Il faut préciser avant toute chose que Resident Evil 3: Nemesis n’a jamais été pensé pour être le troisième épisode de la saga. Ce rôle devait initialement revenir à Code Veronica, prévu sur Dreamcast. Mais le développement de ce dernier prenant du retard, et Capcom souhaitant battre le fer tant qu’il est chaud après le succès du deuxième opus, l’éditeur décida de promouvoir Nemesis en tant que troisième épisode officiel. Avec ces informations en tête, on comprend mieux pourquoi cet opus recycle de nombreux éléments de son prédécesseur — sans doute pour pouvoir sortir plus rapidement.
Pour la première fois, Capcom ne propose qu’une seule intrigue, centrée sur le retour de l'héroïne du premier épisode, Jill Valentine. En contrepartie, l’histoire est plus longue que celles des personnages précédents. Heureusement, RE3 apporte son lot de nouveautés : création de munitions, système d’esquive (on y reviendra plus tard), et surtout le Nemesis — une version dopée et plus vicieuse du Mr. X de RE2, qui traquera le joueur à travers Raccoon City. Et gare à celui ou celle qui choisira l’affrontement plutôt que la fuite !
Le jeu est régulièrement ponctué de scènes de choix (comme décider de fuir une horde de zombies derrière une porte ou de les électrocuter), qui modifient réellement certaines rencontres à venir avec des personnages ou événements. Ajoutez à cela un système de RNG qui change le placement des objets à chaque partie, et vous obtenez un titre très généreux en termes de rejouabilité.
Malheureusement, toutes les nouveautés ne sont pas positives. La difficulté est bien plus punitive que dans les deux épisodes précédents : si vous avez galéré sur RE2, préparez-vous à chier des cactus avec celui-ci. La gestion de l’inventaire devient encore plus cruciale, et une erreur dans le crafting des munitions peut coûter très cher pour certains passages. Enfin, si le système d’esquive est une bonne idée pour dynamiser les combats, il reste très imparfait (on reste sur PS1), et il n’est pas rare qu’il se déclenche accidentellement au pire moment (notemment contre cette saloperie de ver géant, sans doute le boss le plus crispant de la saga).
Resident Evil 3 est un jeu généreux dans son contenu, mais qui ne parvient pas à égaler la maîtrise de son aîné, ce qui l’empêche de sortir complètement de son ombre.