J’ai terminé Stellar Blade (2024) après environ 50 heures de jeu, avec 88 % des succès et franchement, c’est mon gros coup de cœur de cette année 2026. Sans tergiverser 107 ans, ce qui m’a tout de suite plu, c’est l’origine du titre : la Corée du Sud. Il suffit de regarder n’importe quelle image du jeu pour s’apercevoir qu’il n’y a pas tout ce substrat idéologique européen et occidental qui pollue la plupart des productions actuelles. Le personnage principal, Eve, est extrêmement sexy, extrêmement sexualisé, et les développeurs n’ont pas eu peur de mettre sa plastique généreuse en avant. Tenues moulantes et nombreuses, formes avantageuses, angles de caméra qui flattent clairement le personnage lors de certaines cinématiques… Les mecs derrière ont eu envie de créer une héroïne qui fait plaisir à regarder, malgré tout ce qu’on peut dire sur ce pays, il y a encore des gars qui veulent voir de belles femmes et les apprécier pour ce simple aspect. Et le plus beau dans tout ça, c’est que l’héroïne reste quand même attachante en essayant de faire le bien, de sauver ce qui reste d’humanité sur Terre.
Côté scénario, c’est la première fois que je voyais ce type d’histoire, donc j’ai pris du plaisir. Beaucoup de joueurs disent que ça ressemble à Nier : Automata (2017) et que l’histoire est finalement peu originale mais comme je n’y ai jamais joué, j’ai découvert tout cela avec des yeux neufs. L’humanité a fui la Terre envahie par les Naytiba, des créatures qui peuvent corrompre les humains un peu à la manière d’un Virus T de Resident Evil. Eve, une androïde créée par les derniers survivants, est envoyée sur Terre pour exterminer cette menace. Le jeu garde un ton sérieux, sans humour forcé ni blagues de merde comme on en voit trop souvent en Occident. Ça fait du bien. Par contre, il y a trop de notes à lire pour comprendre l’univers finalement assez dense, j’aurais préféré plus de cinématiques et de dialogues. On appréciera le doublage français de qualité, merci à Shift Up d’avoir pris le temps de proposer une VF. Ce simple aspect devient rare de nos jours…
Graphiquement, Stellar Blade est très joli, surtout les personnages qui sont pour la plupart dotés d’un haut niveau de détails et la ville de Xion que j’ai trouvé agréable à explorer. Par contre, côté environnements, c’est plus mitigé selon moi. Même si le moteur Unreal Engine 5 fait le boulot et que c’est objectivement joli, beaucoup d’environnements restent assez génériques. On sent clairement les assets de base du moteur, avec un de peu retouches mais sans vraie personnalité ou détails personnalisés. Il y a également très peu d’interactions avec le décor, on se balade souvent dans des environnements qui font « vitrine », et sur la carte semi-ouverte, je me suis parfois un peu fait chier à explorer les vastes niveaux tellement ça manque de vie (ndlr : compréhensible vu l’histoire) même si je reconnais avoir beaucoup apprécié la profusion de butins et de secrets à découvrir. Donc, en gros, une direction artistique sympathique mais peu inspiré. Honnêtement, les développeurs peuvent et doivent mieux faire dans le prochain épisode. Croisons les doigts.
Côté bestiaire, j’ai aussi beaucoup apprécié le titre de Shift Up. Les Naytiba et leurs variantes sont vraiment originaux, des créatures informes, écorchées et mutantes assez flippantes qui rappellent certains jeux d’horreur. Les ennemis sont différents, on ne peut pas les taper tous de la même manière et leur réaction tout comme leur PV empêche le bourrinage intensif. Je veux dire qu’à un moment, tu finis par prendre une tarte. De manière plus générale, le gameplay est nerveux et demande d’avoir quelques réflexes. Il ne s’agit pas juste de taper comme un sourd comme vu plus haut, il faut esquiver, contrer, gérer les combos à notre disposition et surtout ne pas se faire surprendre par les ennemis qui ne se laissent pas déstabiliser facilement. Il faut également éviter à tout prix le surnombre, les ennemis vous tabassent sans pitié. Nous ne sommes pas dans Assassin’s Creed ou Batman Arkham où les ennemis attendent patiemment et pacifiquement leur tour avant de prendre une branlée.
