• Enfin une nouvelle review après tout ce temps!
J’ai lancé Resident Evil Remake il y a déjà un moment, mais j’ai énormément ralenti ma progression après être retourné sur Dead by Daylight, mon jeu en ligne favori.
Une fois cette phase terminée, j’ai repris Resident Evil, et même si reprendre un jeu en cours de route est souvent compliqué, tout s’est finalement très bien passé avec cet opus, que je considère aujourd’hui comme l’un des meilleurs de la licence.
Un 4,5/5 n’est pas une note donnée au hasard, alors laissez-moi vous expliquez pourquoi.
• Un gameplay ancien, mais toujours efficace :
Resident Evil Remake est un jeu profondément marqué par son époque, et cela se ressent immédiatement. Même si le remake a retravaillé les graphismes d'une très belle manière, son gameplay peut sembler rigide pour les joueurs peu habitués aux anciens jeux, ce qui était d'ailleurs mon cas.
La première chose qui surprend est évidemment la caméra fixe. Contrairement aux jeux modernes, on ne contrôle pas l’angle de vue.
Au début, cela peut paraître frustrant ou daté lorsqu'on y est pas habitué, mais plus j’avançais, plus je comprenais pourquoi ce choix fonctionne aussi bien. Cette caméra participe énormément à l’ambiance horrifique du jeu. Entendre un zombie sans savoir d’où il arrive, avancer dans un couloir sans visibilité, ouvrir une porte sans savoir ce qui se cache derrière. Tout cela crée une tension permanente unique.
Là où les jeux modernes privilégient le confort du joueur, Resident Evil nous replonge dans l’inconfort propre aux jeux d’autrefois, et c’est précisément ce qui forge toute son identité.
La caméra permet aussi certaines mises en scène très réussies, notamment lors de l’apparition d’ennemis. Franchement, même si ce style ne ferait probablement plus l’unanimité aujourd’hui, je trouve dommage qu’il ait totalement disparu.
Tout n’est cependant pas parfait dans ce remake, loin de là. Son principal défaut reste sans doute les temps de chargement qui surviennent à chaque changement de pièce.
En effet, Capcom a conservé les fameuses cinématiques de portes entre chaque salle. À l’époque, cela servait à masquer les chargements de la console, ce qui était totalement compréhensible, mais dans cette version, certains temps d’attente restent encore trop longs. Garder l’animation des portes pour préserver l’identité du jeu, pourquoi pas, mais conserver des chargements aussi lents dans un remake sorti en 2015 me paraît plus discutable.
Lors des longs allers-retours dans le manoir, il m’arrivait alors de prendre mon téléphone pendant les chargements, ce qui cassait forcément une partie de l’immersion.
L’inventaire est également parfois frustrant. Sa taille limitée oblige constamment à faire des choix, ce qui participe au survival horror, mais la gestion des coffres manque clairement d’ergonomie. Impossible de déplacer simplement les objets dans le coffre, il faut sans cesse les prendre dans l’inventaire puis les replacer. Pour quelqu’un d’un peu maniaque comme moi, c’était vite agaçant.
Cela dit, je reste assez indulgent sur ces aspects. Le gameplay conserve volontairement les codes de l’époque afin de préserver l’expérience originale, et je comprends totalement cette démarche.
Concernant les ressources, je n’ai personnellement jamais vraiment manqué de munitions ou de soins. Au contraire, j’en avais souvent beaucoup. Mais je précise aussi que j’ai lancé le jeu en facile sans le vouloir, pensant avoir choisi le mode normal, donc cela a sûrement influencé mon expérience.
Le bestiaire quant à lui, est bon et efficace. Zombies, Crimson Heads, Cerberus, Hunters, Chimères, araignées, requins… sans oublier les boss comme Yawn, Plant 42, Lisa Trevor ou encore le Tyran.
Je n’ai pas d’expérience avec les jeux de cette époque, donc je ne peux pas vraiment faire de comparaison, mais je trouve le bestiaire varié pour un jeu aussi ancien.
• Une narration parfois maladroite :
C’est probablement le point qui m’a empêché de mettre la note maximale. Les Resident Evil n’ont jamais été connus pour avoir des scénarios extrêmement complexes, mais certains passages m’ont vraiment sorti de l’immersion.
Le meilleur exemple reste Barry. Tout au long de l’aventure, il agit de manière suspecte, nous trahit à plusieurs reprises, nous abandonne après certains événements importants et pourtant Jill continue presque systématiquement à lui faire confiance sans vraiment le confronter. J’attendais des explications plus développées ou davantage de réactions de sa part, mais le jeu passe rapidement dessus.
