Je suis tombé par hasard sur ce que j’appellerais une véritable pépite indé.
La couverture est brouillonne et le titre peu évocateur, mais on a derrière un titre avec une réalisation de haute volée, digne à mon sens d’un AAA sur le plan de la réalisation technique.
On est sur une forme de walking simulator narratif, dans l’esprit d’Alien Isolation (en moins long et moins narratif) ou de Deliver Us The Moon (en beaucoup plus qualitatif).
Côté univers, rien de bien nouveau : une base lunaire brandée 80s complètement vide (pour changer). Ça ne me dérange pas, ça contribue à une forme de solitude confinée.
Il faut comprendre que le scénario est une forme d’uchronie, se déroulant à notre époque, en admettant un développement humain technologique parallèle au nôtre.
Si le démarrage est assez limpide, débarqué en tant qu’amnésique isolé, on assiste progressivement à une complexification de l’intrigue, avec des éléments métaphysiques un peu déroutants par la suite.
Le point fort de ce jeu est définitivement son gameplay et son ambiance. Comme évoqué précédemment, le rendu avec les lumières volumétriques, les textures, le level design et le sound design créent une immersion fabuleuse, bien au-dessus de nombreux titres populaires récents. J’oublie de mentionner le volet “horreur”, bien présent et amené via des variations sonores brutales et oppressantes. On finit toutefois par vite s’y habituer.
Le revers de la médaille est que les mécaniques pour avancer ne sont pas très variées, souvent trop tarabiscotées, et les types “d’ennemis” se comptent sur les doigts d’une main. C’est un choix assumé de se concentrer sur l’expérience au détriment du contenu, qui se défend tout à fait.
Les patterns d’environnements finissent par se répéter de manière très visible au fil du déroulement, et c’est donc un point à prendre en compte. La campagne est toutefois assez courte.
Pour résumer, c’est un jeu très surprenant, avec un accent mis sur la qualité et l’immersion.
Je le conseille fortement à tout fan de SF et de jeux narratifs.