Malgré les apparences, Pragmata n'est pas un AAA visant à tout péter mais un jeu plutôt modeste, cours, avec un gameplay très original mais qui ne plaira pas à tout le monde.
Le jeu est un TPS science-fiction relativement lourd où le but est de hacker des groupes de robots et de les temporiser, de fait les arènes sont plutôt petites, les munitions limitées et les ennemis patauds et lents.
C'est donc... mou ?
Et bien pas du tout ! Car même si l'action en elle-même n'est pas frénétique, le nombre de micro-actions à prendre à la seconde est assez impressionnant et vous fera surchauffer la cervelle. Viser, tirer, sauter, esquiver, hacker, switcher d'arme, re-esquiver, hacker à nouveau, Pragmata est intense et singulier.
La structure du jeu est plus classique que son gameplay, pour barbariser, c'est un Dark Souls mais sans mort punitive : entendez par là des checkpoint à activer servant de point de téléportation, des medikit limités qui se rechargent, des gros boss à pattern, des parades parfaites, des zones semi ouvertes reliés entre elles par des couloirs, les ennemis qui réapparaissent entre chaque allez-retour de façon diégétique etc, etc, à force on connais la formule.
Mais que raconte ce Pragmata ? En vérité, et c'est la principale faiblesse du jeu : pas grand chose.
Vous êtes un ersatz de Isaac Clark de Dead Space, envoyé sur la Lune pour réparer des trucs, les robots de la colonie sont devenus fou et il faut rentrer. Basta.
Très peu de cinématique, une écriture sans aucune surprise, on devine la fin et les twist au bout de 1h de jeu, et Diana, la petite android chargée de hacker les ennemis... bien qu'elle soit mignonne... bah c'est juste une petite fille mignonne qui fait des trucs mignons (et qui parle un peu trop pour ne rien dire). Pragmata essaie de mettre l’emphase sur la relation entre Hugh et Diana, mais c'est plutôt superficiel et convenu, non pas que l'exercice est raté, mais ça ne va jamais au bout des choses, leurs relation se développe majoritairement dans du blabla un peu niais pendant l'exploration. D'ailleurs on abordera jamais, pas une seconde, la question de l'IA ou de l'humanité (potentielle) de Diana de tout le jeu... si elle est spéciale ou pas.
Là où j'ai été vraiment déçu par contre c'est avec le refuge (notre "campement" pour améliorer nos armes, nos équipement et entreposer des jouets pour Diana) puisqu'on aurait pu le remplacer par un simple menu tant il est peu exploité voir pas du tout.
Alors okay la musique est reposante, au début on est content de ramasser des merdes pour que Diana puisse jouer, mais ça n'a aucun impact. Comprenez par-là que lui trouver une balançoire ou une peluche ne va pas débloquer une cinématique ou un dialogue profond, que jouer à cache-cache ne permet pas non plus de faire monter une jauge de confiance ou d'en apprendre plus sur elle ou l'univers du jeu, au mieux vous gagnez un dessin (super) avec un "regarde j'ai fait ça pour toi", ou un jeton à donner à un chatbot pour débloquer un skin ou 5 lignes de lore dont on se branle dans les archives.
Donc finalement ce refuge, ce havre, c'est un hub, juste un hub, et pour une fois j'aurai adoré un système de "housing" pour personnaliser le refuge et que l'IA de Diana réagisse en fonction de ce que l'on fait.
Mais comme je l'ai dit en intro : Pragmata est un jeu peu ambitieux à 50€, très cours (25h pour le 100%), à l'écriture modeste et dont l’intérêt réside surtout et avant tout dans son gameplay beaucoup plus riche et complexe qu'il en a l'air. Et visuellement sans être une énorme claque avec une D.A jamais vu, il est vraiment jolie et propose des environnements surprenants (même si invariablement ça fini par se répéter vu le lieu et le contexte du jeu)
On passe un bon moment en compagnie du duo, la fin (sans spoil) est touchante, et l'aspect résolument arcade du jeu m'a rappelé les (bons) jeux de l'ère PS2, il y a quelque chose de retro dans Pragmata que j'aurai du mal à expliquer. L'expérience est courte, mais on en aurai pas voulu davantage, le jeu offre beaucoup, avec peu.
Conclusion : si vous cherchez un jeu au gameplay original typé arcade avec une histoire simple, sautez dessus, mais si vous vous attendez à un long space opéra avec des dialogues métaphysique ou une histoire touchante superbement bien écrite sur la paternité, passez votre chemin ce n'est pas le propos du jeu.