Clap de fin pour Two Tribes ! Notamment connu pour son Toki Tori, le studio ferme ses portes en laissant derrière lui son dernier jeu : Rive. Mêlant jeu de shoot et plateforme à l'humour douteux, le titre contient tout le savoir faire de ses créateurs à qui l'ont souhaite une bonne continuation dans le domaine vidéoludique. Mais du coup, se sont-ils donnés à fond, ces p'tits gars ? Dans tous les cas, bravo à eux d'avoir su se faire une place dans l'univers impitoyable du jeu vidéo.
C'est dans la peau du pillard spatial Roughshot que se déroule l’entraînante aventure de Rive, ou plutôt dans la peau de son mécha arachnoïde. Simple, le scénario nous propose de visiter l'épave d'un vaisseau à la recherche de carburant pour votre mécha, et pourquoi pas d'un précieux butin puisque les lieux semblent apparemment abandonnés... Mais seulement en apparence, donc ! Très vite, vous allez tomber nez à nez avec une intelligence artificiel au comportement qui ne sera pas sans vous évoquer la célèbre GLADoS de Portal. Ses motivations étant très troubles (elle tentera tantôt de vous exterminer, parfois vous guidera), vous vous contenterez de voir Roughshot lui balancer plusieurs vannes dans le but de l'humilier, et vous pourrez même à plusieurs reprises détruire l'avatar de l'IA pour interrompre son discours. Celle-ci râlera et vous enverra un autre de ses avatars que vous pourrez souvent à nouveau détruire 2-3 fois avant qu'elle ne boude.
Puisque l'on parle des vannes, sachez que le jeu et notamment nos deux protagonistes font de nombreuses références plus ou moins subtiles à divers univers de la culture pop, comme par exemple Tetris ou Retour vers le Futur, aux shooters old-school, etc. Très honnêtement, sans la participation de ces deux facétieux personnages, Rive perdrait probablement pas mal de son charme, surtout qu'il a une bonne gueule, une direction artistique plus ou moins inspirée selon les moments, et une bande-son qui s'accorde à la perfection aux événements.
Et quand je parle d’événements, j'peux vous dire qu'ils surgissent un peu n'importe quand et sont souvent ultra violents. Il s'agit là d'un jeu exigeant (le menu principal vous oblige d'ailleurs à commencer le jeu en mode difficile, vous n'avez pas le choix) où la mort surviendra très régulièrement, souvent par manque de réflexe. L'apprentissage des patterns des vagues ennemies vous fonçant dessus sera donc nécessaire pour réussir certains passages ultra ardus. Heureusement, de nombreux checkpoints parcourent le jeu et notre mécharaignée pourra débloquer diverses améliorations qui viendront compléter sa mitrailleuse à 360°, tels que des renforcements d'armure, des missiles téléguidés, des mines flottantes, etc. Le tout étant achetable via une monnaie obtenue en faisant la peau aux milliers d'ennemis présents dans le vaisseau.
En outre, notre machine possède un double saut qui lui permettra d'atteindre certaines plate-formes et d'esquiver certains obstacles, mais aussi et surtout un scanner. Si ce dernier ne sert au début qu'à débloquer des portes ou activer des mécanismes, en avançant dans l'aventure vous pourrez à loisir pirater des drones ayant diverses utilités : traverser les boucliers impénétrables d'ennemis, soigner, canarder les méchants, etc. Une fonctionnalité sympathique mais malheureusement pas tant utile que ça, dommage. Bref, retenez bien que le titre est très plaisant à parcourir mais qu'il est exigeant, et que les crises de rage risquent d'être légions, tout comme les écrans de Game Over à répétition qui, d'ailleurs, ne se répètent pas, le message de game over n'étant presque jamais le même puisqu'il s'adapte à votre mort. Original !
Bourré d'humour, de méchas enragés qui valdinguent et de checkpoint, Rive s'impose comme un bon petit jeu bien exigeant. Le gameplay est simple et aux petits oignons bien qu'assez répétitif (normal pour un shooter, me direz-vous), mais se laisse jouer sans aucun problème. On s'y amuse, on rage aussi mais on prend plaisir à contrôler l'araignée mécanique de Roughshot. Le jeu aurait gagné à se diversifier un peu sur la longue mais étant donné sa courte durée de vie (moins d'une dizaine d'heures) couplée à son intensité, on pardonne aisément ses quelques défauts. Allez, on remercie encore une fois le studio pour leur dernière création. Two Tribes est mort, vive Two Tribes !!