EA et DICE persistent et signent dans le parcours en vue subjective avec cette suite du Mirror’s Edge bien des années plus tard… Il faut être sacrément têtu et borné pour s’entêter ainsi dans un principe injouable et ingérable dès le départ à moins de revoir entièrement toute la mécanique du jeu lui-même… et encore…!
Le ‘sens urbain’, sorte de guide virtuel a été sensiblement amélioré mais ne constitue qu’une rustine sur une vieille chambre à air crevée depuis belle lurette puisque le parcours est une succession d’essais et d’erreurs… et de sauts dans le vide. La vue subjective empêche de voir où l’on va, où l’on court, où l’on saute… mais c’est pour ça qu’on a créé la vue à la troisième personne, si, si…
Un problème encore aggravé par le passage au monde ouvert qui se révèle ici inexploitable, car il est impossible d’aller où bon nous semble (sans se casser la gueule) : seuls quelques chemins balisés par le développeur -limités d’ailleurs par une architecture foireuse- permettent de se déplacer à peu près correctement -mais toujours avec circonspection : on se retrouve bien trop souvent bloqué par un précipice ou des bâtiments, des structures, des éléments de décor sans issue.
A moins d’apprendre par coeur comme un crevard la putain de ville, chose évidemment impossible, la soi-disante fluidité du parcours reste un leurre. Les combats -que l’on évitait à tout prix auparavant- ont été quelque peu revus et sont même encouragés… ils se révèlent toujours aussi cons et consistent à tourner en rond autour des ennemis qui vous canardent, en espérant trouver un mur ou un point d’appui pour leur sauter à la gueule : c’est tout simplement grotesque.
Ne sachant comment remplir son monde ouvert sur les toits, DICE assure le minimum syndical avec des courses et des merdes à ramasser, des zones de gardes à nettoyer, des affiches à pirater et bien sûr des missions Fedex de coursier en temps limité. Bonjour tristesse.
Certes, le jeu est assez joli et conserve la même patte artistique que le premier avec l’avantage cette fois de tourner en 60 im/s mais on constate une nette régression sur ‘l’histoire’ (entre guillemets hein) et ses personnages incroyablement kikoolol à nette tendance anarcho woke : c’est bête et neuneu à la fois, une vraie prouesse !
On a donc un joli écrin vide et gâché qu’ils auraient pu remplir avec un vrai jeu s’ils l’avaient voulu au lieu de merdoyer à mort. De quoi faire peut-être une sorte d’Assassin’s Creed pacifiste dans une ambiance rebelle cyberpunk en somme ?… mais pour ça, il aurait fallu se sortir les doigts du cul !