Ready or Not
7.5
Ready or Not

Jeu de VOID Interactive (2023 · PC)

Après environ quarante heures de bons et loyaux services, je rends mon arme et ma plaque de force spéciale à ma hiérarchie. Ready or Not (2023) fut une expérience bien plus passionnante et agréable que je ne l’imaginais au départ. J’ai acheté le jeu parce que des amis voulaient l’essayer en coopération, pour finalement le terminer presque entièrement en solo, avec la quasi-totalité des DLC (sauf Boiling Point Release, sorti en mars 2026), en visant systématiquement le rang A en difficulté standard. Afin de ne pas m’éterniser sur des considérations annexes, voici un bilan des aspects positifs et négatifs du titre de VOID Interactive. À vos boucliers balistiques !

Points positifs :

- L’immersion : elle passe par une tonne de détails soignés comme les animations, le son, le matériel et différents équipements à votre disposition, le commissariat et son ambiance centralisant les différents menus et modes de jeu, etc. VOID Interactive ne cherche pas à rentrer dans le spectaculaire hollywoodien mais est davantage dans la recherche d’une vraisemblance du quotidien des forces spéciales. On a vraiment le sentiment de partager une expérience plausible du quotidien des forces de police.

- La diversité des missions et des situations : Sans doute le plus gros point fort du jeu. J’ai particulièrement apprécié la variété des décors et des mises en scène, qu’il s’agisse de sauver des civils ou d’éliminer des menaces terroristes. Ce n’est pas que cosmétique puisque certaines missions vous obligeront à changer totalement votre inventaire si vous désirez obtenir les meilleures notations : passer d’une protection légère à lourde, ou d’armes léthales à non léthales par exemple.

- Les thématiques abordées : Au travers des briefings et en observant la narration environnementale des lieux, vous comprendrez rapidement que VOID Interactive ont osé aborder des sujets très sombres, très matures mais ô combien réels dans le monde de la criminalité organisée : prostitution, pédophilie, terrorisme, éco-terrorisme, trafic de drogue, secte, corruption politique, braquage… Attention, certaines missions, par leur ambiance et leur mise en scène, glacent le sang. Pour être honnête, je n’ai jamais vu ces sujets traités aussi franchement ailleurs que dans Ready or Not.

- L’imprévisibilité et l’intelligence de l’IA : les ennemis peuvent surprendre et ne pas réagir comme on l’attendrait. Il est possible de crier des ordres aux suspects pour les dissuader de commettre l’irréparable, mais ils agissent parfois de manière inattendue, ce qui renforce la tension. L’IA n’est pas parfaite, loin de là, mais elle reste globalement correcte. Combien de fois suis-je mort à cause d’un ennemi embusqué dans une pièce que je croyais vide ?

- Le système de commandement : j’ai adoré cette fonctionnalité consistant à diriger son escouade de quatre soldats (deux binômes). Il est possible de leur faire faire une belle panoplie d’actions et de rester en retrait pour assurer les arrières ou donner de la force de frappe : ouvrir les portes, regarder sous les portes avec un miroir, désamorcer des pièges, lancer des grenades utilitaires, enfoncer les portes, investir une pièce et neutraliser les cibles, avancer en colonne derrière un bouclier anti balistique, surveiller une zone, etc. La maniabilité en vue FPS est fluide, contrairement à ce que l’on pourrait craindre. J’ai tellement apprécié cette façon de jouer que j’ai parcouru la quasi-totalité du jeu légèrement en retrait, en donnant des consignes à mes coéquipiers. Sachez qu’il est possible de jouer comme un FPS classique en allant tout droit et en essayant de tout tuer mais vous aurez souvent les pires notes, des alliés aux fraises ne comprenant pas ce qu’il se passe et surtout, un nombre élevé de morts, tant chez vous que chez les otages.

- Difficulté au rendez-vous : Grand amateur de jeux FPS que ce soit solo et multijoueurs, j’ai vraiment trouvé mon compte sur Ready or Not. La moindre erreur peut s’avérer fatale, les ennemis en standard ou difficile ne vous feront aucun cadeau. Pour obtenir le rang A ou S sur certaines missions, il vous faudra exécuter une opération quasi parfaite, ne jamais céder à la facilité, toujours prendre le temps de nettoyer chaque pièce en avançant méthodiquement.

