Primordia dépeint un lointain futur de rêves brisés et de terres dévastées où diverses générations de machines tentent de subsister. L’énergie et les pièces détachées se font rares, et ce n’est donc pas une surprise si le début de l’aventure s’amorce sur un vol de noyau d’énergie.
Le duo formé par Horatio et Crispin, le sidekick conscient de son rôle, fonctionne à merveille et l’écriture comme le doublage accompagne parfaitement ces deux comparses qui vont devoir quitter leur épave et se rendre dans la gueule du loup pour récupérer ce dont ils ont besoin.
Les énigmes ne sont pas toutes évidentes mais on progresse relativement bien dans ce petit jeu d’aventure, qui se termine typiquement en un peu moins d’une dizaine d’heures. Courte mais dense, l’aventure s’achève en proposant plusieurs fins et sa qualité d’écriture est excellente, et aborde de nombreux sujets philosophiques et moraux que l’on pourrait trouver dans une société de machines qui chercheraient une raison à leur existence, la nature de leur créateur, ou tout simplement, des thèmes que l’on retrouverait dans une société post-apocalyptique, comme la question de la répartition des ressources et du bien commun.
Que dire de la direction artistique, si ce n’est qu’elle dépeint parfaitement ce désert radioactif, crasseux et mort arpenté par une poignée de vagabonds rouillés et déglingués, au gré d’une trame sonore qui sait être mélancolique, pesante ou pleine d’espoir.
A quand une suite ?