Il y a des films dont on sort la tête encore pleine, la nuque encore froide. Obsession est de ceux-là. Cette tension sourde qui s'installe dans la salle et refuse de vous quitter une fois dehors, je l'avais rarement ressentie aussi nettement.
Tout commence presque tendrement : un jeune homme épris d'une femme à qui il n'ose pas avouer ses sentiments. Un amour maladroit, silencieux, condamné. Jusqu'au soir où, acculé par sa propre lâcheté, il ouvre une porte qu'il n'aurait jamais dû approcher. Il fait un vœu : qu'elle l'aime, corps et âme, plus que tout. Et le film, implacable, le lui accorde.
Ce qui suit est un cocktail étrange et parfaitement dosé, crainte, glauque assumé, humour noir, romantisme tordu, violence sèche. Barker jongle entre ces registres avec une aisance déconcertante, sans jamais perdre le fil ni la cohérence de son récit. La mise en scène est précise, la photographie simple mais généreuse en beaux plans, et l'ambiance sonore fait un travail remarquable : chaque scène reçoit exactement la dose d'horreur qu'il lui faut pour vous maintenir en alerte.
Les personnages sont bien écrits, mais ce sont les acteurs qui leur donnent toute leur chair. Inde Navarette, en particulier, est bouleversante de justesse. On y croit à chaque instant, sans réserve.
La tension monte lentement, patiemment, crescendo. Et il y a ce jump scare, celui qu'on attend, qu'on croit attendre, qui ne vient pas quand on le suppose. C'est du grand art du genre.
Une légère réserve toutefois : quelques scènes se ressemblent un peu trop, et cette répétition dilue par endroits une efficacité qui aurait gagné à rester intacte.
Mais si vous cherchez un film qui vous prend aux tripes, de l'adrénaline, de la peur, du malaise, un rire nerveux échappé malgré vous, foncez. Sans hésiter.