Si l'exercice périlleux de comparer les deux softs en les replaçant chacun dans leur contexte ne ferait pas honneur à ce remake, fort est de constater que cette revisite de l'un des membres de la génération dorée "1998" fait le café, malgré quelques choix (et non choix) particulièrement discutables des dév.
A commencer par ce redesign de Claire, qui semble démontrer que même en 2019, une héroïne de JV se doit de coller aux prétendus canons de beauté de son temps. Niveau gameplay ensuite, on ne tombe ni dans la lourdeur caricaturale de RE5 ni dans la nervosité jouissive d'un The Last of Us 2 : ça fait le taf sans jamais être ni transcendant, ni trop énervant.
Revisiter RE2 en 3D temps réel était le service minimum attendu et Capcom a livré un travail souvent remarquable, parfois impressionnant. On prend beaucoup de plaisir par moment, ayant vraiment l'impression que le moteur maison de l'éditeur parvient à donner vie à ces écrans de "vraie fausse 3D" de 1998. Même si, hommage sans doute, le fameux RE Engine reste particulièrement statique, donnant parfois l'impression de déambuler dans des décors de cinéma figés où tout serait en plastique brillant, et le moindre élément collé au mur ou au sol.
Niveau level design, pas mal de liberté ont été prises, sans que cela ne semble dénaturer le jeu original ni le transcender. Le scénario, les dialogues et les cutscenes ont été en revanche réécrits de A à Z et ça fonctionne... à moitié... comme si le côté série B parfois involontaire de l'original collait bien mieux avec son moteur d'origine.
Surtout, et le gros manque du jeu vient de là, ces principales incohérences n'ont pas été corrigées. On a toujours de grosses redites entre le scénario A et B et la cohérence temporelle des scénarios de Claire et Léon est toujours digne des 5 minutes avant l'explosion de Namek de Freezer dans Dragon Ball. Surtout à la fin du jeu, lorsque des perso clé semblent mourir deux fois et que le décalage du déclenchement de la classique auto-destruction entre les deux scénar' mette à mal les suspension d'incrédulité les plus tenaces.
Dommage aussi qu'il faille attendre le scénario B pour que le jeu parvienne à réellement nous mettre en danger et face à un survival, au prix de quelques frustrations tout de même, les affrontements ne baignant pas dans une précision irréprochable (spéciale dédicace à notre Hitbox souvent variable)
Le divertissement reste honorable, mais on ne peut s'empêcher de penser que cette revisite aurait pu offrir tellement plus. Déambuler à nouveau dans ce commissariat fait plaisir, même si des énigmes ont disparu, que les nouvelles restent au niveau des anciennes (et c'est pas un compliment) et que le tout manque clairement de parti-pris et de choix audacieux. Le petit frisson nostalgique fonctionne tout de même, et les plus cyniques nous rappelleront que c'était le minimum attendu.
Capcom, merci quand même ?
Mini critique initialement publiée sur mon compte Steam