Je me rappelle de cette vidéo au moment de la sortie du jeu, une vidéo sur youtube qui durait 7 minutes ! c’était le temps de chargement retransmis en temps réel sur la PS4. Oui, 7 minutes pour lancer ‘Sniper Ghost Warrior 3’, à croire qu’il s’agissait de la version pour Amstrad 64 à cassette : voilà qui nous ramène aux heures les plus sombres de notre histoire vidéo-ludique !
Mais pour le comprendre, il faut se rendre compte que le Cry Engine n’est réellement maîtrisé que par leurs créateurs, les mecs de chez Crytek… et qu’en dehors d’eux (et même si la licence n’est pas chère) les petits développeurs qui s’échinent dessus en chient des ronds de chapeau. D’autant que CI Games en a fait un monde ouvert avec grande témérité, hardiesse et les yeux plus gros que le ventre, surtout !
Heureusement, ils ont sorti une mégachiée de patches et là 2 ans plus tard (mais j’ignore la date précise du dernier patch cela dit) ça nous fait environ 2 minutes 30 sur la Xbox One… (un progrès très impressionant !) et sur la One X avec un SSD au cul pour pousser… (roulements de tambour) : 1 minute 45 !! mais c’est leur dernier mot, on n’aura pas mieux, désolé.
Heureusement, lorsqu’on reprend un checkpoint une fois dans le jeu ou lorsqu’on se déplace en voyage rapide, tout est « normal » et on reste en dessous des 20 secondes grosso merdo. Sinon, à chaque fois qu’on meure, on ferait une attaque…
Le pire, c’est qu’on se tapera cette minute 45 plusieurs fois dans le jeu et quoi qu’il arrive puisqu’il s’agit d’un monde ouvert mais multi-régions… en fonction de l’histoire principale. En tout cas, ce n’est même pas très beau (loin de là) et ça reste assez terne ; si on peut changer l’heure, le cycle jour/nuit reste inactif, tout comme la météo qui reste fixe, excepté à un moment donné et précis de la campagne.
Les bugs étaient également légion au lancement mais CI Games a bien nettoyé son merdier après tout ce temps. Il reste encore des merdes néanmoins, plus ou moins irritantes mais rien de vraiment alarmant. Etre scotché ou bloqué sur le terrain lorsqu’on marche accroupi par exemple, c’est « standard » (!) : il suffit de sauter et on peut continuer… et ce n’est qu’un exemple.
Toutefois, le coeur du jeu demeure tout à fait intéressant par ses mécaniques -celles du sniper justement- fort bien rendues qui incitent fortement à l’infiltration, y compris à courte distance même si ce n’est pas une sinécure. L’IA est alerte et dans la très bonne moyenne des jeux du genre, un bon point, de même que les voix françaises convaincantes. On peut aussi se la jouer bourrin mais la lenteur du personnage et ses déplacements caoutchouteux, son adresse aux armes sont très handicapantes : il sait juste sniper avant tout… il faut l’accepter.
Le drone est très utile et permet de marquer les ennemis et une reconnaissance qui donnera des indices précieux ; son problème, c’est qu’il a bu trop de vodka. La campagne est intéressante (avec même des gonzesses comme intervenantes, si, si, si) et globalement bien menée, pas pire qu’un Far Cry moderne, voire carrément mieux pour la narration.
On s’amuse donc quand même bien dans ce SGW3 même si son monde ouvert est bien vide (et plutôt moche)… inutile par exemple de se faire des avant-postes puisqu’ils sont de nouveaux occupés quand on reprend la partie un peu plus tard : on se « les fait » en effet lors de la campagne dans des missions dédiées ! le reste, c’est des missions et des assassinats secondaires qui font plutôt double emploi. Ou de l’escalade assez ballote ma foi.
Un dernier détail cependant et qui a son importance : si sur la One X, le jeu tourne à peu près correctement, c’est une catastrophe sur la One normale : entre 20 et 25 im/s à vue de nez ! j’avais pas vu ça depuis Gothic Arcania sur 360 ! Bref, bien sympathique ce jeu mais trop mal fini, hélas ! (critique écrite en 2019).