Resident Evil Requiem
7.9
Resident Evil Requiem

Jeu de Capcom (2026 · PC)

Prof de mon état, j'ai eu la chance d'avoir mes vacances pile pour la sortie du dernier Resident Evil, qui doit être une de mes sagas préférées de tous les temps. J'ai donc évidemment dévoré, poncé le jeu du début à la fin. Et j'ai pris une claque renversante. C'est LE jeu qui veut tenir toutes les promesses, jusqu'à l'absurde : les gens attendent depuis TRENTE ANS CETTE ANNÉE (ce n'est pas une hyperbole) une conclusion satisfaisante à l'arc Raccoon City, arc fondateur de Resident Evil ? Bah vous l'avez. 30 ans que vous vouliez des infos sur Spencer et ses manigances. Que vous vouliez voir réapparaitre tel personnage, tel événement, tel endroit. C'est fait. Les joueurs voulaient que la série réponde à la fois aux fans de survival, aux fans d'action, aux fans de la progression traditionnelle, à ceux de la vision moderne ? OUI. Tout y est. C'est absurde, c'est too much, c'est clairement à ne plus faire tel quel, mais C'EST FAIT. Requiem, à l'image du revolver futuriste éponyme de Leon S. Kennedy le bg cabotin favori des fans, est une excentricité qui fait plaisir à parcourir.


Mais bon, on va un peu récapituler. En 1996 sort Biohazard, un jeu un peu kitsch mais d'une surprenante efficacité qui révolutionne l'horreur et invente pratiquement le survival classique avec sa gestion d'inventaire, ses choix lourds de sens et l'impression de jouer toujours sur la brèche. Renommé Resident Evil en occident, le jeu fait des petits pendant trente ans, d'abord en étendant les événements fondateurs de sa saga, la catastrophe zombie qui envahit Raccoon City et fait naitre la mythologie de Umbrella, cette société capitaliste fascisante qui crée des armes biologiques et tient par beaucoup d'aspects de la secte secrète. Puis, dans un second temps, les protagonistes de ces événements vont mettre leurs talents de chasseurs de zombie au service de l'humanité en enquêtant autour du monde sur de nouvelles souches. Après 6 épisodes principaux et des myriades de spin offs, adaptations, remakes, la licence se réinvente complètement avec l'épisode 7 qui remet les fondamentaux de l'horreur au centre de tout et crée une nouvelle expérience survival terrifiante et viscérale, suivi d'un 8 qui est la suite directe du précédent d'un point de vue scénaristique tout en étant le descendant spirituel à peine déguisé de l'épisode 4, favori de beaucoup de fans et beaucoup plus orienté action. Dans le même temps, les opus classiques bénéficient de remakes ambitieux : le 1 ayant déjà un bon remake (plus proche du classique), c'est le 2, le 3 puis le 4 qui gagnent une version moderne, globalement saluée par les fans. Et là, les attentes sont énormes, car Capcom a montré être capable de refaire des survivals ambitieux et modernes, et dans le même temps le 8 et le remake du 4 ont posé les bases d'un style action très fidèle au classique mais amélioré en tout point, nerveux, intuitif et varié. Devant ce grand écart, on était en droit d'attendre le meilleur pour le 9, mais aussi de s'interroger sur la direction qu'il allait prendre. Requiem prend un pari osé, foireux mais jouissif : exploitant la formule classique des RE d'avoir deux protagonistes, l'un, ayant passé trente ans de sa vie à chasser du zombie, est devenu Rambo sous amphétamine et se joue en mode action, et l'autre, une nouvelle venue de la série qui se confronte pour la première fois à l'horreur des armes biologiques, traverse le jeu en mode survie-puzzle. Donc on fait les deux, tout simplement. Si le rythme qui en découle est bâtard, force est de reconnaitre que les deux gameplays sont maitrisés de main de maitre, et que la combinaison des deux est pensée pour faire un tout cohérent. Je ne pense pas que ça doit devenir la signature de la série, car à force de passer d'un point de vue à l'autre on ne sait plus comment on s'appelle et je pense pas que c'est une formule soutenable à long terme, mais pour les fans qui ont aimé et souhaité les deux formules, c'est vraiment un bonheur.

