Je rappelle dans mon titre, ce qui me semble incontournable quand il est question de jeux vidéo, que je rédige cet avis en 2026 (pour un jeu de 2014).
En conséquence, il s'agit bien de donner un avis sur ce que le jeu vaut (encore) en 2026 au prix (très réduit) auquel il est désormais proposé et compte tenu de ce que la concurrence a (ou pas) fait depuis.
Ce Sniper Elite III est tout d'abord une très nette avancée par rapport au précédent (Sniper Elite V2) ; cette avancée se dédouble d'ailleurs :
1 - La taille de l'ère de jeu. Dans Sniper Elite III, il y a (enfin) matière à explorer la carte pour se positionner. Le jeu gagne aussi en immersion et en réalisme avec moins de murs invisibles, moins de couloirs.
2 - Le système de soin : on oublie la régénération automatique de la santé et on passe à un système de soins/bandages limités en nombre. Il est en effet plus logique dans une approche pseudo-réaliste d'avoir des bandages en nombre limité plutôt qu'une régénération automatique illimitée ; avec cette évolution, l'ambition simulation du titre gagne relativement en crédibilité.
Au-delà de l'évolution entre le Spiner Elite V2 et ce troisième volet, on a un titre d'une extrême irrégularité.
Sniper Elite III est un titre qui (encore en 2026) peut être très impressionnant sur la réalisation des killcam qui sont la signature, toujours inégalée même en 2026, de la série.
Sur ce plan précis, c'est une masterclass : même des John Woo et autres Mickael Bay pourraient être en PLS car on parle quand même d'une réalisation dynamique en temps réel que les meilleurs réalisateurs arrivent certes à égaler et parfois à surpasser mais.... ....en précalculé et évidemment pas à la volée comme le font les titres de la série Sniper Elite qui s'offrent le luxe de ponctuer les affrontements de moments de grâce où le temps s'arrête avec une caméra qui attend puis suit et accompagne la balle jusqu'à sa cible. C'est comme si on assistait à un ballet (mortel) tout en étant l'acteur principal et en temps réel.
La performance du studio doit sur ce point être soulignée car aucun triple A, aucune très grosse production (Halo, Destiny, Gears of war) ne rivalise encore à ce jour sur ce point alors que cela fait plus d'une douzaine d'années que le studio Rebellion propose ces moments de réalisation de très haute volée.
Parallèlement, la réalisation générale du titre (hors Killcam) est moyenne, voire médiocre. A ce propos, il faut souligner la rigidité des animations. Autre défaut, difficilement acceptable en 2026 (c'était déjà limite en 2014) l'IA ; à savoir que les adversaires semblent parfois totalement sourds et/ou aveugles tant leurs déplacements sont parfois irrationnels (ennemis qui vous tournent le dos, ne vous entendent pas alors que vous venez de tirer à côté d'eux, etc...).
Pour rééquilibrer un peu le tout, la gestion de la visée (notamment avec la concentration indexée au rythme cardiaque) est excellente.
L'histoire du mode solo est intéressante (le volet africain de la seconde guerre mondiale) mais minimaliste et d'une manière générale, le jeu est court. Pour autant, le titre propose un mode horde (appelé "survie") très prenant ; c'est le gros "bonus", assez inattendu, qu'offre le titre : un mode avec des vagues de plus en plus fournies d'ennemis lequel fonctionne étonnamment bien avec des maps suffisamment grandes pour garder l'aspect tir de précision et un nombre d'ennemis (au fur et à mesure) suffisamment important pour avoir peur de se faire "dénicher" et donc une bonne pression pour choisir son spot (et le protéger avec des mines).
En synthèse : un titre sucré/salé qu'on adore (y compris avec ses défauts) ou qu'on déteste