Reanimal débarque comme une bouffée d'air frais dans un paysage vidéoludique parfois trop balisé. Développé par Tarsier Studios, à qui l'on doit les deux premiers Little Nightmares, le jeu n'a pas cherché bien loin sa feuille de route : mêmes mécaniques d'infiltration et de plateforme, même ambiance poisseuse, mêmes silhouettes d'enfants perdus dans un monde qui les écrase. En clair, c'est un Little Nightmares 3 qui n'ose pas dire son nom, surtout depuis que Supermassive Games s'est chargé d'en faire le vrai troisième opus.
Mais difficile de bouder son plaisir. La direction artistique est ce que le jeu a de plus précieux : chaque environnement traversé, de l'usine abandonnée à la forêt brumeuse, possède une identité propre, aussi oppressante qu'inventive. On arpente ces biomes les yeux écarquillés, même si l'on ne comprend pas toujours ce qu'il s'y passe. Et c'est précisément le propos : Reanimal n'a pas envie qu'on comprenne, il veut qu'on ressente. Le scénario reste volontairement cryptique, la narration passe par les corps, les décors et le sound design, et cela fait largement le travail.
L'ambiance et le gameplay sont les deux piliers qui portent l'ensemble, et à eux deux ils suffisent amplement à justifier l'achat. En coop locale à deux, l'expérience prend encore une autre saveur : partager la peur, c'est finalement la meilleure façon de l'apprivoiser.
Un excellent jeu d'horreur atmosphérique, pour peu qu'on accepte de se laisser hanter sans tout vouloir comprendre.