Nioh 3
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Nioh 3

Jeu de Koei Tecmo Games et Team Ninja (2026 · PlayStation 5)

En faisant le choix de l’open world (ou plutôt des « petits » open worlds pour être exact) la Team Ninja offre à sa série Nioh l’aération dont elle avait bien besoin. Exit donc la construction en niveau couloir avec son boss au bout et bonjour l’exploration libre. Pourtant si on l’analyse de façon pragmatique cet open world n’est ni plus ni moins qu’un monde à la Ubisoft. Des activités en tout genre réparties aux quatre coins de l’espace de jeu comme autant d’icones sur la carte du monde. Enfin en tout genre c’est assez relatif puisqu’au final qu’il s’agisse de purger un petit purgatoire, vider un camp ou affronter un ennemi puissant on en revient toujours à découper du Yokaï.

Et pourtant… ça marche à un point que l’on n’attendait probablement pas.


Une des raisons de cette réussite c’est que ces activités sont dosées et espacées intelligemment. Un camp ce n’est pas 30 ennemis cons comme leurs pieds et un gros bill encore plus con à la fin. (ça marche comme ça chez les cons, c’est celui qui l’est le plus qui est le chef, regardez votre supérieur au boulot par exemple). Non un camp c’est 6-10 ennemis max. Sauf qu'avec le gameplay nerveux inhérent à Nioh ça se fait vite. On déniche les kodamas, les coffres et on repart en courant à toute vitesse comme un gamin qui vient de s'avaler une boite entière de cookies. Une fois la portion de map suffisamment explorée, hop, tout les collectibles y apparaissent. Ainsi le joueur completiste peut calmer son fomo (fear of missing out / peur de louper quelque chose) et faire son marché l'esprit serein. Quant aux autres ils peuvent tracer jusqu'au prochain objectif principal sans soucis. La preuve au final qu’un monde à la Ubi ce n’est pas mauvais par nature et que ça peut marcher si le gameplay est challengeant et que le remplissage est mis par pincée plutôt que par citerne entières. Tout est fluide et il y a un flow dans le gameplay incroyablement maitrisé, on virevolte d'une activité à l'autre sans temps mort. Un modèle à suivre vraiment.


Au delà de ce que l’on y fait, le simple fait de s’y déplacer est incroyablement agréable. Un saut a été ajouté offrant plus de souplesse, les dégâts de chutes sont toujours de la partie mais moins punitifs, le personnage acquiert rapidement un « naruto run » qui le fait tracer à toute vitesse… Tout est plaisant dans la prise en main et ça joue beaucoup dans ce feeling ultra grisant qui fait que l’on ratisse les cartes de façon hypnotique.


Aucune lourdeur, une exploration qui coule toute seule, parfois un bon gros boss qui va demander quelques try… Et au final on a bien du mal à s’arrêter de jouer (97% des trophées à l’heure où j’écris ces lignes, je me garde le NG+ pour dans quelques semaines !).


Si vous vous êtes déjà frotté à la série vous en avez peut être quelques uns en mémoire de ces boss qui pouvaient parfois être sacrément retors. Sachez que Nioh 3 est le plus accessible de la saga et qu’à aucun moment un boss ne m’a bloqué bien longtemps. J’en ai même battu quelques uns du premier essai. J’ai certes beaucoup joué aux anciens mais malgré tout celui-ci m’apparait vraiment plus doux dans sa courbe de difficulté. Par contre, en solo, l’exigence reste malgré tout de la partie. Le jeu demande quoi qu’il arrive de l’apprentissage de patterns, de la prudence et certain boss sont des « boss étapes » qui viennent valider les acquis. Mais eh, est ce que c'est pas pour ça qu’on vient aussi ?


Ce qui est amusant c’est qu’il y a deux Nioh 3. Il y a celui qu’on fait en solo et qui demande effectivement de bien bosser son jeu, de ramer à certains moments. Je ne qualifierai pas le jeu de souls like juste à cause de son exigence d’autant qu’il n’en est pas vraiment un à mon sens. On sent que la team Ninja s’inspire de From software mais leur propre adn prend le dessus sur les influences selon moi. Ici on est clairement sur le Nioh qui s’inspire d'Elden Ring, le travail sur les panoramas quand on arrive dans une nouvelle zone le démontre aisément. Tout ça pour dire que oui, un Nioh en solo c’est une expérience exigeante par nature et plutôt conseillée aux gens qui veulent en chier un minimum.


Puis il y a l’autre Nioh, quand on joue en multi et qui délaisse totalement son aridité pour devenir un hack n slash décomplexé et presque trivial. J’avais pas mal squatté la démo en attendant la sorti du jeu complet et j’avais donc joué en ligne pour aider les autres. Et c’est fou à quel point l’expérience n’a RIEN à voir. On court dans tout les sens en bourrinant tout ce que l’on aperçoit quitte à ce que la lisibilité en prenne un vilain coup. Les boss meurent en deux minutes dans un tourbillon de loot multicolore (j’y reviendrai sur ce fameux loot…). Bref c’est Diablo ou Borderlands sauce nippone.