Les combats de boss sont un très bon point. Ce sont souvent des Naytiba Alpha, des versions beaucoup plus puissantes et volumineuses. J’ai vraiment apprécié ces affrontements à la fois satisfaisants et bien équilibrés, avec une super mise en scène. Ils demandent de bien maîtriser toutes les techniques du jeu et mettent vraiment en valeur le gameplay étoffé de Stellar Blade. Même si j’ai trouvé la difficulté globale très correcte, je trouve que le jeu redevient vite « facile » grâce aux items de réanimation (les cœurs). Quand tu meurs, tu as directement le choix de renaître sur place en utilisant un cœur. C’est instinctif, et je l’avoue, je l’ai souvent utilisé pour passer certains boss ou pour éviter de réapparaître à 10km contre les monstres sur la carte. Pratique, même si je trouve que c’est une facilité un peu trop déconcertante. Ça pousse le joueur feignant à cliquer sur « oui » à chaque mort au lieu de reprendre depuis le point de contrôle. Bah du coup, même les boss difficiles finissent par devenir plus faciles parce qu’on peut renaître plusieurs fois et finir le combat sans tout recommencer depuis le début.
Un autre point très positif, ce sont les arbres de compétences. Il y en a quatre au total de mémoire, et ils sont très complets. Ils couvrent différentes facettes du gameplay : combat, survie, capacités spéciales, etc. Il est possible de débloquer l’intégralité des points de compétence en une seule partie, sans avoir à faire plusieurs sessions. C’est un point positif selon votre profil de joueur. En effet, dans beaucoup de jeux, la spécialisation obligatoire peut frustrer et on n’a pas tous le temps de rejouer aux mêmes jeux 2-3 fois pour tester toutes les possibilités. Je pense à CyberPunk 2077 par exemple.
Sur la bande-son, encore un sans-faute pour moi. J’ai beaucoup aimé cette ambiance moderne avec des musiques pop chantées par des voix féminines. Parmi celles qui m’ont marqué : « Silent Street » bien évidemment, mais aussi la musique de « Xion », « Wasteland 2 », « Dawn » ou encore « White Night ». « Colorless » aussi qui passe uniquement dans les camps où se trouvent les distributeurs de cannettes et qu’il est possible de débloquer pour le tourne-disque. Bref, tous ces morceaux collent parfaitement au personnage d’Eve et à l’ambiance générale du jeu. Je sais que mon avis sur cet aspect de Stellar Blade et loin de faire un consensus, j’ai des amis qui n’apprécient pas du tout l’OST qu’ils trouvent à côté, pour ne pas dire hors-sujet, avec l’expérience du jeu.
Pour conclure, cet avis 100% subjectif d’une personne qui a adoré la proposition, Stellar Blade m’aura offert une très belle aventure, avec un personnage iconique aux formes flatteuses, un gameplay nerveux et exigeant, une ambiance sonore qui m’a beaucoup plu, et une histoire que j’ai découverte avec plaisir même si elle ne casse pas non plus trois pattes à un canard. Le final réserve son lot de surprises et remonte un peu l’ensemble donc allez jusqu’au bout. Malgré des décors parfois un peu génériques et un level design qui manque de personnalité, une héroïne parfois trop effacée, l’ensemble reste très réussi et m’a clairement séduit. Merci Shift Up pour la fraîcheur de cette nouvelle licence ! Vous redonnez un peu de vie à nos studios engoncés dans un féminisme épouvantable et moralisateur. On n’en peut plus. La proposition ne plaira pas à tout le monde, c'est évident, mais essayez la pour vous faire votre propre avis. Clairement mon gros coup de cœur de 2026 : un jeu assumé, à l'ambiance unique et qui fait du bien dans le paysage actuel.