- Générosité du contenu : Je place cet aspect un peu au milieu de tout simplement pour évoquer la grande générosité des développeurs. Pour 50 €, sans les DLC, le jeu offre déjà une vingtaine de missions variées, une profusion d’équipements, d’armes et d’utilitaires, ainsi que de nombreuses options de personnalisation pour votre opérateur et vos coéquipiers.

- Bonne rejouabilité et multijoueurs : Tout est dit, les adversaires et la plupart des objectifs ne sont jamais positionnés au-même endroit lorsque vous recommencez une mission. Vous ne pouvez pas dérouler la mission en anticipant le positionnement des ennemis. Le mode coopération offre une dimension différente, plus orientée FPS pur que stratégique.


Points négatifs :

- L’IA des équipiers : Si globalement l’IA générale est satisfaisante et au-dessus de la moyenne du genre FPS, je trouve que dans certaines situations nos alliés font vraiment n’importe quoi et agissent de manière absurde. Je pense notamment aux ordres de nettoyage d’une zone ouverte où ils peuvent traverser une grande surface en allant tout droit, au milieu, sans vérifier aux abords les dangers éventuels. Ils peuvent parfois ne plus obéir aux consignes et rester figés quelque part sans raison apparente. Ils engagent des combats à leur défaveur, hors couverture, au milieu de plusieurs ennemis. Ils peuvent rentrer à reculons dans une pièce, ils ne couvrent pas les angles ou fenêtres devant lesquels ils passent. En milieu fermé, petites salles, couloirs, en intérieur de manière générale, ça va, ça peut aller mais dès qu’on commence à les diriger dans des grandes zones avec des étages et/ou beaucoup d’ouvertures, l’IA alliées montre ses limites. J’ajouterai qu’ils n’utilisent aucun utilitaire par eux-mêmes (grenade percutante ou aveuglante). C’est dommage.

- L’aspect psychologique : P Peu exploité malgré plusieurs éléments qui pouvaient l’évoquer. Les policiers sont fortement impactés par leur métier (stress, tensions, scènes traumatisantes). On regrette que le psychologue du commissariat et les affiches de sensibilisation restent des éléments décoratifs sans véritable mise en scène.

- Recrutement et gestion du stress : Au final cet élément de gameplay « RPG » consistant à recruter des coéquipiers dans son escouade en fonction de compétences spécifiques est intéressant mais superficiel. Idem pour la gestion du stress ou des morts, on change un matricule par un autre sans conséquence réelle. C’est une bonne idée sur le papier mais mal exploitée selon moi.

- Précision du gameplay : Le sentiment parfois d’infliger des dégâts aux ennemis mais ne pas voir l’impact sur eux. Certains tomberont après une ou deux balles, d’autres après un chargeur. Dès fois, la localisation n’est pas bonne. On tire dans les jambes et les balles passent au travers.


En conclusion, après près de quarante heures de service, Ready or Not m’a laissé une impression globalement positive. Le jeu excelle dans son immersion, sa variété de situations et son audace thématique, offrant une expérience rare qui ose montrer le quotidien des forces spéciales sans fard ni glamour hollywoodien. Le système de commandement est particulièrement réussi et la difficulté est au rendez-vous pour ceux qui aiment les défis. Cependant, on regrettera l’IA bancale des équipiers, l’aspect psychologique sous-exploité et le gameplay, bien que solide, manque parfois de précision et de finition. VOID Interactive a créé un titre ambitieux et courageux, mais qui n’atteint pas encore l’excellence qu’il frôle par moments. Malgré ses défauts, Ready or Not reste l’un des meilleurs jeux de simulation tactique actuelle, surtout pour ceux qui apprécient l’approche réaliste et mature du sujet. Je le recommande volontiers, avec la réserve qu’il demande un certain investissement et une bonne dose de patience.

silaxe
8
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le 4 avr. 2026

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