fallait que Ridley soit là. Sa présence manque un peu de construction et son intégration dans le scénario paraît finalement assez artificielle.
L'autre défaut concerne la réapparition des ennemis. On entre dans une salle, on élimine les ennemis, on repart. On revient plus tard et les mêmes ennemis sont de nouveau là, reproduisant exactement les mêmes attaques. Je comprends parfaitement qu'il aurait été difficile de régler ce problème sans revoir profondément le level design, mais cela reste malgré tout une faiblesse. Le fait que ce système soit encore présent dans Metroid Prime 4 montre d'ailleurs qu'il s'agit manifestement d'un choix assumé de la série.
L'histoire, enfin, reste assez classique pour un Metroid. Elle est agréable et fonctionne très bien pour accompagner l'exploration, mais je ressens toujours cette même frustration concernant le scénario de la saga : avec un univers aussi riche, j'aimerais parfois que les jeux développent davantage le lore de Samus elle-même. Metroid Prime ne change malheureusement pas vraiment cette tendance.
Malgré ces quelques réserves, mon ressenti final est extrêmement positif. Metroid Prime Remastered ne s'est pas contenté de me montrer que Metroid pouvait fonctionner en 3D : il m'a donné une nouvelle manière d'explorer cet univers. Je m'y suis énormément investi, bien plus que dans certains épisodes précédents de mon marathon, et j'ai retrouvé cette envie de fouiller chaque recoin que j'avais ressentie avec Super Metroid.
Au moment de terminer le jeu, je me suis simplement dit : « Je viens de faire un grand jeu. »
Et quand je regarde mon classement personnel du marathon, le constat est assez clair : Super Metroid reste numéro 1, mais Metroid Prime Remastered prend la deuxième place, devant Metroid 1, un jeu auquel je porte pourtant énormément d'affection.
Pour une première incursion dans Metroid Prime, difficile de rêver mieux.