Pour être honnête, on a quasi deux jeux en un, en particulier sur les segments principaux de chaque personnage : l'hôpital pour Grace, Raccoon City pour Leon. Si on peut avoir un pincement au coeur en se disant que si chaque segment avait été un stand alone on aurait eu deux jeux encore plus profonds et grandioses, le résultat reste bluffant

De manière générale, on ne va pas se mentir, c'est clairement un jeu pensé pour les fans plus que pour les néophytes. C'est un choix risqué mais probablement payant, car Capcom n'a plus rien à prouver. Les Resident Evil modernes, dont les remakes, sont des jeux d'une grande qualité qui sont pensés pour satisfaire à la fois les nouveaux joueurs et les fans de la première heure. Le côté ultra référencé, ultra fan service de Requiem doit surtout encourager les curieux à se tourner vers les autres jeux avant de faire celui-ci. Petit spoil sur la fin :

J'ai été assez déçu du combat de boss final, et de manière générale de la progression dans la difficulté. Dans les phases actions, en particulier, on atteint très vite un pallier qui n'est plus jamais vraiment remis en question. Je suis arrivé au boss final avec mon inventaire qui débordait de munitions, avec toutes mes armes améliorées au max et de la vie à ne plus savoir qu'en faire. Autant dire que je l'ai exécuté en vidant mon requiem sur lui. Et de manière générale on a vu des boss plus originaux dans la série.

Bref, je sais pas si Requiem va plaire à tout le monde, mais ce qui est sûr c'est que c'est une conclusion explosive à Raccoon City, qui ouvre la porte à enfin avancer sur le méta-mystère de la saga :

On sait en effet que les armes biologiques ne sont pas vraiment une invention moderne dans l'univers Resident Evil : les Las Plagas et Miranda, en particulier, utilisent des versions bien plus anciennes que celles développées par Umbrella, qui apparemment s'en inspire. Dans Village et maintenant dans Requiem, on laisse entendre clairement que Spencer n'est et son entreprise ne sont qu'un maillon d'une chaine bien plus large.

Antevre
9
Écrit par

Créée

le 1 mars 2026

Critique lue 228 fois

Antevre

Écrit par

Critique lue 228 fois

2

D'autres avis sur Resident Evil Requiem

Resident Evil Requiem

Resident Evil Requiem

7

Kelemvor

778 critiques

Les Architectures de l'Effroi : Les Cendres d'Umbrella

La nuit n’a jamais vraiment quitté la série Resident Evil. Elle s’est contentée de changer de visage. Tantôt carnaval d’horreur clinique dans les couloirs du manoir Spencer, tantôt film d’action...

le 10 mars 2026

Resident Evil Requiem

Resident Evil Requiem

4

Hagstrom

38 critiques

Feignantise absolue, ou le remake d'un jeu qui n'existe pas

Que feriez vous ? Si vous aviez une licence forte, MAIS qui à 30 ans ; qui à une fan base solide, MAIS qui joue sur la nostalgie alors que vous voulez faire venir de nouveaux joueurs ; dont le cœur...

le 5 mars 2026

Resident Evil Requiem

Resident Evil Requiem

6

Ginko-Leon

240 critiques

Menu Maxi Best Of Survival Horror avec un supplément Action, s'il vous plaît.

Une stagnation inexcusable dans l'imaginaire. C'est triste de voir le Japon plonger dans la même nostalgie factice que l'Occident.La première partie trouve un meilleur équilibre dans cet hommage à...

le 2 mars 2026

Du même critique

Bleach

Bleach

7

Antevre

878 critiques

Qui c'est qu'a la plus grosse épée? Hein? Hein?

Parler de l'anime Bleach est un peu douloureux. Tout simplement car on y trouve le pire comme le meilleur, que d'une part on aimerait pouvoir l'aduler pour certaines de ses qualités, mais que d'autre...

le 16 févr. 2013

Non mais t'as vu c'que t'écoutes

Non mais t'as vu c'que t'écoutes

5

Antevre

878 critiques

Critique de Non mais t'as vu c'que t'écoutes par Antevre

Youtube, c'est un peu la jungle. On y trouve tout et n'importe quoi. Si l'on s'intéresse plus particulièrement au domaine de ce que l'on appelle maintenant souvent les émissions web et les webséries...

le 1 avr. 2015

Marvel's The Punisher

Marvel's The Punisher

4

Antevre

878 critiques

Critique de Marvel's The Punisher par Antevre

Grosse déception pour cette série, qui vend un produit complètement générique là où on aurait pu espérer avoir quelque chose qui sort des sentiers battus... Frank Castle est le Punisher. Après que sa...

le 18 déc. 2017