Ça doit être rageant de trinquer sur le meilleur épisode des vingt dernières années malgré un Payback discutable. L’épisode de 2015, jouable uniquement en étant connecté (et exclusivement de nuit), devient clairement obsolète après celui-ci. Dans cette critique, je ne vais pas trop m’attarder sur le scénario, qui ne sert qu’à introduire le découpage jour/nuit et la progression du jeu, comme dans la plupart des Need for Speed.
Techniquement, le jeu est agréable à l’œil, notamment sous la pluie, surtout de nuit, grâce aux reflets et aux effets visuels comme les retours de flammes des pots d’échappement (dont on peut choisir la couleur). Du côté des voitures, c’est tout aussi réussi : il y en a plus de cent, avec des possibilités de tuning plus ou moins poussées. Le tout tourne cependant en 30 fps, avec parfois un peu de clipping lorsque l’écran est très chargé ou lorsque la voiture dépasse les 350 km/h. Malgré cela, la sensation de vitesse est bien présente, renforcée par un effet de nitro convaincant, même s’il paraît un peu timide au lancement du jeu.
J’étais assez sceptique au départ concernant le découpage jour/nuit. La disparition d’un véritable cycle jour/nuit au profit de la météo dynamique, ainsi que l’idée d’affronter les flics la nuit notamment pour la réputation (déblocage de voitures et de pièces) ne m’emballaient pas.
Finalement, le système fonctionne bien : le jour sert surtout à enchaîner les courses pour gagner de l’argent sans réelle pression, les forces de l’ordre se montrant très permissives sauf en cas de collision directe. La nuit, en revanche, annonce clairement la couleur et devient le moment dédié à la prise de risque et au gain de réputation.
Après certaines courses nocturnes, les poursuites sont presque inévitables. Les premiers niveaux restent gérables, mais dès le niveau 4 (sur 5) les chances de fuite chutent drastiquement. Il faut alors jouer prudemment, éviter de faire monter le niveau de recherche trop haut et gérer les dégâts, d’autant plus que les réparations sont limitées à trois passages en station-service.
On peut regretter l’absence de mécaniques plus spectaculaires comme le slow motion ou les pièges, ainsi que l’impact assez faible des bonus de pièces défensives. En revanche, les tremplins, surtout près de l’eau, restent une solution étonnamment efficace pour semer les flics.
Contrairement à Payback, qui imposait un véhicule spécifique pour chaque type d’épreuve (course, drift, tout-terrain, drag…), Heat adopte une approche plus subtile. Un système de points sur un quadrillage indique le comportement global de votre voiture. Une configuration "route" permet par exemple de concilier course et drift, tandis qu’un réglage intermédiaire entre tout-terrain et course se rapproche d’un comportement de type rallye, idéalement 4RM.
Pour le drift, le principe est simple : en entrant dans un virage, on relâche l’accélérateur, on braque dans la direction voulue, puis on réaccélère. L’arrière décroche alors naturellement ; il suffit de contrebraquer pour maintenir la glisse et gérer le drift, façon Takumi avec son AE86. Pour ce type d’épreuve, les voitures à propulsion restent les plus efficaces.
Non seulement chaque voiture adopte un comportement différent selon sa motricité, mais chacune d’elles peut aussi réagir très différemment en fonction des pièces équipées. Le plaisir de dépasser ses adversaires en driftant dans les virages en pleine course est bien réel.
Côté son, le jeu fait le travail, aussi bien pour les bruitages moteur que pour la musique. La bande-son propose près de 80 pistes, mais l’absence de playlist personnalisable oblige à changer régulièrement de morceau. Heureusement, certaines musiques sortent du lot.
+ Tuning visuel et performances au top
+ Conduite intéressante et plus souple
+ Contours des circuits mieux définis
+ Retour de la pluie
- IA parfois tricheuse…
- Absence de véritables crashes pour les flics
- Agressivité des flics des le niveau 3
- Plus de cycle jour/nuit classique