Après quatres runs complets, je peux le dire sans hésiter : Resident Evil Requiem est une très belle réussite, même s’il n’est pas parfait.
Le jeu propose un mélange très réussi entre deux identités fortes de la saga : le survival horror classique et l’action plus moderne. Avec Grace, le jeu penche clairement vers l’horreur pure : gestion des ressources, tension constante, fuite, observation. À l’inverse, les phases avec Léon offrent un gameplay plus orienté action, plus confortable, où l’on peut enfin reprendre le contrôle. Ce contraste est intelligemment utilisé et maintient un rythme très agréable du début à la fin.
Le gameplay est bien équilibré : ni trop facile, ni trop frustrant. Le jeu peut être exigeant au début, notamment avec certaines mécaniques comme les abominables Crimson Head, mais une fois comprises, elles deviennent très satisfaisantes. La progression du joueur est naturelle : on commence en subissant, puis on apprend, puis on maîtrise. Les runs suivants deviennent alors un vrai plaisir.
Le système de défis est également bien pensé. Contrairement à certains épisodes comme Resident Evil 4 Remake, ici le 100% est beaucoup plus accessible, ce qui rend l’expérience plus agréable sur la durée. Le jeu récompense le joueur sans le punir excessivement, et ça fait du bien.
Un des grands plaisirs du jeu vient aussi de sa rejouabilité, notamment grâce aux munitions illimitées. Après un premier run sous tension où chaque balle compte, relancer une partie avec des armes comme le Requiem transforme complètement l’expérience. Le jeu passe d’un survival exigeant à un véritable défouloir, où l’on peut enfin prendre sa revanche sur les ennemis qui nous ont fait galérer. Ce changement de dynamique est extrêmement satisfaisant et donne une seconde vie au jeu, rendant chaque nouvelle partie plus fun et libérée.
Certaines critiques pointent du doigt la durée de vie, jugée un peu courte. Pour ma part, cela ne m’a pas du tout dérangé : mon premier run a duré environ dix heures, ce qui est largement correct, surtout pour un Resident Evil. Ce type de jeu est pensé pour être rejoué, et sa durée s’inscrit parfaitement dans cette logique.
Côté ambiance, c’est une réussite totale. Les environnements sont crédibles, vivants, et racontent une histoire à travers les détails. Le centre de soins est particulièrement marquant : c’est un lieu très réussi, à la fois oppressant et parfaitement construit dans sa progression. Les ennemis ont une identité, une fonction, ce qui renforce l’immersion. Le jeu n’est pas seulement stressant : il est cohérent. Du côté de Léon, certaines séquences jouent intelligemment avec le fan service, sans jamais en faire trop, ce qui les rend d’autant plus appréciables.
Mais la vraie surprise vient du scénario. Souvent critiquée sur ce point, la saga Resident Evil propose ici une histoire bien construite, avec un mystère central intéressant et des révélations qui enrichissent le lore. Le twist autour de Elpis est particulièrement réussi, et les documents disséminés dans le jeu apportent de la profondeur à l’ensemble. Le méchant, quant à lui, est plutôt marquant et possède une vraie présence, même si je trouve qu’il n’est pas suffisamment exploité au regard de son potentiel. Les deux fins proposées renforcent encore l’impact narratif, même si l’une semble clairement plus aboutie que l’autre.
La dernière partie du jeu est particulièrement réussie dans sa montée en tension. Le climax est maîtrisé, intense, et apporte une vraie satisfaction après tout ce qui précède. À un moment donné, le jeu frôle néanmoins l’overdose d’action, notamment avec une séquence en moto avec Léon. Cela dit, le jeu n’en abuse pas : c’est vraiment le seul passage aussi orienté action, ce qui le rend finalement acceptable et même rafraîchissant dans l’ensemble.
Bref, je ne suis pas assez expert de la saga pour dire si c’est le meilleur Resident Evil ou non. En revanche, une chose est sûre : c’est un très bon cru, un épisode solide, maîtrisé, et surtout extrêmement plaisant à parcourir et à rejouer.