Un périple, 3 ans que je relance ce jeu à l'approche fébrile du mois de mars et, ne cessant d'accumuler les rebonds sur ce mur nipponais aux atouts majeurs, nous avons decidé, mon ami et moi, sous whisky, japonais lui aussi, d'en finir avec ce titre, "ON LE FAIT D'UNE TRAITE" me jette celui-ci, verre en main taché de ses empreintes salis par un repas copieux. La suite est simple, nous avons fait le jeu d'une traite jusqu'aux tréfonds d'une nuitée pluvieuse.
RETRANSCRIPTION AUDIOVISUELLE : https://www.youtube.com/live/YNxj8yir-K8
Et avec le peu de recul qu'il me reste force est de constater que l'on ne boude pas cette expérience. Comme jetés aux miasmes fantasmagoriques d'une Europe feu romantique, l'équipe japonaise derrière ce titre en extrapole les tropes à leur paroxysme. Le résultat, malgré certains passages mal pensés, est jouissif. On est absorbé par ce panorama écrasant, la démesure de l'architecture cyclopéenne du château dimitrescu. On en éprouve un sentiment de montagne russe bien compris, niché au creux des Carpates. Véritable sentiment d'insécurit, lâché au centre d'un monde abandonné le voyage commence par la découverte d'hommes mutants, les lycans. Rappelant à l'evidence les effets spéciaux du film l'île du docteur moreau (nom porté par l'un des antagonistes, sorte de poisson tchernobylite), il se dégage de leur aspect un sentiment neuf propre au style gothique de la vieille littérature anglo-saxone. Cependant, du vertige métaphysique du mal du Dracula de Stoker, ne reste qu'un pale apparât de satanisme et autres cochonneries en démonologie... Le mal n'existe ici qu'à travers d'une racine ?? Dont la source est issue d'un complot incompréhensible. Ainsi, la nature sauvage, les affres de l'âme ne sont pas évoqués et l'homme n'est qu'une figure victimaire dans un schéma qui le determine à cette position. On comprend ainsi que les antagonistes ne sont pas vraiment coupables. Mais de meme que les autres opus de simple receptacles possédés par une entité vraiment vraiment démoniaque. Les antagonistes deviennent alors des vices extrapolés, dimitrescu la luxure, beneviento l'hubris, moreau le scientisme, heisenberg le pouvoir et miranda l'autodestruction. Bref, depassé ce plot, on retrouve des tropes narratifs vu et revu partout dont le dénouement concernant les Winters en est le pinacle. En ce sens c'est un pur resident evil, un rythme chiadé et une aventure haletante comme peu de studios savent le faire, délicieux