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Better call Souls
Pour une version illustrée et disposant d'une meilleure mise en page, c'est par ici :...
le 19 févr. 2017
Nioh raconte l'histoire de William, un marin occidental qui débarque dans un Japon en pleine guerre civile, mêlant événements historiques et folklore japonais, à la poursuite d'un alchimiste et confronté à des créatures surnaturelles.
Sur le papier, Nioh est un jeu extrêmement riche. Plusieurs stances (basse, moyenne, haute), plusieurs types d'armes( epée, double epée, hache,lance...) des builds variés, un arsenal de gadgets : talismans pour imbuer son arme d'éléments, rouleaux permettant de revenir à la vie, sorts pour ralentir les ennemis, le tout alimenté par un arbre de compétences très (trop ?) vaste. Tout est là pour offrir une grande liberté au joueur.
Mais en pratique, tout devient très vite factice.
Très rapidement, on trouve une arme de prédilection et on ne la lâche plus. Les stances, qui semblent complexes au départ, se simplifient : la stance basse sert pour certains ennemis, la stance moyenne est utile 99 % du temps, et la stance haute devient anecdotique. Le jeu donne l'illusion du choix, mais pousse naturellement à l'optimisation.
Même constat pour les outils : les talismans et objets sont rechargeables, donc il n'y a aucune gêne à les utiliser. Résultat, au lieu d'ajouter de la profondeur, ils deviennent des solutions évidentes. Le joueur, s'il veut être efficace, va utiliser ce qui marche le mieux et réduire lui-même la variété du gameplay.
Nioh est comme beaucoup de jeux de son acabit : le genre de jeu où plus tu comprends ses systèmes, plus tu simplifies ton expérience.
Côté histoire, il y a quelque chose d'intéressant : le jeu mêle éléments historiques et éléments fictifs japonais (notamment les yokai), mais à condition d'avoir le bagage. Il s'appuie fortement sur l'histoire japonaise et ses légendes (comme celle de Benkei, le moine guerrier gardant un pont), mais ne fait absolument aucun effort pour accompagner le joueur. Sans contexte, beaucoup d'événements et de personnages passent complètement à côté.
Pire encore, le lore est caché derrière des pages d'informations qui se débloquent après avoir battu plusieurs fois certains boss. Résultat : des figures comme l'ogresse ou le Giant Toad restent opaques lors de la première rencontre.
Et c'est dommage, parce que certains personnages ont un vrai potentiel : Tokugawa Ieyasu sacrifiant sa famille pour se vouer corps et âme à Oda Nobunaga, sa fille Okatsu qui s'enfuit et hait les samouraïs, ou encore le last stand de Torii Mototada et son armée de 2 300 hommes face à 40 000, qui donne à son personnage une forme de rédemption. Et au milieu de tout ça, notre personnage fait tache dans le décor.
Autant je comprends l'idée de placer un étranger au milieu de ce conflit : William nous symbolise, il découvre ce monde comme nous le découvrons. Mais le jeu ne fait vraiment aucun effort pour contextualiser tout ça. Toutes les batailles que vous traversez sont des batailles historiques, et c'est uniquement en faisant vos propres recherches que vous comprendrez la richesse de ce que le jeu effleure.
Le world design suit cette même logique étrange. Le jeu propose une bonne variété d'ennemis, mais concentre souvent les nouveautés dans un seul niveau avant de les recycler pendant les dix suivants. Et surtout, il introduit régulièrement ses nouveaux ennemis dans des missions secondaires avant leur apparition "officielle" dans l'histoire principale, ce que je ne peux pas comprendre.
Enfin, côté boss, difficile de retenir un moment marquant. Aucun combat ne donne réellement envie d'entrer dans une arène. Aucun ne vous fera rentrer dans cette zone que ce type de jeu cherche à atteindre. Rien qui rappelle un Lu Bu dans Wo Long: Fallen Dynasty (pour citer un jeu du même studio) ou un Isshin dans Sekiro: Shadows Die Twice (pour citer un autre jeu de samouraï). Les affrontements sont corrects, mais rarement mémorables.
À cela s'ajoute un problème constant : les ennemis peuvent vous one-shot très régulièrement, ce qui rend l'expérience plus frustrante que stimulante et c'est qui vous pousse à optimiser votre façon de jouer, comme expliqué plus haut.
Le jeu a aussi un système de loot honnêtement anecdotique lors de votre première run : il suffit de mettre l'équipement le plus fort, étant donné qu'il est impossible de réellement se faire un build avant d'avoir atteint le niveau maximal des équipements, ce qui demande de passer par le NG+.
Au final, Nioh, à l'instar d'énormément de jeux du même genre, révèle quelque chose de paradoxal : il donne énormément de liberté au joueur, mais cette liberté mène naturellement à une optimisation qui appauvrit l'expérience. Le jeu ne vous empêche jamais de réduire votre fun mais et en tant que joueur, je vais souvent choisir l’efficacité plutôt que le plaisir.
Créée
le 5 mai 2026
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