Même problème avec Wesker. À un moment, on découvre clairement dans des documents qu’il travaille pour Umbrella, avec son nom et sa photo, Jill ne semble quasiment pas réagir avant la révélation finale. Cela donne parfois l’impression que certains éléments scénaristiques manquent de naturel.
Il y a aussi le fait d’être constamment séparé de notre équipe tout au long du jeu. Je comprends l’objectif d'isoler le joueur dans ce gigantesque manoir pour l'aspect horrifique, mais le fameux « on se sépare », répété plusieurs fois, reste malgré tout assez difficile à croire dans un endroit rempli de zombies.
Ce ne sont pas des défauts catastrophiques, mais ce sont eux qui m’ont empêché d’être totalement immergé dans l’histoire.
Concernant les énigmes, c'est sûrement l’opus où j’ai eu le plus de mal avec les énigmes, mais aussi celui où elles m’ont le plus marqué.
Certaines sont assez simples, mais d’autres m’ont réellement bloqué pendant un moment. Plusieurs fois, je ne savais plus où aller ni quoi faire. Malheureusement, en cherchant des solutions sur Internet, je me suis fait spoiler plusieurs éléments importants de l’aventure, ce qui m’a vraiment frustré.
Mais malgré cela, je pense sincèrement que Resident Evil possède certaines des meilleures énigmes de la licence. Elles demandent de réfléchir, d’observer l’environnement et de mémoriser les lieux. Elles donnent aussi énormément de satisfaction une fois résolues.
Je comprends pourquoi les opus plus récents ont simplifié cet aspect afin d’être plus accessibles, mais aujourd’hui encore, je me souviens davantage des énigmes de cet épisode que de celles des jeux récents.
• Une ambiance exceptionnelle :
C’est probablement là que le jeu devient vraiment spécial. J’ai été totalement surpris par la qualité de son ambiance. Honnêtement, je trouve même qu’elle rivalise parfois avec certains épisodes modernes, malgré l’âge du jeu.
Le Manoir Spencer n’est pas juste un décor, c’est presque un personnage à part entière. Chaque couloir, chaque salle, chaque porte semble raconter quelque chose. L’exploration crée une sensation constante d’inconnu. On mémorise progressivement les lieux, on débloque des raccourcis, puis certaines zones redeviennent soudainement dangereuses.
Le jeu repose énormément sur la claustrophobie, le silence, la peur d’ouvrir une porte, l’isolement ainsi que la vulnérabilité du joueur.
Contrairement à beaucoup de jeux d’horreur modernes qui misent davantage sur l’action ou les jumpscares, Resident Evil construit une peur plus psychologique.
Le travail sonore est également impressionnant, les bruits de pas, les planchers qui craquent, le vent, les respirations, les gémissements lointains.
La musique intervient rarement, mais toujours au bon moment, avant de laisser place à un silence extrêmement inconfortable. Les musiques sont excellentes et font se demander pourquoi Capcom les a abandonnées par la suite. Sans parler du thème de la Save Room, qui reste l’un des meilleurs de la série.
Les Crimson Heads sont aussi une idée brillante. Les zombies que l’on ne brûle pas peuvent revenir plus tard sous une forme beaucoup plus rapide, agressive et terrifiante. Cela change complètement la dynamique du jeu, on ne se sent jamais totalement en sécurité, même dans une salle que nous avons déjà nettoyée.
Concernant les autres zones, elles sont tout aussi bonnes, que ce soit l’extérieur du manoir, la mine ou encore le laboratoire. Il n’y a pas de « sous-zones » ici, contrairement à certains épisodes suivants de la licence, qui possèdent des passages bien moins intéressants et intrigants.
• Pour conclure :
Resident Evil mérite largement sa réputation. Malgré son âge et certains défauts narratifs ou techniques, le jeu reste une expérience unique que j’ai énormément appréciée.
Je ne juge pas vraiment l’aspect technique du titre, car il cherche volontairement à conserver l’identité de l’époque, et honnêtement, une fois habitué, j’ai pris beaucoup de plaisir à y jouer. Ce qui justifie surtout ma note, c’est son ambiance exceptionnelle, ses décors, ses énigmes marquantes et cette sensation constante de tension.
Le jeu perd quelques points à cause de certaines incohérences dans l’écriture, mais aussi parce que mon expérience a été un peu cassée par les spoilers et ma longue pause au milieu de l’aventure bien qu'il n'en soit pas responsable.
Malgré cela, il reste aujourd’hui l’un de mes jeux favoris. Bravo à Capcom pour avoir créé une expérience qui, même après toutes ces années, reste aussi mémorable.