Saints Row IV
6.6
Saints Row IV

Jeu de Volition, Inc, Plaion et Deep Silver (2013 · PC)

J'avais émis le souhait de voir un Saints Row IV un peu plus sérieux que son prédécesseur, qui manquait cruellement d'intensité dramatique. Force est de constater que Volition est allé totalement dans l'autre sens, livrant un jeu totalement délirant qui a basé sa publicité sur le retour du meilleur personnage de l'histoire des jeux vidéo (avec Wei Shen et Tommy Vercetti), Johnny Fuckin' Gat.

Oui, Saints Row IV n'est plus un GTA-Like. Il n'y a plus (ou presque) de missions de gang, plus de territoires à contrôler. Ici, c'est du bourrin, du débile, du gros délire et surtout de la parodie à fond les ballons. Le synopsis du jeu est simple : nous sommes le Président des Etats-Unis et nous nous battons dans une simulation de notre monde contre un gros méchant extra-terrestre à l'accent britannique du nom de Zinyak car il a pris le contrôle de la Terre. Bien entendu, pour contrer Zinyak, notre protagoniste principal a des superpouvoirs (courir comme l'éclair, sauter très haut, planer, lancer du feu, contrôle de la matière...) et puis surtout Keith David (oui oui, l'acteur Keith David, le légendaire Giant de Clockers) comme vice-président. Ce synopsis complètement débile est à l'origine d'un nombre conséquent (25 heures de jeu pour celui qui prendra son temps) de missions qui revisitent tout un pan de la pop-culture et de Saints Row itself. En effet, non content d'aller parodier Metal Gear Solid, The Matrix, Street of Rage ou encore They Live (RODDY PIPER!), Saints Row IV rappelle bon nombre de ses anciens personnages, comme Benjamin King, la Shaundi de Saints Row 2, Julius Little, Jyunichi, Philippe Loren, tout en créant des personnages plutôt sympathiques comme Asha Odekar (ultra-badass) et Zinyak. Le fan de la franchise y trouvera donc son compte, scénaristiquement parlant. Le jeu n'est d'ailleurs pas avare en rebondissements et la narration, un peu plus classique que celle du III est bien plus cohérente et bien plus entraînante. Il va vous être très difficile de lâcher le jeu une fois les 50% passés. Quant à la mise en scène, elle est toujours en progrès, avec bon nombre de missions mises en musique de manière assez virtuose, une fois passée la déception du thème principal, simple variation dubstep de celui du III (qui est sans doute une victime collatérale du développement du jeu, qui aurait dû être un DLC du 3e opus.

En termes de jouabilité, Saints Row IV oscille entre l'agaçant et le jouissif. Le jeu reste quand même agaçant dans la mesure où ils n'ont pas corrigé le gros défaut du 3 : plus l'arme est puissante, plus il faudra de balles pour assassiner l'ennemi. On se trouve parfois face à de simples Zins (les simples ennemis du jeu) à vider un chargeur de SMG pour en venir à bout. C'est fatigant. De plus, certains ennemis sont encore parfois trop solides, comme les Gardiens ou les Murderbots et les tuer en devient énervant plus que challenging. En revanche, le jeu est sacrément jouissif dans la mesure où les superpouvoirs du héros sont très faciles à prendre en main et s'améliorent logiquement au fur et à mesure de l'aventure sans que jamais on se sente overpowered. Heureusement, car les véhicules semblent être plus lourds que sur les 3 autres et sont moins convaincants qu'avant. Le jeu est loin d'être magnifique, surtout pour l'époque, mais il n'est pas laid et ça suffit déjà à apprécier un vol plané sur 3 kilomètres. La bande-son du jeu est un peu moins bonne que celle du III mais elle reste appréciable. Les activités sont variées, inventives et ne sont jamais insurmontables. Saints Row IV se démarque aussi par ses options de personnalisation, assez étonnantes, comme la couleur ou même la forme des armes (tirer des roquettes avec un étui à guitare, c'est cool. Avoir les guns de Robocop en guise de SMG, c'est mieux. Surtout quand c'est plaqué or).

Saints Row IV s'annonçait comme le jeu de trop. Et pourtant, Saints Row IV n'est pas loin d'être le meilleur de la saga, grâce à des idées de génie (Keith David, for fuck's sake!), un scénario vraiment soigné et faussement débile, une atmosphère unique et un fun inégalé. Que pourront-ils inventer pour le cinquième opus?


[SPOILER]On regrettera quand même profondément cette fin INCOMPREHENSIBLE. Si quelqu'un pense avoir totalement compris, pourrait-il m'envoyer un message privé afin de répondre à mes questions? Merci. Super cinématique de fin, par ailleurs. [/SPOILER]
CeeSnipes
9
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le 11 oct. 2013

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