Une des nouveautés de cet épisode c’est la possibilité d’alterner entre deux modes de combats : le mode samouraï et le mode ninja. Disons que le mode Samouraï s’apparente au gameplay des anciens Nioh avec la récupération de Ki (d’endurance) entre deux combos, les différentes postures et un style de combat plus ancrés au sol. Le mode Ninja est bien plus nerveux, basé sur le déplacement, l’esquive et la récupération rapide d’endurance. J’ai opté en grande majorité pour ce dernier afin de l’expérimenter, sortir de ma zone de confort et c’est absolument jouissif. Le désavantage c’est que l’on encaisse moins bien les dégâts et que pour être pleinement létal il faut réussir à se placer dans le dos des adversaires afin de tripler les dommages infligés.


Au pays de la charge cognitive, Nioh est roi car c’est un véritable empilement de systèmes qui vient vous assaillir de toute part. Autant le dire tout de suite, il est tout à fait possible de s’en foutre et de jouer simplement entre attaque forte, faible, esquive et un équipement de bon niveau. Mais si vous êtes comme moi, du genre à vous pencher sur la moindre virgule statistique afin de l’optimiser la c’est quasi sans fin. Entre les techniques Ninjutsu, la magie Onmyo, les différentes postures de combats, les coups différents et paramétrables, les noyaux d’âmes, les bénédictions de Kodama, de Jizo, les esprits protecteurs, les titres et leurs récompenses, les bonus de sets, les stats d’équipements, les techniques passives, les techniques d’esprits, les transformations ultimes, les arbres de compétences, les doubles sets d’armes, la forge… Il y a de quoi faire ! Alors j’imagine que dit comme ça c’est absolument repoussant mais dans la pratique je pense que le jeu nous amène naturellement à s’y pencher quand on se sent prêt.


Parmi les quelques défauts à souligner il y a l’aspect recyclage très très prononcé. 80% du bestiaire environ est celui des anciens épisodes. Les nouveautés étant les boss principaux et quelques rares créatures (et encore je pense même que certaines étaient en fait dans les extensions de Nioh 2 mais la mémoire me fait défaut). Pour vous dire le niveau de recyclage est tel qu’un boss de Nioh 2 a été repris à l’identique avec son arène et sa scène cinématique… Si c’est votre premier Nioh cela ne vous choquera pas évidemment. Mais pour les fans hardcore dont je fais parti, le coté best of se fait pas mal sentir. Je pense même que des morceaux de maps ont été repris des anciens également pour être posé dans l’open world et habillé autour. Rien d’énorme mais j’ai reconnu certains trajets…


La durée du jeu fait qu’on finit par connaitre par cœur tout ces adversaires puisqu’on les tue par dizaines tout le long de l’aventure. La team Ninja étant ce qu’elle est on échappe pas non plus aux redites du genre « cet ancien boss devient un trash mob posé sur la map » ou encore la dernière mission « boss rush ». Quelques écueils faisant montre d’un budget serré et d’une attention portée sur l’espace de jeu nouvellement acquis plutôt que vers la nouveauté. Il faut dire que Nioh 2 était déjà sacrément solide d’un point de vu gameplay et que beaucoup des mécaniques présentes avaient été introduites sur cet épisode.


Enfin le loot infini est toujours de la partie mais il y a des options afin de le ramasser automatiquement et aussi d’envoyer les objets de qualité inférieure soit à la revente, au recyclage etc… Personnellement je n’ai gardé que les objets bleus et violets jusqu’à la fin puis une fois le jeu fini (et les équipements verts / célestes déverrouillés) j’ai aussi automatisé la suppression des bleus.


Le meilleur épisode donc ? Oui indéniablement. Il parait désormais évident que la formule avait besoin de cette ouverture pour s’épanouir pleinement. Nioh 3 est une orfèvrerie pour quiconque souhaiterait s’y donner à fond tant on peut paramétrer son gameplay à la virgule prêt. C’est aussi le jeu des combinaisons de touches dans tout les sens et où l’on se trompe encore 30h plus tard tant cela demande une mémoire musculaire énervée. Mais c’est surtout le jeu de l’équilibre enfin trouvé après des tentatives plus ou moins réussies (Wo Long que je n’ai pas aimé et Rise of the Ronin que j’ai gentiment zappé). Une difficulté plus douce sans céder l’exigence pour autant. Un contenu généreux assez bien distillé pour éviter la redondance ou l’ennuie (hein les Ghost of…). Des boss hyper cool aux patterns globalement lisibles. Des options dans tout les sens pour fluidifier son jeu. Il y a fort à parier que je vais craquer pour le season pass afin d’avoir un peu de rab dans quelques mois et retrouver des défis débilement difficiles comme le veut la tradition.


Nioh 3 est le jeu synthèse de la Team Ninja et déjà un des grands jeu de 2026.


Joo-Hwan
8
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Cet utilisateur l'a également mis dans ses coups de cœur et l'a ajouté à ses listes Le JJJ (Journal Jeu vidéo de Joo-Hwan) et Attentes vidéoludiques 2026

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le 18 févr. 2026

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Joo-Hwan

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