Race Driver GRID est un jeu de course orienté arcade avec quelques options de simulation très bien équilibrées qui rendent l'expérience de jeu tout à fait convaincante pour un large public qui cherche à la fois un jeu immédiat mais avec une bonne marge de progression, le tout dans un jeu techniquement réussi (sauf peut-être quelques étranges bruits de collisions, comme si l'on avait cassé un verre).
Le plus grand attrait est bien évidemment le mode carrière, ici appelé "Monde de GRID", où le joueur est à la fois pilote et directeur d'une écurie à son nom... mais aussi à ses couleurs (qu'il faut choisir pour son véhicule, via un excellent éditeur de motifs). Un léger aspect de gestion s'entrelace avec une progression de type RPG, rendu célèbre par la série Gran Turismo. Et malgré de beaux atours, c'est ce point capital qui fait défaut.
En effet, même en obtenant des résultats moyens, il est presque impossible de ne pas réussir à progresser dans le classement. Les premiers pilotes mondiaux atteignent entre trois à quatre millions de points de réputation et n'évoluent presque jamais le long des saisons, ou si peu. Ainsi, le joueur progressera dans le tableau mondial à chaque saison, le rapprochant inexorablement de la première place. Le nombre de points définitivement attribués au joueur (ce qui n'est pas le cas des autres pilotes !) lui assure une place toujours quasiment solidement acquise même lors d'une saison blanche. Une fois arrivé au circuit mondial, il lui suffit de gagner deux ou trois championnats pour s'assurer la place de premier pilote mondial. Pire encore, le joueur, le seul pilote à vraiment évoluer, pourra même rapidement obtenir le double des points du deuxième pilote mondial qui ne le rattrapera jamais.
On pourrait nous rétorquer assez légitimement qu'il suffit de changer le niveau de difficulté pour palier au problème. En vérité, les points d'expérience évoluent en fonction de la difficulté choisie. Conduire en mode extrême – le mode le plus difficile – donnera au joueur beaucoup plus de points de réputation même s'il ne parvient pas à être premier à toutes les courses (le jeu n'est par ailleurs pas insurmontable). Ainsi, la progression du joueur est sans entraves puisque compensée par le rééquilibrage selon la difficulté.
Une fois démasqué cette astuce, difficile de se sentir concerné par un jeu réalisé pour vous mettre automatiquement, et quoiqu'il arrive (et même contre votre gré), à la première place des meilleurs pilotes.